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KAMPOT - Danse et musique traditionnelles à l'orphelinat de Kampot

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

L'école de danse et de musique traditionnelles khmères à Kampot accueille des enfants orphelins ou de la rue. Au sein de l'institution, les jeunes khmers apprennent à jouer les morceaux traditionnels et à danser les ballets divins des apsaras

 

(crédit photo : Eric Kuoch)

Une graine de lotus, pincée entre l'index et le pouce. Plantée, elle s'élève, grandit, et devient une fleur. Beauté éphémère qui retombe. Le cycle peut alors recommencer. Elles sont huit jeunes filles d'une dizaine d'année. Chacune d'entre elles porte un haut blanc et un sarong traditionnel. Elles répètent inlassablement les mêmes gestes sous la surveillance de leur professeur. Tout est exécuté avec minutie. À chaque note de musique répond un geste particulier. Pas de place pour l'improvisation.

L'école de musique et de danse traditionnelle khmère de Kampot accueille les enfants déshérités ou orphelins. L'établissement se situe en plein c?ur de la vieille ville coloniale française. Lorsque les  cours de musique commencent, une mélodie d'un temps passé se diffuse dans les rues vers la fin de l'après-midi. Chaque enfant prend possession d'un instrument. Les percussionnistes se rassemblent dans un grand bâtiment beige, les instruments à cordes pincées ou frappées, eux s'installent dans le bâtiment en face.

Ici, les enfants sont nourris, logés et apprennent à jouer d'un ou de plusieurs instruments. Dans un petit jardin, s'alignent dortoirs et salles communes. Tout est financé par des dons. Les deux plus importants proviennent du Japon et du Canada. Même une partie de la promenade qui se dessine à travers l'établissement est un don.

Répéter encore et encore
Les professeurs sont en majorité des hommes. L'éducation est stricte. Une note ratée, et l'élève doit recommencer le morceau. Encore et encore, jusqu'à ce que les gestes deviennent quasi automatiques. Les enseignants sont des orchestres à eux-seuls. Ils se répartissent un à un dans chaque salle de cours. Ils passent dans les rangs, derrière chaque enfant pour s'assurer du bon enchaînement des notes. Ils connaissent les morceaux par c?ur et semblent être les seuls à savoir lire les partitions.

(crédit photo : Eric Kuoch)
Des tambours, des Roneat Eak (xylophones khmers), des Kong Toch (gongs khmers, installés en cercle), les élèves sont prêts. Les morceaux s'entrelacent, jusqu'à ne plus se dissocier les uns des autres. Seul, l'enseignant arrive encore à distinguer les notes de chaque instrument. Une jeune fille d'une quinzaine d'année arrive. Elle repousse ses longs cheveux noirs, s'installe, les jambes sur le côté et se saisit de deux bâtons. Chaque percussion est sentie, précise, et s'enchaîne naturellement avec la précédente et la suivante.

(crédit photo : Eric Kuoch)

Sur la promenade fleurie de la rue Makara 7, juste en face de l'école, une trentaine de personnes se rassemblent. Il est 17 heures, des femmes Khmères sont venues faire leur gym du soir. D'énormes enceintes reliées à un petit lecteur CD crachent du R'n'B américain. Bientôt, dans le centre-ville de Kampot, la musique qui fait fleurir les lotus ne se fait plus entendre.

Eric Kuoch (www.lepetitjournal.com) Lundi 11 juillet 2011

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Publié le 12 juillet 2011, mis à jour le 8 février 2018
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