Édition internationale

CINEMA – Bangkok Jam, "un grand clip" sur des passionnés de musique avec Didier Wampas

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Bangkok Jam est un film à micro-budget dont le thème principal est la passion pour la musique. Réalisé par deux musiciens, Lim Channalen et Jean-Philippe Ury, le film pourrait être qualifié de "grand clip" où bandes sons, répétitions en studio et compositions originales de Bob Passion, Didier Wampas et KhlaKhmum s'entremêlent. Diffusé en avant-première au Cambodge la semaine dernière, le film a été envoyé à une cinquantaine de festivals et devrait être commercialisé l'année prochaine en juin 2013.

Didier Wampas et Klaus lors d'une répétition dans un studio à Bangkok (K.M. LO © Khlakhmum, 2012)

"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion" a dit Saint-Augustin. Reprise au début du film, cette citation annonce la couleur du long métrage : un film sur la passion pour la musique, écrit, réalisé et joué par des passionnés. Bangkok Jam raconte ainsi l'histoire de Chenda, une jeune Cambodgienne professeur de français le jour et musicienne la nuit. Tiraillée entre son travail et sa véritable passion, elle perd son travail et est chassée par sa famille. Elle va donc s'embarquer dans une folle aventure avec son ami Niko (Bob Passion), en route pour Bangkok où elle va rencontrer Didier Wampas, venu chercher l'inspiration en Asie, sa petite guitare toujours sur le dos. "Chenda devait également avoir un instrument auquel se raccrocher c'est pour cela qu'elle porte un ukulélé", instrument très en vogue chez les Japonais, bien implanté chez les Thaïlandais et qui fait tout juste son apparition chez les Cambodgiens. "Nous n'avons pas la prétention d'avoir fait un grand film. [...] Nous ne voulions pas non plus faire un film sur le misérabilisme", annonce Jean-Philippe Ury, à la fois acteur, réalisateur et producteur du film.

Un film entre copains, entre personnes qui aiment et vivent la musique

"On joue un peu près tous notre propre rôle, c'est un film de copains, on s'est entouré de personnes qu'on aime", explique Jean-Philippe Ury. Dans le rôle de Klaus, il revit ses années où le métal le faisait rêver et lui permettait d'externaliser, de satisfaire son besoin d'hurler. La jeune cambodgienne Lim Channalen à la fois actrice dans le rôle de Chenda et réalisatrice a été la toute première bassiste femme du Royaume en jouant avec le groupe grunge Thom Thom. Tous les deux décident d'inviter une de leur idole de la chanson française Didier Wampas, connu pour sa musique punk-yéyé au sein du groupe homonyme Les Wampas et qui a fait son apparition à Cannes dans le film Le Grand Soir qui a obtenu un prix spécial du Jury. "Ça n'a été que du bonheur de travailler avec lui. Malgré son actualité bien remplie, il a toujours continué à travailler en tant qu'électricien haute-tension à la RATP car il refuse de profiter du statut d'intermittent du spectacle. Il a gardé une certaine fraicheur, simplicité", admire Jean-Philippe. Didier Wampas a accepté de jouer dans le film sans contrepartie alors que certains chanteurs qui ont été contactés également demandaient des "conditions matérielles insupportables et très couteuses", souhaite souligner le réalisateur.

Niko (Bob passion) et Chenda (Lim Channalen) en train de jouer de la musique (K.M. LO © Khlakhmum, 2012)

Le premier film d'une trilogie

Si Bangkok Jam est le premier long métrage réalisé par l'association KhlaKhmum sous l'initiative de Lim Channalen, ce n'est que le début d'une trilogie. Un film du même registre dont le titre sera Phnom Penh Jam est également prévu avec des acteurs uniquement cambodgiens. Pour clôturer la trilogie, l'équipe a écrit depuis 2006 le scénario du film plus engagé Le temps des cigales afin de dénoncer les dangers de la ville en Thaïlande. C'est l'histoire d'une jeune fille à la voix magnifique qui tente de quitter sa campagne pour faire carrière dans la capitale. Arrivée à Bangkok, elle va tomber entre de mauvaises mains et son rêve qui devait devenir réalité tourne au cauchemar.

L'Asie du Sud-est est ainsi une source d'inspiration pour les acteurs comme pour les personnages. Pour Jean-Philippe Ury, ce sont surtout les sonorités asiatiques qui ont nourri sa musique. Même si le Cambodge connaît une carence au niveau du métal, quelques groupes commencent à faire leur apparition avec des chansons sur le thème récurrent des histoires d'amour.

Anaïs Chatellier (ww.lepetitjournal.com/cambodge.html) Mardi 19 juin 2012

SyzMrqo__400x400
Publié le 19 juin 2012, mis à jour le 8 février 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos