Mardi 19 janvier 2021

La reprise de l’école s’accompagne de 37 millions d’euros de l’UE

Par Julia Guinamard | Publié le 26/07/2020 à 23:00 | Mis à jour le 26/07/2020 à 23:00
Photo : La rentrée des lycées le 21 juillet 2020 s'est faite dans le respect des mesures de sécurité anti-covid-19
rentree des classes 2020 en Birmanie

Le 21 juillet 2020, alors qu’un peu moins de 4 000 lycées birmans vivaient enfin une rentrée des classes très différée – en temps normal, elle se fait les premiers jours de juin -, l’Union européenne (UE) a procédé à son troisième versement en soutien au système éducatif birman : 37 millions d’euros, qui arrivent plus tôt que prévu car les instances européennes ont conscience que le gouvernement birman n’a pas trop d’argent en ces temps de crise économique et que donc anticiper le versement, c’est assurément aider l’éducation. Notamment en répondant aux besoins d’investissements liés à la crise du Sars-Cov-2 en facilitant la reprise des cours dans le respect des nouvelles règles sanitaires.

« L’UE est un partenaire de confiance. Son aide permettra que chaque enfant birman puisse accéder au système éducatif après la crise de la Covid-19. En même temps, nous pourrons poursuivre notre réforme et sortir notre nouveau programme scolaire », a déclaré le ministre de l’Éducation, U Myo Thein Gyi. Ce paiement est une étape d’une enveloppe totale de 221 millions d’euros négociée entre l’UE et le gouvernement birman. Le versement avancé est le fruit d’un dialogue entre les deux instances au vu de la situation particulière du moment. « Nous devons nous assurer qu’aucun enfant ne soit mis sur le côté pendant la crise. Le maintien de l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle est la clé pour se remettre de cette situation difficile, pour prévenir et répondre au mieux aux futures pandémies », affirme Kristian Schmidt, ambassadeur de l’UE en Birmanie.

Des classes sans élèves

Et si tout le monde conviendra sans doute que les propos partagés et les priorités affichées conjointement par Bruxelles et Nay Pyi Taw sont souhaitables et louables, la réalité du terrain demeure assez loin du « aucun enfant mis sur le côté pendant la crise ». D’abord dans l’Arakan, où l’affirmation est d’une certaine manière exacte : de nombreux enfants étaient déjà sur le côté avant la crise, et donc celle-ci n’a rien changé pour eux : leurs écoles restent fermées et ils n’ont pas accès à l’éducation.

Mais au-delà des cas des nombreux conflits civils qui privent actuellement des enfants du droit à l’école, d’autres situations existent, moins évidentes mais tout aussi nuisibles :  ainsi à Yangon, dans le quartier d’Ahlone, le lycée d’éducation élémentaire n°2 a fermé à cause de la diminution de son nombre d’élèves : 57 en 2018-2019, 25 en 2019-2020 et seulement dix réinscrits pour cette rentrée. Les élèves inscrits sont contraints de poursuivre leur apprentissage dans une autre école du quartier. Mais la situation des autres lycées d’Ahlone n’est pas meilleure, dans quatre d’entre eux les effectifs sont aussi en baisse. Avec les répercussions économiques de la crise de la Covid-19 sur les ménages, un plus grand nombre d’enfants risquent de devoir aider leur famille, et la tendance pourrait s’accentuer.

De fait, la reprise de l’école est laborieuse : dans les lycées qui ont finalement pu rouvrir à travers le pays, les classes sont adaptées pour limiter la propagation de la Covid-19 : pas plus de 20 élèves par classe, lieux dédiés au lavage des mains, contrôle de la température des élèves, seulement cinq cours par jour au lieu des huit normaux … Les internats et certains lycées privés sont toujours fermés. Pour les écoles primaires et les collèges, la rentrée attendra septembre.

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