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Une vidéo de sexe tournée à Bagan fait scandale

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 17/02/2020 à 23:00 | Mis à jour le 19/02/2020 à 11:54
Photo : Vue de Bagan
Vue de Bagan en Birmanie

C’est l’affaire qui anime le réseau Facebook et secoue une partie de la Birmanie : une vidéo de 12 minutes d’un couple copulant à l’extérieur d’une pagode de Bagan. Les protagonistes se présentent comme « un couple d’Italiens de 23 ans ». S’il est évident que la « performance » est déplacée et qu’il est compréhensible qu’elle choque une partie de la population, il est également notable que des voix relèvent que la vidéo a été publiée sur un site dédié uniquement à la pornographie, nommé Pornhub, ce qui n’a pas empêché la vidéo en question de circuler ensuite sur Facebook en Birmanie, d’être vue en tout par 250 000 personnes… et de recueillir autant de « like » que de « angry ». Plusieurs internautes soulignent ce point.

Après un délai de réflexion, la direction archéologique de Bagan a fini par porter plainte contre les deux touristes et demandé à Interpol de collaborer pour les retrouver. Son directeur explique les atermoiements par l’hésitation quant à la loi à choisir pour les poursuites – « ce sera à la police de décider » - et par le rôle de son administration, « préserver, entretenir le patrimoine archéologique et culturel » mais pas en assurer la police. « Nous ne sommes pas en capacité d’assurer la sécurité de tous les bâtiments et poursuivre ces deux personnes doit être un travail d’équipe, pas de notre direction toute seule », poursuit-il. Mais l’officiel ne cache pas sa colère : « Ces deux personnes ont commis un acte obscène qui insulte ce site classé patrimoine de l’humanité et notre culture ».

Un responsable du ministère de l’Hôtellerie et du Tourisme affirme que « un tel comportement tombe sous le coup du code pénal, la loi sur le blasphème, et la sanction peut aller jusqu’à deux ans de prison ». Reste que le cadre judiciaire des poursuites n’a pas encore été défini et qu’il n’est donc pas clair que ce soit cette loi qui soit invoquée. En outre, constate un autre officiel, « la vidéo a été mise en ligne voici une semaine, mais nous ne savons pas quand elle a été prise. Nous avons fait circuler des photos des deux individus auprès des hôtels, mais sans succès ». Et puis remarque un autre représentant des autorités, « nous ne pouvons pas nous contenter de leur dire pour les poursuivre. Sont-ils vraiment italiens ? Et qui sont-ils exactement ? Leur simple identification va être très compliquée ». En outre, au vu des trafics d’argent, de drogues, d’êtres humains, d’animaux, d’armes dont s’occupent Interpol, cette affaire ne sera probablement pas une priorité…

En Birmanie en revanche, le scandale fait parler. Des acteurs du tourisme protestent avec véhémence : « Dans tous les cas il faut juger ces voyous, même par contumace. Ils portent des tatouages des boucles d’oreilles, des piercings », s’indigne l’un ; « C’est un acte délibéré, nous devons faire quelque chose », s’emporte un autre ; « C’est un outrage à notre dignité, nous devons surveiller plus les étrangers », ajoute un résident. Plusieurs personnes réclament d’ailleurs une meilleure surveillance des sites, et notamment la création d’une police spéciale « pour éviter des actes de profanation ». Nul n’évoque en revanche l’impact que cela aurait sur la fréquentation touristique, pas plus que la manière de financer ces mesures.

Les habitants locaux constatent que des problèmes avec des touristes arrivent de temps en temps, mais qu’ils ne sont pas tous de la même portée. Ainsi, en 2016 un touriste espagnol a été expulsé de Birmanie parce qu’il était entré dans un temple alors qu’il portait un tatouage de Bouddha sur la jambe… ce qui pourtant ne contrevient pas à la loi. Dans un autre cas, un couple a publié une photo de nu de l’un d’entre eux prise avec une pagode de Bagan en fond. Et le 1er février dernier, deux touristes chinois ont été mis à l’amende pour avoir conduit jusqu’à un site connu et y avoir bu de la bière.

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