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Six nouveaux coronavirus inconnus identifiés en Birmanie

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 23/04/2020 à 23:00 | Mis à jour le 24/04/2020 à 10:29
Photo : Hipposideros larvatus, aussi nommée la Grande Phyllorine, est un réservoir de coronavirus
coronavirus Birmanie

L’extrême résistance du système immunitaire des chauves-souris intéresse depuis longtemps les chercheurs du monde entier, que ce soit des biologistes, des vétérinaires, des médecins, des pharmaciens… Comprendre ce qui permet aux chiroptères, un ordre de mammifères qui comptent environ 1 400 espèces (soit plus d’un quart des espèces de mammifères - quelque 5 000 - aujourd’hui connues), de porter de nombreux virus sans développer de symptômes ou d’aggravation ouvrirait des perspectives thérapeutiques vertigineuses, et potentiellement transformables en processus de soin et en médicaments… donc en argent.

C’est pour étudier une dizaine d’espèces de chauves-souris qu’une équipe regroupant des chercheurs du programme de santé globale de l’institut Smithsonian de Washington, du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Irrigation de Birmanie, et de l’école vétérinaire de l’Université de Californie a effectué des captures de 464 de ces animaux et prélevé des matières fécales (guano) et de la salive dans trois sites où vivent ces bestioles qui se nourrissement essentiellement d’insectes pour certaines et de fruits ou nectar pour d’autres. Les trois sites sont dans la région de Yangon, autour de Hpa-An dans l’état de Kayin et vers Shwebo, dans la région de Sagaing.

Le résultat de leur recherche a été publié dans la revue primaire gratuite de référence Plos One le 9 avril dernier. Les chercheurs ont identifié sept coronavirus différents portés asymptomatiquement par ces animaux, dont six nouveaux et inconnus jusque-là. Sur ces six, trois appartiennent à la famille des bétacoronavirus, celle du Sars-CoV, auteur de l’épidémie de Sras de 2003, du Mers-CoV, le plus mortel, et du Sars-CoV-2, qui provoque le Covid-19 à l’origine de l’actuelle pandémie. Les trois autres sont des alphacoronavirus, dont certains infectent les chiens et les chats et peuvent être à l’origine de rhinite (ou rhume) chez les humains. Dans la majorité des cas, ces virus ont été découverts à partir d’échantillons de guano.

Les chercheurs pensent que ce guano joue un rôle majeur dans la transmission zoonotique (entre différentes espèces animales, dont la nôtre). En marchant dedans, d’autres animaux s’imprègnent, développent la maladie et deviennent des espèces dites « réservoirs » comme le pangolin dans le cas du Sars-CoV-2. Et pour les esprits simples qui pensent que la planète est à leur service – ils sont nombreux… - et préconisent l’extermination des chiroptères comme solution aux nouvelles épidémies qui sévissent depuis environ 10 ans, rappelons que les chauves-souris dévorent des quantités considérables d’insectes, dont beaucoup d’espèces qui transmettent des maladies à l’homme ou qui détruisent ses récoltes, et que celles qui sont frugivores participent énormément à la pollinisation donc la reproduction des plantes. En gros, sans chauves-souris, l’agriculture en prend un coup, un gros coup… D’autant qu’elles ne sont pas les seules à trimballer un attirail de guerre biologique dans leur fourrure : les chercheurs estiment qu’il existerait encore 1,6 millions d’espèces virales inconnues chez les mammifères et les oiseaux, dont évidemment certains pourraient être transmis à l’être humain. Plutôt que toutes les éradiquer, travail de titan, mieux vaudrait sans doute apprendre à vivre avec en toute humilité…

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