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SOCIETE - Les rassemblements #REZIST à Paris aussi avec Emanuel Stoica

Par Franco-Roumanie | Publié le 12/12/2017 à 00:00 | Mis à jour le 27/12/2017 à 13:30
Photo : crédit Mathieu Papion
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Notre correspondant à Paris, Mathieu Papion, a rencontré Emanuel Stoica, qui participe régulièrement aux rassemblements de la diaspora roumaine à Paris soutenant le mouvement #REZIST contre les réformes de la justice. Ces rassemblements ont connu leur pic en février dernier, avec plus d'un millier de personnes réunies devant le Trocadéro, parvis des droits de l'Homme. Emanuel Stoica est docteur en mathématiques diplômé du MIT et travaille comme chercheur à l'HEC Paris. L'année dernière, il a décidé de s'engager en politique : il est actuellement responsable de la filiale Diaspora de l'USR, l'Union Sauvez la Roumanie. Son engagement partisan n'a rien à voir avec les rassemblements #REZIST qui sont totalement apolitiques.

 

manifestations Paris

 

 


LePetitJournal.com de Bucarest : Quand ont commencé ces rassemblements à Paris ?

 

Emanuel Stoica : Ces rassemblements à Paris ont commencé en janvier dernier avec les premières ordonnances sur la justice. Dès le premier jour où ces informations ont été rendues publiques, on a organisé un petit flashmob devant l'Ambassade et une centaine de personnes ont répondu à l'appel. Ensuite, on a commencé à organiser des manifestations sur le parvis du Trocadéro tous les dimanches, pour suivre les grands rassemblements de Piata Victoriei à Bucarest. Au plus fort de la mobilisation, début février, on a réuni environ 1400 personnes au Trocadéro.

 

 

Qui organise ces événements ? Sont-ils politisés ?

 

Ces rassemblements sont organisés par des personnes différentes à chaque fois : je m'en suis occupé à plusieurs reprises, mais on est toujours plusieurs organisateurs. Il faut demander une autorisation à la préfecture, créer l'événement Facebook et ramener du monde. Après, on s'organise : il y en a qui ramènent les enceintes, le matériel, les pancartes... Ces événements se veulent apolitiques, à l'image du mouvement #REZIST en Roumanie. Certains d'entre nous sont des sympathisants de tel ou tel parti mais ça n'a strictement rien à voir avec ces rassemblements : on est là pour protester contre les réformes de la justice.

 

 

Pensez-vous que la diaspora à Paris se sent concernée par les problèmes politiques du pays ?

 

Aux moments cruciaux, les gens sont sortis dans la rue. Le déclic a été l'élection présidentielle de 2014, quand de nombreux Roumains ont fait des queues interminables aux bureaux de vote parisiens, et beaucoup n'ont même pas pu voté. L'année suivant, l'incendie au club Colectiv à Bucarest a réveillé la société civile en Roumanie. Depuis, une partie de la diaspora est prête à se mobiliser elle aussi.

 

 

Vous êtes aujourd'hui engagé au sein du parti USR pour la diaspora, comment cela a-t-il commencé ?

 

Ca a commencé après les élections municipales de Bucarest l'année dernière, largement remportées par le PSD. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose pour aider d'autres formations. Au début, j'ai donné ma signature à l'USR pour qu'ils puissent se présenter dans les sections de la diaspora. Puis, comme ils n'avaient pas grand monde, je les ai aidés pour les signatures et j'ai fini par intégrer le parti. D'ailleurs, beaucoup de ceux qui ont intégré l'USR se disaient apolitiques. Ils ont voulu me mettre sur la liste USR Diaspora pour les législatives de l'année dernière, et j'ai accepté : j'étais candidat pour le Sénat. Je faisais ça pour aider le parti : je n'étais pas prêt à retourner vivre à Bucarest pour être sénateur.

 

 

Cette liste USR Diaspora a fait un bon score aux législatives, comment expliquez-vous cela ?

 

L'USR a obtenu 50% des voix en France... soit autant que le PSD en Roumanie (rires). Le parti est arrivé en tête dans de nombreux pays. Les listes que l'on a présentées étaient faites de gens bien choisis, souvent très diplômés et issus de la société civile, à l'opposé du carriérisme politique roumain. Ensuite Nicusor Dan est quelqu'un d'intègre, qui a bonne réputation et qui est souvent connu au sein de la diaspora. J'en avais par exemple entendu parler depuis longtemps, étant moi-même mathématicien. Et puis il y a la personnalité originale de Clotilde Armand qui a été pas mal médiatisée, ça nous a aidés aussi.

 

 

Les mobilisations de la société civile de cette année sont inédites quand on regarde l'histoire de la Roumanie. Pensez-vous que le pays vit un moment historique ?

 

Il y a plus de gens qui sont sortis dans la rue cette année que lors de la Révolution de '89. Un million de manifestants à travers le pays, c'est énorme. C'est un véritable tournant pour la Roumanie : on se rend compte que le pays a un potentiel civique beaucoup plus important que ce que l'on pensait. Ce qui est impressionnant aussi, c'est que les gens se sont mobilisés pour quelque chose de relativement abstrait : des réformes de la justice qui menacent l'Etat de droit. La classe politique est clairement en retard sur la société civile. C'est une guerre de génération dans la façon de penser : ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de savoir que l'on peut faire bouger les choses et que l'on n'a pas à baisser les bras.

 

 

 Propos recueillis par Mathieu Papion

manifestations rezist au trocadero

 

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