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Adoption de la loi Bases : premier triomphe législatif pour Javier Milei

Après 11 heures de discussions au Sénat et un projet de loi ayant recueilli 36 voix pour, et 36 voix contre, la voix de la présidente du Sénat a été décisive : “Pour les Argentins qui souffrent, qui attendent, qui ne veulent pas voir leurs enfants quitter le pays (...), mon vote est affirmatif”. Considéré comme un tournant pour la politique de Javier Milei, la loi Bases allie libéralisation de l’économie argentine et réduction drastique des dépenses de l’État. Face à ces mesures, les manifestants se sont multipliés devant le Sénat, et ont fait face à une forte répression.

Adoption loi basesAdoption loi bases
Écrit par Daphnée Quentin
Publié le 14 juin 2024, mis à jour le 14 juin 2024

Quels sont les points clés de la Loi Bases ?

L’un des points clés de cette loi est la “déclaration de l’état d’urgence en matière administrative, économique, financière et énergétique”. Pendant un an, Javier Milei pourra ainsi bénéficier de pouvoirs exceptionnels et légiférer par le biais de décrets, sans passer par le Congrès, sous réserve de respecter quelques engagements de non-dissolution et de financement. 

Autre grand projet de cette loi, longtemps revendiqué par Javier Milei : la privatisation du secteur public. Energía Argentina et Intercargo seront entièrement privatisés et les 38 autres entreprises proposées resteront publiques, mais devront parfois s’ouvrir à l’incorporation de capitaux privés. 

Le régime du travail est également touché par cette loi : les sanctions prévues contre le travail informel sont abolies mais des avantages sont offerts aux employeurs qui régularisent leurs travailleurs. En parallèle, une réduction du personnel technique et des effectifs de certaines agences a été votée, ainsi qu’un allongement de la période d’essai. 

Enfin, afin d’encourager les investissements étrangers, la loi Bases prévoit des avantages fiscaux, douaniers et de change pendant 30 ans pour tout projet dépassant 200 millions de dollars sur leur territoire. Très controversée, cette proposition est critiquée par les PME argentines qui craignent que cela ne profite qu’aux multinationales. L’ancienne présidente Cristina Fernández Kirchner a comparé cette exploitation des ressources naturelles par les entreprises étrangères à une forme de “colonialisme, version 21e siècle”. 

 

Manifestations et violences : la vague de colère des Argentins

Lors de l’adoption de cette loi, des manifestants de tout horizon se sont réunis face au Congrès. Dans le secteur public, de nombreux professeurs présents assuraient “lutter, pour nos collègues licenciés et pour nous”. Dans le secteur privé, les nouveaux avantages fiscaux effraient : “ils sont en train de tout libéraliser pour que les grandes entreprises affament le peuple et fassent seulement des profits”. 

Lors du vote de la loi, aux alentours de 23h, de violents affrontements ont éclaté : voitures incendiées, usage de gaz lacrymogènes… Ce sont finalement 27 personnes qui ont été arrêtées et une dizaine qui ont été blessées. Le président Javier Milei s’est exprimé et a comparé les manifestants à des “groupes terroristes qui, à l'aide de bâtons, de pierres et même de grenades, ont tenté de perpétrer un coup d'État”.

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