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MUSIQUE – Papillon Bandana : itinéraire d’un ancien "Sale Gosse" à la vibe cambodgienne

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 22/01/2013 à 16:23 | Mis à jour le 23/01/2013 à 01:45

Ancien membre du groupe de rap La Clinique puis des Sales Gosses, Papillon Bandana est venu en novembre dernier au Cambodge, pays d'origine de son père. Lors de ce premier séjour, il a tourné l'un de ses clips avec le collectif khmer KlapYaHandz : une rencontre et une collaboration qui pourrait inaugurer une série de nouveaux projets musicaux.

Souvenez-vous, c'était la fin des années 90, Youtube n'existait pas, et les ondes FM  avaient encore le pouvoir d'élire les tubes qui allaient faire nos étés. Le rap français avait plutôt de bonnes entrées dans cette catégorie. « Les Sales Gosses sont dans la place/Tout saigne/Y a du groove dans la basse/ça paie/La Clinique est dans la place?», clamait alors Papillon Bandana aux côtés du Gynéco, le doc qu'on ne présente plus. Après avoir poussé quelques temps le flow avec La Clinique et Les Sales Gosses, Papillon a commencé une carrière solo, et dégainé deux albums : Destination Ailleurs, avec l'Américain Bizzy Bone (du groupe Bone Thugs-N-Harmony), et Choc thermique. A en juger par ces titres, on se demande si le rappeur, cambodgien par son père, ne rêvait pas déjà d'un voyage vers son pays d'origine? qu'il a fini par s'offrir en novembre 2012.

« J'avais hâte de retrouver mes racines », se souvient Papillon à propos de son arrivée au royaume, dont il est immédiatement « tombé amoureux ». Avant même le grand départ, il s'y était déjà « projeté » et avait composé un morceau, « Moment d'évasion » (en featuring avec Topaz et Reena). Le clip sera tourné au Cambodge, avec la complicité de « Cream » Visal Sok, fondateur et producteur du collectif KlapYaHandz, avec lequel Papillon s'est lié d'amitié via Internet après s'être intéressé à son travail. « Le tournage s'est fait tout naturellement et sans pression aucune, au cours de mon séjour suivant les lieux que j'ai pu visiter, et les moments que nous avons partagés », explique le chanteur, qui s'est également produit dans des showcases lors de son passage. De retour en France, il est vite gagné par la nostalgie de la vibe cambodgienne :  « Je compte y retourner au moins deux fois par an. J'ai de nombreux cousins et amis avec lesquels j'ai plein de choses à partager ». Témoignage de son attachement désormais solide au pays et aux personnes rencontrées lors de son séjour, Papillon apparaîtra même, lors du concert-événement « 30 ans de hip hop » donné à Paris en décembre dernier, avec un krama autour au cou et une casquette KlapYaHandz sur la tête.

L'effet Papillon
« Il est fier de ses origines khmères », commente Visal Sok, qui évoque lui aussi une réelle connexion entre son équipe et Papillon Bandana. « Il fait désormais partie de la famille KlapYaHandz. C'est un vrai artiste, sérieux dans ce qu'il fait, et il y aura une place pour lui ici, pour bosser sur le label ». Pour Visal, qui encourage les jeunes de la diaspora cambodgienne à venir découvrir leur pays d'origine, Papillon donne l'exemple d'un retour aux sources réussi. « Je souhaite promouvoir les échanges, entre les artistes de France, ceux des États-Unis, d'ici ou encore d'Australie ». Le clip du morceau « Moment d'évasion », 100% made in Cambodge, pourrait-il en décider quelques-uns à franchir le pas ? Car si les rappeurs français d'origine khmère sont de plus en plus nombreux (selon Papillon, « il n'y a qu'à taper sur Youtube et Dailymotion pour s'en rendre compte »), Visal remarque que beaucoup d'entre eux revendiquent leurs origines sans vraiment s'y intéresser. Cela peut notamment être le cas de ceux qui tirent de leur appartenance à la communauté cambodgienne, marquée au fer rouge par son histoire douloureuse, la preuve d'un ancrage dans « le ghetto »? histoire sans doute de se ranger aux normes du gangsta rap. Pas exactement le profil qui intéresse le plus Visal.

Né au Cambodge et revenu y vivre depuis 1993, après une vingtaine d'années en France, ce dernier se met volontiers en relation avec des personnes partageant avec lui des centres d'intérêt commun (musique, images, vidéo?), et qui sont tentées par une immersion dans leur pays d'origine ? et plus si affinités. « J'aime faire découvrir mon Cambodge, partager ce que je connais d'ici. » Dans le cas de Papillon, cette première visite a fait son effet. L'ex-Sale Gosse du rap français envisage sérieusement de se mettre au khmer ? son « prochain défi » ? et  affirme qu'il y aura bientôt d'autres projets au Cambodge. « Mon corps est à Paris/mais mon âme est ici », lance-t-il dans l'une des scènes de son clip, quelque part entre Kep et Kampot.

La playlist hip hop de Papillon Bandana :
Big K.R.I.T
Jay Rock
Kendrick Lamar
Evidence
Roc Marciano

Céline Ngi (http://www.lepetitjournal.com/cambodge) Mercredi 23 janvier 2013

 

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