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Vers la création d’un circuit touristique régional du Bouddha

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 10/03/2020 à 23:00 | Mis à jour le 10/03/2020 à 23:00
Photo : Le temple Maya Devi, construit sur le lieu où serait né le Bouddha, à Lumbini
Le temple Maya Devi, construit sur le lieu où serait né le Bouddha, à Lumbini

L’idée n’est pas nouvelle : relier par des vols directs tous les hauts lieux du bouddhisme afin de faciliter les pèlerinages… et de développer une industrie du tourisme spécifique à ceux-ci. « Nous voulons créer un circuit qui relierait les sites de Angkor, Bagan, Lumbini (lieu supposé de la naissance de Siddhârta Gautama), Gaya (dans le nord de l’Inde, lieu où Siddhârta Gautama parvient à l’illumination et devient Bouddha), Kandy (Au Sri Lanka, où se trouve le Temple de la dent relique, une dent qui aurait appartenu à Bouddha) et Yangon, pour la pagode Schwedagon », explique un officiel du ministère birman du Tourisme et de l’Hôtellerie.

Si le circuit a belle allure sur le papier, la réalité est plus complexe. La volonté de faciliter des liens ou des circuits touristiques au niveau régional est réelle, mais les égoïsmes locaux, les intérêts très particuliers de certains acteurs, la non-conformité de certains aéroports aux normes internationales, dont celui de Nyaung-U qui dessert Bagan, sont autant de freins à lever, ce qui se fait peu à peu mais lentement. Ainsi, en prévision d’une liaison directe entre Bagan et Angkor, la Birmanie et le Cambodge avaient signé novembre 2017 un accord octroyant la possibilité de visa à l’arrivée pour leurs ressortissants… accord qui n’a jamais été utilisé pour cette liaison puisque Myanmar National Airways qui devaient l’ouvrir et l’opérer n’y est jamais parvenu.

Un accord de coopération touristique existe entre Népal et Birmanie

Et depuis, avec la facilitation de circulation des ressortissants des pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) au sein de cette association, cet accord est devenu inutile. L’espoir est malgré tout permis puisqu’il existe des exemples réussis dans la région, par exemple le vol direct existant entre Siem Reap (la ville à côté de Angkor) et Luang Prabang, le lieu le plus touristique du Laos. Il fut même question d’adjoindre une liaison Luang Prabang-Bagan pour compléter le circuit, mais là encore les tentatives ont toujours échoué.

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », écrivait Boileau, que les promoteurs du tourisme bouddhique intrarégional n’ont certainement pas lu mais qu’ils pratiquent à la manière de Monsieur Jourdain. Les efforts persistent donc. Un accord de coopération touristique a été signé entre la Birmanie et le Népal lors de la visite officielle de la présidente du Népal Bidya Devi Bhandari en octobre 2019 et le Népal va ouvrir ou faciliter l’accès à plusieurs destinations dans le cadre de son initiative « Visit Nepal in 2020 ». C’est ainsi que Lumbini va bientôt ouvrir un aéroport international, bien sûr nommé « Siddhârta Gautama ».

L’aéroport de Bagan mis aux normes internationales

De son côté, le gouvernement birman s’active également. L’aéroport de Nyaung-U est en cours de transformation afin d’être mis aux normes internationales, avec une rénovation et amélioration de la piste, des circulations (entrées/sorties) plus fonctionnelles, des postes de douanes dotés de système des rayons X performants, des guérites équipées pour le contrôle des passeports, des toilettes correctes…

Outre Lumbini, les yeux des Birmans se tournent vers Siem Reap/Angkor, qui reste la cible principale car si chaque année Bagan accueille de l’ordre de 300 000 visiteurs par an, ce sont dix fois plus de touristes – autour de 3 millions – qui visite les temples khmers ! En attirer quelques-uns à Bagan est donc une priorité des dirigeants du tourisme en Birmanie. Se mettre d’accord sur l’organisation des vols et l’identité de/des opérateurs constitue l’étape à venir.

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