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ANA, MON AMOUR - Scènes de la vie conjugale

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Écrit par Grégory Rateau
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 11 mai 2017

Grégory Rateau vous recommande cette semaine le film roumain Ana, mon amour, le nouveau film du réalisateur de l'impressionnant Mère et fils, Calin Peter Netzer, qui avait reçu l'ours d'argent à la Berlinale il y a déjà quatre ans. Le cinéaste vous conte aujourd'hui l'histoire d'un couple ordinaire, de ses passions, et de ses turpitudes.

 

 

Son précédent film Mère et fils parlait déjà d'un amour toxique entre une mère et son fils. Amour inconditionnel, malsain, au prix duquel, une mère est prête à tout, chantage, corruption, abus de pouvoir, dans le but d'épargner à son fils, de très longues années de prison, pour le crime d'avoir renversé et tué un enfant. Ici, on parle du couple, d'une relation plus saine en apparence, car elle n'a rien de tordu ou de symboliquement incestueux. Cette histoire d'amour n'en demeure pas moins nocive pour ce couple à la dérive. Les deux films débutent de la même manière, en plein échange de répliques, on pénètre brusquement dans «le réel» par la porte de derrière. La caméra est nerveuse, elle saisit des moments de vie, dans toute leur banalité, en les prenant sur le vif. Calin Peter Netzer s'inscrit dans cette veine néo-réaliste qui fait la force de «la nouvelle vague roumaine» en donnant cette apparence de nervosité, de cadres non préparés, de lumières crues et réalistes visant à ne pas marquer de distance entre l'univers que l'on met de côté, le temps de la séance, et celui que l'on rencontre, projeté sur l'écran noir de nos nuits blanches. Le film prend le parti pris de la non linéarité, en usant du flashback et du flashforward pour faire éclater son récit et comparer le présent du désamour à des moments plus passionnés de la vie du couple. Comme de nombreux films prenant à rebrousse-poil l'itinéraire d'un couple au bord de la rupture, Calin Peter Netzer soigne mieux les moments explosifs que les moments plus tendres où le feu de l'égo et la violence des rapports de force sont encore latents. Que voulez-vous, le cinéma aime ce qui se dérègle, c'est un art du montage, déconstruire pour mieux reconstruire.

 

Horaires :

 

Cinéma Muzeul Taranului

 

Vendredi, 12 Mai 2017 / 20:00

Dimanche, 14 Mai 2017 / 20:00

 

Fiche du film :

Date de sortie 21 juin 2017 (2h 07min)

De Calin Peter Netzer

Avec Mircea Postelnicu, Diana Cavaliotti, Carmen Tanase plus

Genre Drame
 
Nationalités roumain, allemand, français

 

Synopsis :

L'histoire d'amour d'Ana et Toma commence dans une chambre d'étudiant.

Ils sont jeunes, beaux, sensibles et exaltés ; ils s'aiment furieusement et rêvent de refaire le monde.

Mais quand vient le temps d'affronter leurs démons, réels ou imaginaires, les amoureux s'accrochent désespérément l'un à l'autre, au risque de tout faire voler en éclats.

 

 

Grégory Rateau (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Jeudi 10 mai 2017

grégory rateau
Publié le 10 mai 2017, mis à jour le 11 mai 2017
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