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Les deux premiers cas de coronavirus identifiés en Birmanie

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 24/03/2020 à 23:00 | Mis à jour le 24/03/2020 à 23:00
Coronavirus 24 mars 2020

La nouvelle est tombée lundi soir : les deux premiers cas de Sars-nCov-19 en Birmanie ont été confirmés. Il s’agit de deux ressortissants birmans vivants à l’étranger et rentrés récemment au pays.

Le premier cas est celui d’un homme de 36 ans détenteur d’une carte verte aux Etats-Unis et qui provient de Tedim, au nord du Chin. L’homme est revenu dans sa famille le 13 mars dernier et le 19 mars il a commencé à développer une forte fièvre sans toux ou sans troubles respiratoire et il a été transféré le 21 mars à l’hôpital de Tedim, placé en isolation. Des prélèvements ont été envoyés au laboratoire et les résultats confirment une contamination au Sars-nCov-19. L’individu est bien sûr maintenu en isolement et la petite ville de Tedim a également été mise en quarantaine totale.

Le deuxième cas est également un homme, de 26 ans, qui lui revenait de Grande-Bretagne le 22 mars. Comme toutes les personnes provenant de pays considérés comme à risque, dès son arrivée à l’aéroport de Yangon il a été placé en confinement au centre de formation à la santé publique de la circonscription de Hlegu, puis transféré au monastère de Dhammaduta Jetavana Tawya Cekinda Yama, à Hmawby, un lieu désormais aménagé pour servir d’hébergement pour la quarantaine, avant d’être finalement interné le 23 au soir à l’hôpital Waibargi, l’un des deux ou trois meilleurs établissements de Yangon pour les maladies infectieuses nécessitant un isolement du malade. Officiellement, « le patient ne présentait ni forte fièvre, ni problèmes respiratoires à son arrivée en Birmanie ». Une version un peu curieuse car alors pourquoi avoir procédé à un test ? Mais l’important est avant tout que la procédure de prudence a fonctionné dans son cas et que le malade a été identifié avant de pouvoir contaminer beaucoup de gens.

Des milliers d’expatriés se bousculent à la frontière

C’est d’ailleurs cette dernière problématique - identifier des personnes contaminées avant qu’elles ne répandent la maladie – qui tourne au casse-tête pour les autorités birmanes au poste de frontière de Myawaddy où les expatriés birmans voulant revenir dans leur pays se bousculent par milliers. Certes, Nay Pyi Taw a recommandé à ses ressortissants de rester chez eux en Thaïlande jusqu’à la fin de la crise, recommandation que les autorités thaïlandaises appuyaient, mais avec la fermeture des bars, discothèques, restaurants et de multiples autres commerces à Bangkok et ailleurs, les travailleurs migrants se retrouvent au chômage et sans revenu et préfèrent rentrer chez eux que d’attendre car cela leur coûtera bien moins cher. Et comme la police thaïlandaise a annoncé la fermeture de sa frontière au lundi 23 mars – désormais effective – tout le monde s’est rué vers Tak et Myawaddy.

Certes, la température des voyageurs a été prise à l’arrivée mais c’est une mesure tout à fait insuffisante comme l’a prouvé le cas du malade revenant de Grande-Bretagne. Malheureusement, comme le reconnaît U Myint Htwe, le ministre de la Santé et des Sports, « il est impossible de mettre sans risque en quarantaine autant de personne à Myawaddy, nous n’avons pas les équipements pour cela. La seule solution réside dans une quarantaine volontaire une fois de retour chez eux ». Une « solution » qui signifie des centaines de kilomètres dans des bus bondés, des transits dans des gares passantes et enfin de rester dans des maisons souvent petites. Durant le plein de l’épidémie en Chine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que la principale source d’infection et de propagation de la maladie était la contamination au sein de la famille et ensuite la propagation du virus lorsqu’un membre se pensant sain sortait, pour aller faire des courses par exemple… Par ailleurs, quand on voit comment en Europe ou aux Etats-Unis les consignes de distanciation sociale ont été prises par-dessus la jambe par beaucoup d’individus, il est difficile de croire que les Birmans feront mieux que les autres sur ce sujet.

Chloroquine-azithromycin, un cocktail qui soigne

Les autorités se préparent donc à une grosse secousse, et elles ont commencé à réquisitionner des hôtels ou des lieux d’hébergements pour y accueillir les personnes qui devront observer une quarantaine. Le stade couvert de Thein Pyu a par exemple été désinfecté puis équipé de lits et il pourra accueillir jusqu’à 150 personnes en observation si nécessaire. Un exemple parmi beaucoup d’autres puisque désormais partout dans le pays ce genre de centre d’appoint – dans des monastères, des écoles, etc. – se multiplient.

Sur le front médical, une bonne nouvelle toutefois : les divers essais confirment pour l’instant que le cocktail chloroquine-azithromycin permet de soigner certains malades avec succès et rapidement. La posologie est encore à l’étude et l’efficacité de la procédure pas encore totalement certaine mais tous les essais sont encourageants. Le mécanisme par lequel la chloroquine agirait commence même à être compris. Et cerise sur le gâteau, ces deux médicaments (chloroquine et azithromycin) sont bons marchés et en stocks importants car ils sont souvent utilisés dans le traitement du paludisme et de quelques autres maladies tropicales. En revanche, même en acceptant l’idée que le cocktail fonctionne – ce qui est donc toujours en phase d’essai - comme la posologie en est encore incertaine, l’automédication est, là encore plus que dans d’autres cas, à éviter absolument : un citoyen étatsunien qui a voulu se soigner lui-même à la chloroquine par précaution est mort d’en avoir trop pris.

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