Le taux d’inflation annuel en Roumanie est passé de 10,4 % en juin à 8,2 % en juillet, selon les données publiées par l’Institut national de statistique (INS). Il s’agit de la première baisse significative de l’inflation depuis un an, même si les prix continuent d’augmenter fortement dans plusieurs secteurs. Les services, les carburants et certains produits alimentaires enregistrent notamment des hausses importantes.


En juillet 2026, le taux d’inflation annuel s’est établi précisément à 8,16 %, soit 2,2 points de pourcentage de moins qu’en juin. Cette baisse s’explique principalement par un effet de base lié à l’évolution des prix de l’électricité. Malgré ce ralentissement, les services restent la catégorie où les prix progressent le plus rapidement, avec une hausse annuelle de 13,67 %. Les produits non alimentaires ont augmenté de 7,93 %, tandis que les prix des produits alimentaires ont progressé de 5,03 %.
Le café et les œufs parmi les produits alimentaires les plus chers
Dans l’alimentation, le café affiche la plus forte hausse annuelle. En juillet 2026, son prix était supérieur de 19,47 % à celui enregistré un an plus tôt.
Les œufs arrivent ensuite, avec une augmentation de 13,9 %, devant le bœuf (+11,67 %) et le lait de vache (+11,28 %).
Les prix du cognac et des autres spiritueux ont également progressé de 8,87 %, tandis que ceux du sucre et des produits à base de miel ont augmenté de 8,81 %. Le pain a renchéri de 7,93 %, la bière de 7,88 % et le poisson frais de 7,54 %.
La volaille a augmenté de 6,24 %, l’huile de cuisson de 6,57 %, les conserves de viande de 6,77 % et le porc de 3,4 %.
Certains produits ont toutefois vu leurs prix diminuer. Le sucre a baissé de 0,25 %, le beurre de 0,53 %, la farine de 4,3 % et la semoule de maïs de 4,92 %. Les plus fortes baisses concernent les pommes de terre (-13,68 %) et les fruits frais (-13,82 %).
Le diesel et l’essence continuent de flamber
Du côté des produits non alimentaires, les carburants restent l’un des principaux moteurs de l’inflation. Le prix du diesel a augmenté de 30,7 % sur un an en juillet, tandis que celui de l’essence a progressé de 23,15 %.
Les prix de l’électricité ont augmenté de 3,39 % sur un an, un niveau nettement inférieur aux hausses de plus de 50 % enregistrées les mois précédents après la suppression du dispositif de plafonnement.
Dans l’ensemble, les carburants ont augmenté de 16,87 % et l’énergie thermique de 10,7 %. Les livres, journaux et magazines ont vu leurs prix progresser de 10,82 %.
Les détergents ont augmenté de 9,92 %, le tabac et les cigarettes de 8,51 %, tandis que les produits d’hygiène et les cosmétiques ont progressé de 6,8 %. Les médicaments ont enregistré une hausse de 4,36 %.
Les loyers bondissent de plus de 42 %
Les services affichent les hausses les plus importantes. Les loyers ont notamment augmenté de 42,48 % en juillet 2026 par rapport au même mois de l’année précédente.
Les services d’eau, d’assainissement et de collecte des déchets ont augmenté de 15,99 %. Les services d’entretien et de réparation automobile ont progressé de 13,85 %, tandis que les services d’hygiène et de soins esthétiques ont augmenté de 14,1 %.
Les services de confection et de réparation des vêtements et chaussures ont enregistré une hausse de 14,36 %, tandis que les services médicaux ont augmenté de 12,48 %.
Les tarifs du transport routier ont progressé de 12,21 %, ceux des transports urbains de 7,47 % et les services postaux de 9,18 %.
Les billets d’avion coûtaient 2,3 % de plus qu’en juillet 2025, mais leur prix a bondi de 18,73 % en un seul mois par rapport à juin.
Un économiste estime que le pic de hausse des prix est passé
Pour l’économiste Adrian Negrescu, la baisse de l’inflation à 8,2 % marque le dépassement du pic de hausse des prix.
Cela ne signifie toutefois pas que les prix dans les supermarchés vont retrouver leur niveau d’il y a un ou deux ans. Le ralentissement de l’inflation signifie simplement que les prix augmentent désormais moins rapidement.
« Nous ne verrons plus de hausses à deux chiffres comme celles enregistrées ces derniers mois, notamment pour l’énergie, les carburants et les produits alimentaires », estime Negrescu.
Si la tendance se poursuit, l’inflation pourrait selon lui se rapprocher de 5 % à l’automne.
L’économiste insiste toutefois sur une distinction essentielle : une inflation de 8,2 % ne signifie pas que les prix diminuent.
« Cela ne signifie pas que les prix baissent, mais qu’ils augmenteront plus lentement », explique-t-il.
Certains produits alimentaires sont néanmoins déjà moins chers. Adrian Negrescu relie également cette évolution à la baisse du pouvoir d’achat des Roumains. Face au recul des ventes, les distributeurs multiplient les promotions et réduisent certains prix afin d’attirer les consommateurs.
« La plupart des distributeurs cherchent à réduire les prix et à proposer des solutions et des promotions afin de générer des ventes », souligne-t-il.
L’énergie reste le principal risque pour l’inflation
L’évolution future des prix de l’énergie demeure l’une des principales incertitudes.
Selon Adrian Negrescu, d’éventuelles nouvelles hausses devraient toutefois être moins importantes que celles enregistrées l’année dernière. Il estime qu'une progression de 10 à 15 % serait plus probable, soit un niveau nettement inférieur aux hausses observées précédemment.
L’économiste met cependant en garde contre une forte augmentation des prix pratiqués par les entreprises énergétiques publiques, qui pourrait rapidement se répercuter sur l’ensemble de l’économie et relancer les tensions inflationnistes.
« Il ne faudrait pas revivre ce qui s’est passé le 1er avril de l’année dernière », a-t-il déclaré, en référence à la hausse du prix de production de l’électricité.
Si l’inflation poursuit son ralentissement et que les prix de l’énergie restent maîtrisés, les perspectives pourraient s’améliorer l’année prochaine. Les prévisions actuelles tablent sur une inflation d’environ 2,9 % en 2027.







