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4 destins, 4 femmes roumaines d'exception qui nous inspirent

Par Grégory Rateau | Publié le 08/03/2019 à 00:00 | Mis à jour le 11/03/2019 à 13:57
Photo : Wikipedia
4 femmes roumaines inspirantes

Pour la Journée internationale des femmes, nous avons décidé de vous raconter l'histoire de 4 femmes roumaines d'exception qui ont marqué les esprits et dont la vie et les actions peuvent devenir une grande source d'inspiration pour les femmes mais aussi pour les hommes du monde entier.

 

 

Florica Sas
 

Née en 1841, à Aiud, en Transylvanie (à l'époque faisant partie de l'Empire d'Autriche), rien ne prédestinait cette femme à devenir l’une des premières femmes à avoir exploré le monde, et pourtant le destin en a décidé autrement. Orpheline à l'âge de sept ans, elle fut enlevée et grandit dans un harem de l'Empire Ottoman pour être ensuite vendue comme esclave. C'est là que Samuel Baker, explorateur anglais veuf, la remarque et décide de l'acheter, séduit par sa beauté et sa jeunesse. Ce sera le début d'une grande histoire d'amour et d'aventures. Elle suivra son mari dans toutes ses expéditions, une première pour l'époque. Elle se rendit à ses côtés en quête des sources du Nil puis, ensemble, ils découvrirent le lac Albert, en Afrique. De retour en Angleterre, ils se marièrent et Florica Sas devint Lady Florence Baker. Au lieu de se contenter d'une existence bourgeoise et rangée en Angleterre, le couple accepta la mission du Vice-roi d’Égypte: partir à la tête d'une expédition militaire vers les régions équatoriales du Nil pour lutter contre le commerce des esclaves noirs, qui faisaient l'objet d'une gros trafic dans tout l'empire Ottoman, et ouvrir une voie commerciale. Durant tous ses périples, elle était décrite comme une femme digne, montant à cheval comme les hommes, portant les armes, ne renonçant jamais. De retour en Angleterre, Lady Florence eut du mal à se faire accepter par la haute société anglaise à cause des rumeurs sur son passé, mais grâce à son charme et à son intelligence, elle réussit finalement à s'imposer. Le couple fut même reçu par le Prince et la Princesse de Galles. Sa vie est une véritable source d’inspiration et une preuve de force et de persévérance pour toutes les femmes mais aussi pour tous les hommes.

 

 

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Sarmiza Bilcescu
 

Sarmiza Bilcescu est née en 1867 à Bucarest. Elle devient la première femme avocate en Europe et la première femme docteure en droit dans le monde. Elle commença ses études en droit à l'Université de Bucarest pour partir ensuite à Paris, s'inscrire à la Sorbonne. Mais, malgré son admission, on raconte que le gardien de l'université refusait de la laisser entrer. Elle porta donc plainte auprès de la faculté, arguant que sur le frontispice de l'édifice était inscrit en toutes lettres: «liberté, égalité, fraternité». Elle devint finalement la première femme à être admise à la faculté de droit de Paris et obtint sa licence en 1887. Mais elle ne s'arrêta pas là et en 1890, elle soutint sa thèse en droit avec pour titre "De la condition légale de la mère" pour enfin obtenir son doctorat. De retour en Roumanie, elle sera reçue avec beaucoup de faste par les autorités et sera célébrée par la presse. Or, parfois, la vie réserve de bien tristes surprises. Malgré ses exploits, elle n'a jamais réellement exercé en tant qu'avocate car peu de Roumains ont fait appel à elle pour les défendre. Elle renonça donc finalement à ce métier, se maria et se consacra entièrement à sa vie de famille. En parallèle, elle s'est aussi battue pour faire évoluer la condition et l'éducation des femmes roumaines en étant l'une des fondatrices de la « Société des demoiselles roumaines».

 

 

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Anna de Noailles

 

En 1925, Nicolae Iorga plaidait avec obstination la cause d’Anna de Noailles, pour qu’elle soit acceptée parmi les membres les plus influents de l’Académie roumaine. Née le 15 novembre 1876 à Paris, elle reçoit le nom d’Anna-Élisabeth de Brancoveanu, étant la fille de la pianiste grecque, Raluca Musurus/Rachel Moussouros et du prince Grigore/Grégoire Brancoveanu, un des derniers descendants des voïvodes de la Roumanie. Eduquée à domicile avec ses frères, elle parle en plus du français, l’anglais et l’allemand, montrant une prédilection toute particulière pour la musique et la poésie. Son inclination pour le lyrisme commence dès sa plus tendre enfance; suite à la terrible perte de son père à l'âge de dix ans, elle trouve sa consolation dans le recueil de poèmes Les Contemplations de Victor Hugo, dédié à sa fille décédée, Léopoldine. Trois années plus tard, ses premiers poèmes sont recueillis dans deux albums : Poésies et Sommeil éternel. En 1889, la poétesse devint collaboratrice de la Revue de Paris, publiant le cycle de poèmes Litanies. L’année 1901 marque deux événements-clé de sa vie : ses débuts en tant que poétesse à proprement parler avec la parution du volume Le Cœur innombrable, pour lequel elle sera récompensée par le prix de l’Académie française. C’est aussi le début d’une longue amitié avec l’écrivain français Marcel Proust, dont leur ample correspondance témoigne d'une grande affinité d'âme ; dans le recueil autobiographique, Le livre de ma vie (1923), elle affirme que le romancier était aussi son critique littéraire préféré. Pour son oeuvre, elle sera élue membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, devenant aussi la première femme commandeur de la Légion d’honneur.

 

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Maria Virginia Haret-Andreescu



Maria Virginia Haret-Andreescu est née à Bucarest en 1894. Elle est la première femme architecte du monde. Petite-fille du peintre paysagiste roumain Ion Andreescu, Maria est orpheline à l'âge de neuf ans. Elle s'occupait du ménage et de ses trois frères et étudiait à la maison. À 18 ans, elle entra pour la première fois à l'école supérieure d'architecture et fréquenta également la faculté des Beaux-arts, car elle avait une passion toute particulière pour l'aquarelle. En 1919, la jeune Maria Andreescu obtint le diplôme d'architecture avec la mention très bienSon style variait, englobant tous les styles architecturaux roumains, du classique au moderne, en ce début de 20ème siècle. Parmi ses réalisations les plus importantes on compte une série d'immeubles sur Calea Victoriei, pour certains d'entre eux on avait utilisé le béton armé pour la première fois, le Lycée Gheorghe Sincai, le Collège National Cantemir Voda, le Casino Govora et beaucoup de résidences privées qui existent toujours sur la rue Paris par exemple ou dans le quartier de Cotroceni. Sa propre maison a été construite dans un style Art Déco, style pour lequel elle semblait avoir une prédilection toute particulière. Après avoir construit une quarantaine de bâtiments, elle a reçu le titre d'inspecteur général de l'architecture roumaine, elle était donc la première femme à avoir occupé ce poste. Elle a aussi représenté son pays à de nombreuses conférences et congrès, notamment aux Congrès internationaux d'architecture, à Bruxelles, à Moscou, à Paris et à Rome, et elle a reçu de nombreux prix pour ses créations. De plus, elle a écrit une histoire de l'architecture avec Nicolae Ghica-Budesti en quatre volumes, avec ses propres aquarelles pour illustrer le livre. Aujourd'hui, une grande partie de son travail appartient à la collection Stampe de la bibliothèque de l'Académie roumaine.

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grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
5 Commentaire (s)Réagir
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Dominique ven 08/03/2019 - 21:28

Bravo....Un homme qui met les femmes à l'honneur

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Dan ven 08/03/2019 - 17:49

Si jamais, un peu plus sur Anna de Noailles http://www.citedevian.fr/anna-de-noailles-poetesse-qui-vecut-a-evian/

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Anca ven 08/03/2019 - 11:57

Anna de Noailles était Roumaine? Vous ne connaissez pas le poème de Goga? Elle ne se considérait pas Roumaine et n'a rien fait pour le pays de ses ancêtres...

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lazar liliana ven 08/03/2019 - 09:06

"En 1989, la poétesse devint collaboratrice de la Revue de Paris....." je crois que la date exacte est 1889

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redaction.lepetitjournal.com ven 08/03/2019 - 11:10

Merci de votre vigilance ! C'est corrigé

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