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« Je devais rester cinq mois… » : le destin argentin de Maei Lara Vives

« Je devais rester cinq mois… » En 2011, Maei quitte Toulouse pour un simple échange universitaire. L’Argentine n’est même pas son premier choix. Quinze ans plus tard, elle y vit toujours. Pour lepetitjournal.com Buenos Aires, elle accepte de revenir sur ce voyage provisoire, qui a finalement changé sa vie.

Maei Lara VivesMaei Lara Vives

« L’Argentine n’était même pas mon premier choix »

« Je suis arrivée en Argentine en 2011 pour un échange universitaire. Je suis originaire de Toulouse et j’étudiais à l’université Toulouse-I Capitole. Nous pouvions partir en troisième année ou en master grâce à des conventions internationales, un peu comme Erasmus, mais hors d’Europe.

Comme j’habitais dans le sud de la France, je parlais déjà un peu espagnol. Je trouvais dommage de partir en Espagne alors que je pouvais y aller facilement. J’avais donc choisi plusieurs destinations en Amérique latine : le Pérou, le Mexique et l’Argentine.

Je crois même que l’Argentine n’était pas mon premier choix. Et finalement, c’est probablement la meilleure chose qui pouvait m’arriver. »

Un choc culturel inattendu

À son arrivée, Buenos Aires marque la jeune étudiante par ses nombreuses contradictions.

« En 2011, il n’y avait pas les réseaux sociaux comme aujourd’hui. On ne voyait pas des centaines de vidéos avant de partir, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je n’avais jamais vécu dans une capitale et je n’avais pas énormément voyagé.

Échange universitaire Maei

Je me souviens d’avoir découvert une ville très contrastée. D’un côté, ces immenses avenues, les théâtres, les enseignes lumineuses, les taxis noirs et jaunes… J’avais presque l’impression d’être dans une version latino-américaine de New York.

Et juste à côté, je voyais des vieux camions, des voitures qui n’auraient probablement jamais passé le contrôle technique en France. Cette cohabitation entre une ville très moderne et des scènes beaucoup plus anciennes m’a énormément marquée. »

« Je ne pouvais plus rentrer »

Le voyage ne devait durer que cinq mois. Très rapidement, Maei comprend qu’elle ne repartira probablement pas à la date prévue. 

« Au départ, dans ma tête, c’était simple : je faisais cinq mois d’échange et je rentrais à Noël.

Mais au bout de quelques mois, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus rentrer. J’adorais tout. Je sortais beaucoup, je me suis fait des amis, tout me semblait facile. Je me sentais vraiment à ma place ici.

J’avais déjà mon billet retour, mais je suis allée voir le bureau des relations internationales de l’université pour demander si je pouvais prolonger mon échange jusqu’à un an. On m’a répondu que c’était possible. Alors je suis restée. »

Une décision qui allait tout changer

« En réalité, ça a toujours été comme ça ensuite. À chaque étape, je me disais : “Je ne peux pas partir maintenant.”

Je cherchais toujours une nouvelle manière de rester, une nouvelle expérience, un nouveau projet… mais toujours avec l’idée de revenir à Buenos Aires. »

« Je n’avais pas de réseau, alors j’ai construit mon expérience. »

Après avoir prolongé le terme de son échange, Maei comprend que rester en Amérique latine ne suffira pas. Pour espérer intégrer un jour le réseau diplomatique français, elle doit désormais bâtir un parcours à part.

« J’avais toujours été attirée par la diplomatie, les relations internationales et la géopolitique. Mais je savais aussi que je ne venais pas de Sciences Po. Je n’avais pas de réseau, peu de contacts et je savais que la concurrence était très forte. »

Plutôt que d’attendre une opportunité, elle décide alors de multiplier les expériences professionnelles.

« Je me suis dit que j’allais faire des stages en parallèle de mes études, même non rémunérés. L’objectif, c’était d’acquérir de l’expérience pour que les recruteurs se disent : “Pourquoi ne pas lui donner sa chance ?” »

Une stratégie construite étape par étape

Son premier stage à Buenos Aires se déroule dans une association spécialisée dans l’éco-construction.

Puis vient un nouvel échange universitaire, cette fois au Chili, à l’université de Valparaíso.

« Je ne voulais toujours pas rentrer en France. Alors j’ai demandé à repartir pour mon master. »

Mais cela ne lui suffit toujours pas.

« Je me suis dit : deux échanges universitaires et quelques stages, ce n’est pas assez. Je vais créer ma propre année de césure. »

Elle se réinscrit alors à l’université de Toulouse afin d’obtenir une convention de stage supplémentaire.

Cette décision l’amène au Chili, au Musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme.

« Le musée venait d’ouvrir. C’était passionnant, dans un contexte politique très particulier. »

« Je postulais sans jamais avoir de réponse »

Après Santiago, direction Rosario, où elle rejoint l’Alliance française.

Mais son objectif reste inchangé : intégrer une ambassade française.

« À l’époque, il existait une plateforme centralisée pour les stages en ambassade. J’envoyais des candidatures en permanence. Je n’avais jamais de réponse… mais je continuais à postuler. »

La persévérance finit par payer.

Elle décroche finalement un premier poste à l’ambassade de France en Uruguay.

« J’ai intégré le service de coopération et d’action culturelle. C’était une expérience formidable. »

Un concours de circonstances… mais surtout des années de préparation

Après avoir terminé son master en France, une nouvelle opportunité se présente.

« La personne qui occupait le poste à l’ambassade de France en Uruguay a démissionné. Le poste s’est libéré et j’ai finalement obtenu un contrat de deux ans. »

Elle y travaille notamment sur la coopération universitaire et scientifique ainsi que sur Campus France.

Mais une idée ne la quitte toujours pas.

« J’avais toujours cette attirance pour Buenos Aires. Mon objectif était toujours de revenir. »

Retour en Argentine

Son retour se concrétise lorsqu’elle est recrutée comme assistante de français à l’université de La Plata.

« J’habitais à Buenos Aires et je faisais les allers-retours jusqu’à La Plata. C’était passionnant de former les futurs professeurs et traducteurs de français. »

Son retour en Argentine ne sera pas seulement professionnel. Arrivée dans le pays en 2011 pour un échange universitaire, Maei y rencontre également Eduardo, qui deviendra quelques années plus tard son mari. Une nouvelle preuve que ce séjour de cinq mois allait finalement transformer toute sa vie.

Quelques années plus tard, une nouvelle porte s’ouvre.

Cette fois, c’est à l’Ambassade de France en Argentine.

« J’ai intégré l’Institut français d’Argentine, où je suis finalement restée huit ans. »

Brigitte Macron

« J’aimais les projets qui partaient de zéro »

Au sein de l’Institut français d’Argentine, Maei travaille principalement sur la communication, les partenariats privés et les projets de coopération culturelle.

Son rôle consiste notamment à créer des liens entre les entreprises, les institutions françaises et les acteurs culturels argentins afin de faire émerger de nouveaux projets.

« J’étais en charge de la relation avec les entreprises pour tout ce qui était mécénat. L’idée était de trouver des partenaires prêts à soutenir des projets culturels, scientifiques, universitaires ou audiovisuels. »

Mais ce sont surtout les projets transversaux qui la passionnent.

« J’aimais particulièrement les projets qu’il fallait construire entièrement, de A à Z. »

Un projet photographique au cœur de la Villa 31

Parmi les réalisations qui l’ont le plus marquée figure un vaste programme de photographie imaginé avec le photographe humaniste Reza Deghati, connu notamment pour ses reportages publiés dans National Geographic.

Pendant plusieurs mois, une trentaine de jeunes de la Villa 31 — aujourd’hui Barrio Mugica — suivent une formation dispensée par des photographes locaux.

« L’idée, c’était de monter tout le projet : recruter les photographes, sélectionner les jeunes, trouver les financements, organiser les ateliers… »

Maei Lara Vives Villa 31

Le financement est assuré par une entreprise partenaire, mobilisée grâce au travail de mécénat de l’Institut français.

Changer le regard porté sur un quartier

Au-delà de l’apprentissage de la photographie, le projet poursuit un objectif plus profond.

« Quand on tape “Villa 31” sur Google, on tombe surtout sur des faits divers. L’idée était que les jeunes puissent montrer leur propre réalité, leur quotidien, leur regard sur leur quartier. »

Pendant plus de deux ans, les participants réalisent leurs propres reportages photographiques.

Le projet aboutit à plusieurs expositions, notamment au sein même de la Villa, sur les grilles de l’ambassade de France à Buenos Aires, mais aussi jusqu’à Washington, où la Banque mondiale reprend l’exposition.

Un livre bilingue est également publié.

« C’était un gros travail, presque trois ans au total. Mais j’ai énormément appris et je suis très heureuse de l’avoir mené jusqu’au bout. »

Faire dialoguer deux réalités

Le projet ne s’arrête pas là.

Des échanges sont organisés entre les jeunes photographes de la Villa 31 et les élèves du lycée français Jean-Mermoz.

Chaque lycéen choisit une photographie réalisée par un participant puis écrit un texte inspiré de cette image.

Ces récits sont réunis dans un ouvrage bilingue.

« L’idée était de créer une rencontre entre deux réalités qui se croisent rarement. »

« On imagine beaucoup d’administratif… la réalité est bien différente »

Pour Maei, travailler au sein de l’Institut français est loin de l’image parfois associée à l’administration.

« On imagine quelqu’un derrière son bureau qui part à 17 heures. En réalité, ce n’est pas du tout ça. »

Les événements culturels ayant souvent lieu en soirée, les journées se prolongent régulièrement tard dans la nuit.

« On pouvait très bien finir un événement à minuit et reprendre le lendemain matin à neuf heures. »

Entre l’organisation d’expositions, les partenariats avec les musées, les échanges universitaires, les signatures d’accords ou encore les réunions avec les autorités locales, les journées sont particulièrement rythmées.

« Avant qu’un accord scientifique soit signé par un ministre, il y a énormément de travail invisible : des réunions, des négociations, des validations et beaucoup de relations humaines. »

« Le football ne résume pas les relations franco-argentines »

Lorsque nous orientons la conversation vers la nature des rapports entre la France et l’Argentine, Maei tient d’abord à déconstruire une idée reçue. Depuis quelques années, les tensions footballistiques très médiatisées peuvent parfois donner l’impression que les relations entre les deux pays se sont dégradées. Pour elle, ce constat est bien trompeur.

« Cette petite animosité est surtout liée au football. C’est très récent et finalement assez anecdotique. »

Au contraire, elle décrit une relation ancienne, solide et profondément ancrée dans l’histoire.

« Honnêtement, c’est une belle relation. »

Tout au long de ses missions, elle dit avoir toujours été très bien accueillie lorsqu’elle se présentait comme Française ou représentante de l’ambassade. Elle rappelle également que de nombreux Argentins gardent en mémoire l’accueil réservé par la France aux réfugiés ayant fui la dictature militaire.

Maei Lara Vives

« Les gens se souviennent que la France a accueilli beaucoup de réfugiés argentins pendant la dictature. »

Selon elle, cette mémoire commune continue aujourd’hui d’alimenter une véritable relation d’amitié entre les deux pays.

Une coopération qui dépasse les alternances politiques

Au fil de son expérience, Maei découvre également une réalité souvent méconnue : la coopération franco-argentine ne dépend pas uniquement des gouvernements en place.

Si les priorités politiques peuvent évoluer, les grands programmes bilatéraux, eux, poursuivent leur chemin.

« Peu importe qui est au pouvoir, les liens historiques sont tellement forts que la plupart des programmes bilatéraux continuent. »

Qu’il s’agisse de coopération scientifique, universitaire, éducative ou culturelle, les projets se construisent sur le long terme grâce aux réseaux de partenaires et aux relations entretenues des deux côtés de l’Atlantique.

La culture, une porte d’entrée plus qu’un moteur unique

La culture occupe évidemment une place importante dans son travail. Mais Maei nuance immédiatement l’idée selon laquelle elle serait le principal moteur des relations franco-argentines.

« C’est peut-être le secteur le plus visible pour le public… mais je ne suis pas sûre que ce soit le plus important. »

À ses yeux, l’éducation, la recherche scientifique, la santé ou encore les coopérations institutionnelles jouent un rôle tout aussi essentiel.

En revanche, elle constate une évolution majeure dans la manière dont la diplomatie culturelle française est pensée.

Autrefois, il s’agissait principalement d’exporter des artistes ou des spectacles français.

Aujourd’hui, la logique est tout autre.

« Il y a beaucoup plus de co-création. Les échanges vont dans les deux sens. »

Les projets naissent désormais de collaborations entre institutions françaises et partenaires argentins. Une exposition, un spectacle ou une résidence artistique se construisent ensemble, en tenant compte des réalités locales plutôt qu’en imposant un modèle venu de France.

« On n’impose plus notre vision de manière unilatérale. Aujourd’hui, il y a beaucoup de co-création. »

Pour Maei, cette évolution traduit une diplomatie culturelle plus moderne, fondée sur l’échange plutôt que sur la transmission à sens unique.

Une diplomatie qui se construit avant tout sur l’humain

Au fil de l’entretien, une idée revient constamment : derrière chaque projet culturel, scientifique ou universitaire se cache avant tout un immense travail de relations humaines.

Négocier avec des partenaires locaux, convaincre des institutions, réunir des financements, créer des passerelles entre administrations… Une grande partie du métier se joue loin des projecteurs.

« Il faut beaucoup de portes à franchir et de bonnes relations à tous les niveaux. »

Une réalité qui tranche avec l’image parfois très administrative que l’on peut se faire du travail au sein d’une ambassade.

Au contraire, explique-t-elle, les journées s’enchaînent entre réunions, organisation d’événements, partenariats, déplacements et échanges avec les acteurs culturels, universitaires ou scientifiques.

« On commence à 9 heures, mais il arrive aussi que la veille on ait terminé à minuit après un événement », sourit-elle.

« Les Français arrivent beaucoup plus préparés »

Quinze ans après son arrivée, Maei constate une évolution nette du profil des Français qui s’installent à Buenos Aires. Selon elle, les nouveaux arrivants ne découvrent plus vraiment la ville en improvisant : ils arrivent avec une idée déjà bien définie de ce qu’ils recherchent.

« Aujourd’hui, les Français arrivent déjà avec une idée en tête », observe-t-elle.

Internet a profondément changé la manière de préparer un départ. Les étudiants ciblent souvent Palermo avant même d’avoir posé un pied en Argentine, convaincus d’y trouver le quartier le plus sûr, le mieux desservi et le plus vivant.

« Je ne me souviens pas si, il y a quinze ans, c’était vraiment comme ça. À l’époque, on arrivait davantage pour découvrir sur place. Aujourd’hui, les gens sont beaucoup plus préparés, ou en tout cas ils ont accès à énormément d’informations. »

Cette abondance d’informations n’est pourtant pas toujours un avantage. Beaucoup de contenus consultés avant le départ sont déjà dépassés, notamment lorsqu’il est question du coût de la vie.

« Les gens arrivent avec des prix en tête qui ne sont plus du tout les bons. Quand ils voient qu’on pouvait trouver un appartement à 200 000 pesos, ils ne regardent pas toujours que l’article date de plusieurs années. »

Malgré ces idées parfois erronées, Maei estime que les nouveaux arrivants s’intègrent aujourd’hui plus facilement. Ils connaissent déjà les quartiers, les transports ou encore certaines habitudes locales.

En revanche, elle observe une baisse du nombre de Français qui choisissent l’Argentine.

« L’Argentine est devenue chère. Beaucoup préfèrent aujourd’hui le Brésil ou d’autres pays voisins où le coût de la vie est plus accessible. »

Selon elle, Buenos Aires attire désormais davantage des personnes disposant déjà d’un revenu stable ou ayant construit un projet de vie sur place.

« Ceux qui restent, ce sont souvent des personnes qui ont un compagnon ou une compagne argentine, qui ont fondé une famille ici ou qui ont vraiment réussi à s’intégrer. »

« Lever les yeux pour découvrir Buenos Aires »

Après quinze années passées dans la capitale argentine, Maei a développé une manière bien à elle de découvrir la ville. Le premier conseil qu’elle donne à ceux qui s’y installent est presque philosophique.

« Lever les yeux. »

Pour elle, Buenos Aires ne se résume pas à ses commerces ou à ses avenues animées. La ville se découvre aussi en regardant vers le ciel.

« On a tendance à regarder les vitrines ou les rez-de-chaussée des immeubles, alors qu’il y a énormément de choses à voir au-dessus de nos têtes. Il y a toujours un ciel bleu magnifique à Buenos Aires et des bâtiments incroyables, avec des coupoles et des détails architecturaux impressionnants. Si on regarde seulement devant soi, on passe à côté de tout ça. »

Cette attention portée aux détails résume assez bien sa façon de vivre la ville : prendre le temps d’observer.

Une douceur de vivre qui ne l’a jamais quittée

Si Buenos Aires continue de la séduire après toutes ces années, ce n’est pas uniquement pour son architecture.

« Ce qui me plaît ici, c’est la douceur de vivre malgré le fait qu’on soit dans une capitale où tout va très vite. »

Elle évoque aussi la chaleur des Argentins, une qualité qui, selon elle, rend l’installation plus naturelle.

« Les gens sont chaleureux, bienveillants. On est loin de chez soi, mais on ne se sent jamais complètement dépaysé. C’est différent, mais on s’y sent bien. »

Les quartiers qu’elle recommande pour découvrir Buenos Aires

Lorsqu’on lui demande où emmener quelqu’un qui découvre Buenos Aires pour la première fois, plusieurs quartiers lui viennent immédiatement à l’esprit.

Palermo reste un incontournable pour flâner, tout comme Colegiales, dont elle apprécie particulièrement les rues plus calmes. Elle recommande également le centre historique, autour de Monserrat et de San Telmo, pour comprendre l’histoire de la ville.

Mais au-delà des quartiers, elle aime surtout faire découvrir des lieux plus confidentiels.

« J’aime beaucoup emmener les gens sur quelques rooftops de Buenos Aires. Il y en a de plus en plus et certains offrent des vues magnifiques sur la ville. »

Elle apprécie également les bars cachés, ces speakeasies qui se dissimulent derrière des façades anonymes.

« On a toujours cet effet de surprise quand on pousse une porte et qu’on découvre un lieu totalement inattendu. »

Parmi ses autres habitudes, une promenade à Puerto Madero reste un classique, même si elle reconnaît que les restaurants du quartier sont devenus relativement onéreux.

Des contrastes qui ne laissent jamais indifférent

Parmi les aspects de la culture argentine qui l’ont le plus marquée, Maei évoque spontanément les contrastes.

« Ici, il n’y a souvent pas de demi-mesure. Tout est très noir ou très blanc. On le voit en politique, où la société est très divisée, mais aussi dans la manière de vivre les émotions. »

Cette intensité, qui peut parfois surprendre, est aussi ce qu’elle apprécie.

« Tout est vécu à fond. C’est soit merveilleux, soit dramatique. Il y a une forme de théâtralité que j’aime beaucoup et qui, je pense, vient en partie de l’héritage italien. »

Quitter l’ambassade pour construire sa propre voie

Après plusieurs années passées à l’ambassade de France, Maei a choisi de tourner une page importante de sa vie professionnelle. Une décision mûrement réfléchie, davantage guidée par une envie de construire que par une volonté de quitter son ancien poste.

Brigitte Macron

« J’aimais beaucoup mon travail à l’ambassade, mais j’avais envie de créer quelque chose qui m’appartienne. Je voulais être indépendante, ne plus être salariée et pouvoir développer mes propres projets. »

Depuis plusieurs années déjà, elle construisait en parallèle une activité dans l’immobilier.

« J’aime les défis. Petit à petit, cette activité a pris de l’ampleur jusqu’à me permettre d’en vivre. Aujourd’hui, je peux organiser mon temps comme je le souhaite et être beaucoup plus présente sur le terrain. »

Cette liberté lui apporte une autre manière de travailler.

« On rencontre énormément de personnes différentes. Il faut savoir s’adapter à chaque situation. Je pense qu’il faut être un peu caméléon, et c’est quelque chose que j’aime beaucoup. »

Même si elle a quitté l’ambassade, elle estime que cette expérience continue de nourrir son quotidien.

« Elle m’a appris énormément, notamment dans les relations humaines. J’y ai rencontré des personnes formidables et je retrouve encore aujourd’hui beaucoup de partenaires ou de membres de la communauté française. »

 

 

 

 

 

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