La Birmanie achète du riz de crainte d’une crise alimentaire

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 27/04/2020 à 23:00 | Mis à jour le 27/04/2020 à 23:00
Photo : Le riz est l'aliment de base en Birmanie
Le riz est l'aliment de base en Birmanie

Alors que le prix des denrées de base augmente maintenant régulièrement sur les marchés des grandes villes de Birmanie et que les linéaires des supermarchés ont de plus en plus de mal à se remplir – à part dans certaines grandes surfaces du centre de Yangon, les produits frais, dont le lait, ne sont plus renouvelés à l’identique faute de stock - la crise du coronavirus génère le spectre d’une crise alimentaire mondiale avec une grande acuité. Le quatrième rapport du Programme alimentaire mondial (Pam) des Nations-Unies sur la faim dans le monde révèle ainsi que « le nombre de personnes en insécurité alimentaire de niveau 3 ou plus sur 5 niveaux existants [selon le Pam, le niveau 3 correspond à une crise alimentaire, le niveau 4 à une urgence alimentaire et le niveau 5 à une catastrophe alimentaire] s’élève aujourd’hui à 265 millions, contre 135 millions en 2019 ». En 2019, 700 000 Birmans étaient en situation d’insécurité alimentaire de niveau 3 ou plus.

Le patron du Pam David Beasley prédit même une « catastrophe mondiale. La famine menace des dizaines de pays et pour être concret dans dix de ces pays, elle est déjà à l’œuvre puisque nous estimons qu’en tout plus d’un million de personnes vivants dans une de ces dix nations risque de mourir de faim ». Le Pam ne met pas toute la responsabilité de cette situation sur le Covid-19 et le rapport indique clairement que la difficulté de s’alimenter augmente pour certains depuis les quatre dernières années dans environ un tiers des pays du monde, dont la Birmanie, à la fois à cause des guerres civiles, des difficultés économiques et des catastrophes naturelles qui ont largement pavé le chemin de la crise alimentaire que le Sars-nCov-2 amplifie désormais dans bien des endroits. Le rapport mentionne qu’il ne suffit pas de vouloir ou pouvoir acheter de la nourriture pour résoudre les crises alimentaires : il faut pouvoir l’acheminer en bon état à bon port, il faut la payer un juste prix pour l’acheteur et le vendeur : la spéculation ou la compétition entre clients force les pays pauvres à acheter trop cher et réduit alors leurs marges de manœuvres financières pour d’autres dépenses importantes, et dans l’autre sens, certains fermiers ont du détruire leurs récoltes ou tuer leurs bêtes faute de pouvoir vendre leur production ou la stocker, ou nourrir leur bétail…

C’est dans ce cadre fort préoccupant que le gouvernement birman vient de décider de consacrer de l’ordre de 25 millions d’euros pour acquérir 50 000 tonnes de riz et 12 000 tonnes d’huile de consommation, a annoncé le ministre du Commerce U Than Myint. L’objectif est de disposer de réserves d’urgence en cas de crise alimentaire mais aussi de pouvoir mettre sur le marché ces denrées, considérées comme essentielles par les Birmans, afin de contrôler les prix et d’éviter la spéculation. Le ministre a aussi encouragé les organisations d’agriculteurs, de producteurs de riz et d’huile à continuer leurs activités même si les exportations diminuent ou cessent car ils pourront de toute manière trouver des débouchés sur le marché intérieur, estime le dirigeant.

La Birmanie consacre environ 72 000 kilomètres carrés de champs à la culture du riz, pour une récolte de 27 millions de tonnes en 2018-2019, la plus importante des cinq dernières années.

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