

Créée il y a 110 ans, l'Ecole Française d'Extrême Orient (EFEO) représente un moteur du rayonnement de la culture et de l'Histoire khmère
Photos Lucas Lahargoue
En 1900, le gouvernement français décide de fonder l'EFEO afin d'étudier les riches civilisations de la grande Asie du Sud-est. Cette mission a toujours été le fil rouge de cette institution qui a traversé le XXème siècle.
L'établissement dispose de deux centres au Cambodge. Celui de Phnom Penh est composé de trois programmes de recherche. Le Fonds d'Edition des Manuscrits du Cambodge se charge d'inventorier numériquement des manuscrits appartenant aux bibliothèques des pagodes cambodgiennes. Un autre programme a pour but d'étudier toutes les sources de l'Histoire du Royaume, excepté celles d'Angkor. Enfin, l'atelier de conservation et restauration de sculptures appartient au musée national du Royaume. Cet atelier, créé en 1996 est aujourd'hui dirigé par Bertrand Portes. Il se charge de sauvegarder la très riche collection archéologique du musée de Phnom Penh. Le second centre de recherche, lui, se trouve à Siem Reap.
C'est en 1908, après la rétrocession des provinces de Battambang et Siem Reap aux Khmers, que la "Conservation d'Angkor" a été créée. Ses premiers travaux ont été le déblaiement des temples qui, pour la plupart, étaient enfouis sous une intense végétation.
En 1952, elle fut rattachée au ministère cambodgien de la Culture, et le demeurera jusqu'en 1975 à l'arrivée des Khmers Rouges.
Le centre de recherche de l'EFEO à Siem Reap a rouvert ses portes en 1992. Il travaille aujourd'hui en parallèle avec l'autorité APSARA. Ce travail commun est chapeauté par l'UNESCO qui a inscrit le site à son patrimoine mondial de l'humanité la même année.
D'immenses chantiers de reconstruction ont été entrepris depuis. La terrasse des Eléphants et la terrasse du Roi Lépreux ont été reconstituées. Aujourd'hui l'EFEO est encore en charge du plus grand chantier de reconstruction du parc d'Angkor : celui du Baphuon
Le "Baphuon nouveau" comme grande fierté de ces dernières années
L'EFEO s'est intéressée au Baphuon d'Angkor Thom dès le début des années 60. Elle s'est attelée à le rebâtir en 1995. Ce vaste chantier de reconstruction est dirigé par l'architecte Pascal Royère : "Il fallait sauver ce monument. Son style est très singulier. S'il avait disparu, ç'aurait été tout un chaînon important de l'Histoire d'Angkor qui nous aurai manqué" , explique-t-il.
Après plus de 15 ans d'activité, les travaux devraient se terminer au cours du premier semestre 2011. 300 ouvriers khmers oeuvrent tous les jours sur le "temple montagne". "Le Baphuon ne sera pas neuf comme au XIeme siècle mais en tout cas, on aura reconstruit tout ce qu'il était possible de reconstruire" , ajoute Pascal Royère.
La fin de ce chantier gigantesque devrait faire une nouvelle fois la fierté de l'EFEO qui signera là la restauration d'un de ses plus grands édifices.
A travers ces décennies de travail et de recherches, l'EFEO a oeuvré pour la sauvegarde de la culture et de l'Histoire du Cambodge. Ce travail est loin d'être terminée. Nombreux éléments du parc d'Angkor sont encore à sauver. Le Mebon Occidental par exemple, situé au milieu du bassin ouest d'Angkor, attend toujours d'être restauré.
Lucas Lahargoue (www.lepetitjournal.com/cambodge.htlm) mercredi 1er décembre 2010
Voir : Entretien ? Pascal Royère et l'épopée du Baphuon













