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BUDGET : le gouvernement Niculescu sous pression dès son entrée en fonction

Le gouvernement de Luca Niculescu a été investi mardi par le Parlement, puis assermenté dans la soirée au palais de Cotroceni, avant de tenir son premier Conseil des ministres au palais Victoria. Après près de six mois de crise politique, le nouvel exécutif doit rapidement s’attaquer aux dossiers en attente, avec pour priorités le pouvoir d’achat, la préparation de l’hiver, la sécurité énergétique et les finances publiques.

Luca Niculesuc crise politique roumanieLuca Niculesuc crise politique roumanie
Gov.ro
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 21 octobre 2026, mis à jour le 22 octobre 2026

« La priorité est d’améliorer le niveau de vie », a déclaré le Premier ministre lors de sa première conférence de presse. Il a souligné l’ampleur des problèmes accumulés pendant la crise et annoncé des réunions régulières avec les ministres pour accélérer les décisions. Il a également rencontré l’ancien Premier ministre Ilie Bolojan, qu’il a remercié pour leur échange.

La première réunion du gouvernement a été consacrée à l’organisation du travail dans les prochaines semaines. Parmi les dossiers urgents figurent la rectification budgétaire, la préparation du budget 2027 et les mesures nécessaires pour prévenir d’éventuelles difficultés dans le secteur énergétique durant l’hiver.

Niculescu refuse d’exclure de nouvelles hausses d’impôts

Interrogé sur la possibilité d’introduire de nouveaux impôts, Luca Niculescu a refusé de prendre un engagement avant de disposer d’une vision plus précise des finances publiques. Le gouvernement doit d’abord évaluer les recettes et les dépenses attendues d’ici la fin de l’année, tout en respectant les objectifs de réduction du déficit et les engagements internationaux de la Roumanie.

Le Premier ministre a rappelé que le pays avait franchi de justesse les évaluations de trois agences de notation plus tôt cette année et qu’une nouvelle série d’examens était prévue au début de 2027. Il a remercié le ministre des Finances, Alexandru Nazare, ainsi que la Banque nationale de Roumanie, pour leurs efforts visant à préserver la notation du pays dans la catégorie des investissements.

Niculescu a toutefois assuré que son gouvernement ferait le nécessaire pour protéger les catégories les plus vulnérables. Il n’a pas non plus confirmé une éventuelle indexation des pensions en 2027, ni précisé son montant, estimant qu’il fallait d’abord clarifier la situation budgétaire.

Pour financer les mesures sociales défendues par le Parti social-démocrate (PSD), principale force politique de la nouvelle majorité, le gouvernement mise notamment sur une meilleure collecte des impôts par l’Agence nationale d’administration fiscale (ANAF), la croissance économique, l’investissement et une utilisation plus efficace des fonds européens.

Le Premier ministre a indiqué que les prévisions tablaient sur une croissance d’environ 2 % en 2027. Il souhaite également accélérer l’absorption des financements européens et estime que l’adhésion de la Roumanie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pourrait attirer de nouveaux investissements.

Grindeanu exige des résultats immédiats

Le président du PSD, Sorin Grindeanu, a prévenu que les ministres incapables de suivre le rythme du nouvel exécutif seraient écartés. S’il a salué la fin de la crise politique, il a insisté sur la difficulté de la période à venir et accusé le précédent gouvernement d’Ilie Bolojan d’avoir laissé d’importants engagements financiers sans réponse.

Le dirigeant social-démocrate réclame un état des lieux complet des finances publiques. Il a demandé au ministre des Finances de présenter au Parlement, dans un délai de deux semaines, une évaluation actualisée de la situation, qui devra être rendue publique avant toute décision sur la rectification budgétaire.

Selon les estimations avancées par Sorin Grindeanu, les besoins pourraient dépasser 30 milliards de lei. Il a notamment évoqué environ 3 milliards d’euros de travaux réalisés par des entreprises de construction mais pas encore facturés, soit près de 16 milliards de lei, auxquels s’ajouteraient 10 à 12 milliards de lei pour couvrir les dépenses de fonctionnement de l’État jusqu’à la fin de l’année et quelque 5 milliards de lei liés à des décisions de justice.

Ces montants correspondent aux estimations présentées par le chef du PSD lors de sa conférence de presse et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante à cette occasion.

Sorin Grindeanu a également placé la rectification budgétaire et la préparation du budget 2027 au sommet des priorités. Il souhaite que ce dernier soit adopté avant la fin de 2026, afin d’éviter un nouveau retard comme celui de cette année, lorsque le budget avait été voté en avril.

Le dirigeant social-démocrate a cité les retraités, les mères et les anciens combattants parmi les bénéficiaires prioritaires des mesures sociales. Il réclame également une hausse de la production, une amélioration du recouvrement fiscal et une réduction des dépenses publiques fondée sur une véritable amélioration de l’efficacité des institutions.

« Il n’y aura pas de période de grâce, pas de lune de miel », a-t-il averti, ajoutant que les ministres qui ne parviendraient pas à suivre le rythme seraient remplacés.

Le président appelle à concilier rigueur financière et attentes sociales

Lors de la cérémonie d’investiture au palais de Cotroceni, le président Nicușor Dan a appelé le nouveau gouvernement à trouver un équilibre entre les engagements financiers du pays et les attentes de la population. Il a insisté sur la nécessité de respecter les obligations budgétaires tout en poursuivant les réformes et en améliorant les conditions de vie.

Le chef de l’État a également mis en avant la numérisation et l’intelligence artificielle comme leviers du développement économique, invitant le gouvernement à tirer parti des atouts concurrentiels de la Roumanie.

Luca Niculescu a, de son côté, défendu son indépendance politique, estimant que les résultats de son gouvernement importeraient davantage que les appartenances partisanes. Il a rappelé que le président lui avait laissé une marge de manœuvre dans la formation de l’équipe gouvernementale, après plusieurs tentatives infructueuses pour sortir de la crise.

Le Premier ministre affirme vouloir privilégier le fonctionnement de l’État et la résolution des problèmes urgents. Mais son gouvernement devra concilier des exigences parfois contradictoires : réduire le déficit, préserver la confiance des investisseurs, financer les demandes sociales du PSD et préparer le budget de l’année prochaine.

Les premières décisions sur la fiscalité, les pensions et les dépenses publiques permettront de mesurer la marge de manœuvre réelle du nouvel exécutif.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 22 octobre 2026, mis à jour le 22 octobre 2026
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