Vendredi 24 septembre 2021
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Dans l’Arakan, la population construit ses propres usines de production d'oxygène

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 29/07/2021 à 22:00 | Mis à jour le 29/07/2021 à 22:00
Photo : L'entrée de l'hôpital de Maungdaw
Ambulance et volontaires anti-covid-19 devant l'entrée de l'hôpital de Maungdaw

« Les autorités sont inefficaces. Si le virus devient encore plus contagieux, il y aura encore plus de décès. Donc nous travaillons désormais ensemble pour répondre aux besoins de la population grâce à la coopération de celle-ci », explique dans les médias locaux Hla Myint, président du comité de construction de l'usine d'oxygène de Maungdaw. « Il y a trois religions dans notre ville : le bouddhisme, l'islam et l'hindouisme. Bien que leurs croyances soient différentes, les gens ne peuvent surmonter leurs problèmes que s'ils travaillent ensemble. Et c’est donc ce qu’ils ont accepté de faire ».

Face à l’augmentation spectaculaire du nombre de décès dus à la Covid-19 dans l’état de l’Arakan – officiellement plus de 110 personnes à ce jour mortes de la troisième vague - des groupes de la société civile se sont lancés dans la construction d'usines de production d'oxygène afin de pallier aux défaillances des autorités régionale et nationale. L'usine d'oxygène de Maungdaw devrait être terminée dans 45 jours et permettra de remplir 80 à 120 bouteilles de 40 litres par jour. La qualité et la concentration d’oxygène restent des questions importantes – l’Organisation mondiale de la Santé met en garde là-dessus et rappelle que l'oxygène est dangereux entre les mains de personnes non formées – mais les médecins en activité dans les hôpitaux locaux reconnaissent leur incapacité à prendre en charge tous les patients, la plupart du temps faute d’oxygène, et donc cette production locale sera toujours mieux que rien et pourra sans doute sauver quelques vies, estime un praticien.

20 % des malades de la Covid-19 auront besoin d'oxygène

A l'hôpital de Maungdaw, plus d'une douzaine de patients reçoivent actuellement de l'oxygène et il serait difficile d'accueillir davantage de personnes, déclare ainsi un soignant : « La Covid-19 est une maladie qui nécessite beaucoup d'oxygène s’il y a détresse respiratoire ». Dans toute la Birmanie, la panique et l'inquiétude n'ont fait que croître, donnant lieu à un marché noir extrêmement actif autour de l'oxygène.

Les autorités régionales affirment de leur côté que plus d’une centaine de bouteilles d'oxygène ont été livrées aux hôpitaux de Sittwe, Kyaukphyu et Maungdaw, ainsi qu'à l'hôpital militaire de la commune d'Ann, et que des travaux sont en cours pour produire 60 bouteilles par jour dans la commune de Thandwe.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, dans la situation actuelle des variants existants, il faut s’attendre à ce qu'environ 80 % des patients positifs au Covid-19 souffrent de symptômes légers, la plupart ne nécessitant pas d'hospitalisation, qu’environ 15 % aient besoin d'un apport d'oxygène et que les 5 % restants doivent être branchés à un ventilateur. Une typologie qui tient aussi compte de l’âge et des antécédents médicaux. Les individus les plus à risque sont ainsi ceux de plus de 40 ans. Les plus jeunes auront tendance à ne souffrir que de symptômes légers tels que la perte d'odorat, la fièvre et la toux. Quant à la situation médicale, les personnes atteintes de surpoids, d’hypertension ou d’une forte glycémie sont plus susceptibles de complications importantes allant jusqu’au décès. Malheureusement pour la Birmanie, dont le système et l’éducation médicales sont profondément défaillantes depuis des décennies, nombre de ses habitants souffrent de surpoids, d’hypertension ou d’une forte glycémie.

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