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MA PETITE ENTREPRISE – Senteurs d’Angkor : l’épopée des sens

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Le Lonely Planet recommandait  le "Workshop" des "Senteurs d'Angkor" aux visiteurs dans la ville des temples, Siem Reap. Impatient de découvrir cet espace dédié à l'artisanat local, LePetitJournal.com s'est laissé guider par le gérant Stéphane entre couleurs et parfums.

Stéphane l'énergie derrière Senteurs d'Angkor (MLT)

Sens des affaires
"Senteurs d'Angkor", c'est d'abord Stéphane. Contrôleur de gestion en France, il décide il y a bien longtemps de s'accorder un break d'un an en Asie dans une association pour les enfants. Finalement charmé par le pays comme tant d'autres, il doublera son temps de volontariat pour devenir ensuite consultant puis cogérant de l'hôtel "La Noria". C'est en 1999 qu'il finit par monter sa propre affaire, "Senteurs d'Angkor" est né. A l'époque il s'agit d'une petit magasin de fleurs et d'artisanat,  mais c'est déjà une double première, la boutique est sise en dehors du marché, et sa clientèle est essentiellement touristique. Stéphane est  ambitieux et cherche l'inspiration pour développer la marque. La nouvelle ligne du magasin commencera par le poivre ! L'entreprise ne possédera jamais de plantation mais très vite les partenariats avec marchés et coopératives  se multiplient.

Sens de la marche
10 ans plus tard, "Senteurs d'Angkor" disposent de son "Workshop" au sein duquel on se laisse guider en touriste. Dans le jardin, un véritable microcosme végétal a éclos entre les mains habiles du décorateur Jean Pierre Obrio. Ainsi on n'est pas surpris au détour d'une allée de découvrir une rizière. "C'est beau le riz" s'exclament quelques badauds. Stéphane, en bon guide,  explique le choix de la végétation "Certaines plantes sont là  parce que nous les utilisons, d'autres juste parce que c'est sympa". Et de donner l'idée directrice derrière ce workshop très coloré : "Cet espace doit montrer aux gens dans quelles conditions nos produits sont réalisées. Trop de choses sont vendues aux touristes alors qu'elles ne proviennent même pas du Cambodge" Entre les allées ensoleillées, les vendeuses se plaisent à raconter l'histoire de chaque feuille et chaque tige.  On s'égare de stand en stand.  Savon, épices, huiles de massages, bougies? Au workshop, on peut observer le savoir faire des petites mains habiles avec les yeux mais on ne touche pas. "C'est important que les gens puissent regarder sans perturber".

Pour certains produits très prisés des touristes, la joyeuse équipe de "Senteurs d'Angkor"  a du pousser un peu plus loin que le seul savoir-faire cambodgien.  Il n'existait par exemple pas de véritable tradition locale de production de bougie ou de savon, alors il a fallu inventer, tout en essayant à chaque fois de se passer des produits artificiels. Le gérant reste  cependant aussi réaliste qu'honnête face au curieux: "Le bio, c'est bien mais cela a ses limites". Même si  la marque essaye autant qu'elle peut de travailler avec des produits locaux, Stéphane avoue être obligé d'importer. Le français citera en exemple les huiles essentielles onéreuses, les contenants en verre et en plastique sans chanvre?Nous poursuivons notre promenade entre les différents stands, un peu éblouis par le chatoiement des couleurs. Fidèle à l'exaltation promise des sens, "Senteurs d'Angkor" propose également des épices. Si au début, on ne pouvait trouvait que le poivre, la gamme s'est étoffée avec par exemple le curry et l'amok. Le thé fait également parti des produits phares de la marque. Bien sûr, il n'y a pas de thé au Cambodge aussi il a fallu l'importer. Mais les ingrédients qui servent eux à l'aromatisation sont  quant à eux 100% cambodgiens, que ce soit le lotus ou le jasmin. Stéphane raconte le parcours des matières premières "On va acheter des fleurs dans les villages. On les coupe puis on les fait sécher au four en vue de leur incorporation". Le gérant annonce l'ouverture d'un stand de torréfaction pour bientôt. De quoi continuer d'amuser les visiteurs !

Sens moral
Nous nous installons sur la terrasse pour bavarder autour d'un thé glacé. Au hasard d'une question, on comprend que beaucoup nous a échappé de cette entreprise colorée. Presque à contre c?ur, Stéphane nous explique que 30% de son personnel est handicapé : "La cause me touche. On travaille avec handicap international. Je crois qu'on peut faire du business en restant social". Après avoir fait le tour des stands, nous n'avions pourtant rien remarqué.  Le français reste humble et condamne les boutiques qui font de leurs travailleurs handicapés leur fond de commerce : "Je ne le mentionne pas, je trouve ça malhonnête de me servir de ça". Le français rappelle sur son rôle en tant que patron n'est que minime : "Pour moi c'est vraiment facile de les embaucher. Ces personnes bravent les difficultés chaque matin pour aller travailler et être un peu indépendante, pas moi !".

La conversation se poursuit, et le caractère communautaire de l'entreprise se révèle. Stéphane explique que la majorité des artisans viennent des mêmes villages. Nombreux sont originaires de Krebeiril, le seul village qui sait travailler la feuille centrale du bananier de la région. "Avant ils faisaient des paniers maintenant ils font des boites". Pour l'avenir, l'entrepreneur français n'exclut pas de développer la marque du coté de la capitale. De fait cela dépend des suites de la scolarité de son fils, actuellement au collège. Décidemment il n'y a pas que les bénéfices  qui comptent pour Stéphane? Une petite bulle de fraicheur et de douceur au c?ur de notre capitale agitée, nous ne serions pas contre !

Marion Le Texier (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) lundi 22 mars 2010

Le Workshop de Senteurs d'Angkor se trouve sur la route de l'aéroport.

Le site internet de Senteurs d'Angkor

Notre article du 25 août 2009 : MA PETITE ENTREPRISE - Stéphane et Lili cultivent la perle du bonheur

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Publié le 21 mars 2010, mis à jour le 8 février 2018
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