Les discussions engagées lundi au palais de Cotroceni n'ont une nouvelle fois débouché sur aucun accord, prolongeant la crise politique qui paralyse la Roumanie depuis près de deux mois. Réunis autour du président Nicușor Dan, les dirigeants des principaux partis n'ont pas réussi à dégager une majorité parlementaire susceptible de soutenir un nouveau gouvernement.


Pendant près de deux heures, Nicușor Dan s'est entretenu avec Sorin Grindeanu (PSD), Ilie Bolojan (PNL), Dominic Fritz (USR), Kelemen Hunor (UDMR) ainsi qu'avec le représentant des minorités nationales, sans parvenir à rapprocher les positions. Si le climat des échanges s'est révélé plus apaisé que lors des précédentes rencontres, aucun des partis n'a accepté de faire les concessions nécessaires.
Selon plusieurs sources politiques, le président envisage désormais plus sérieusement l'hypothèse d'élections législatives anticipées, même si cette option demeure un dernier recours. La perspective de voir un nouveau gouvernement investi avant la fin du mois de juillet apparaît désormais très improbable. Les négociations devraient reprendre après la rentrée parlementaire du 1er septembre.
La question du futur Premier ministre est restée au second plan. Le nom du ministre des Finances Alexandru Nazare, évoqué comme candidat de compromis pour un éventuel « gouvernement de trêve », ne fait pas consensus, le PSD le jugeant trop proche du PNL et de l'USR.
Avant même la réunion, les tensions politiques étaient déjà vives. Le président de l'USR, Dominic Fritz, a estimé que la Roumanie avait besoin d'un gouvernement capable de mener des réformes ambitieuses et a laissé entendre que des élections anticipées pourraient devenir inévitables si aucun accord n'était trouvé.
De son côté, le président du Partidul Social Democrat, Sorin Grindeanu, a annoncé que les discussions n'avaient permis aucune avancée. Il accuse le PNL et l'USR d'avoir eux-mêmes réduit leurs marges de négociation en refusant toute nouvelle coalition avec les sociaux-démocrates.
Le dirigeant du PSD a également demandé la démission du Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan. Selon lui, celui-ci chercherait avant tout à prolonger son maintien au pouvoir plutôt qu'à résoudre la crise politique. Il estime qu'un changement de chef du gouvernement par intérim constituerait un premier geste susceptible de relancer les négociations.
Sorin Grindeanu a par ailleurs confirmé que le PSD se considère désormais dans l'opposition et qu'il ne soutiendra plus automatiquement les textes présentés par le gouvernement au Parlement. Il reproche notamment à l'exécutif d'utiliser le Plan national de relance et de résilience (PNRR) à des fins politiques et critique la méthode employée pour préparer la future réforme des salaires.
Le Partidul Național Liberal, lui, ferme définitivement la porte à une nouvelle coalition avec le PSD. L'eurodéputé Siegfried Mureșan a affirmé qu'un retour à une alliance avec les sociaux-démocrates ferait perdre toute crédibilité aux libéraux. Selon lui, les électeurs attendent des réformes et une gouvernance efficace, tandis que le PSD ne proposerait plus de solution crédible aux difficultés du pays.
Faute d'accord entre les principaux partis, la Roumanie demeure sans majorité stable. Si aucun compromis n'émerge à la rentrée parlementaire, l'option d'élections anticipées, longtemps écartée, pourrait devenir une véritable alternative pour sortir de l'impasse.







