Dimanche 24 octobre 2021
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L’ancien « Premier adjoint » de Nay Pyi Taw accusé de corruption

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 09/08/2021 à 22:00 | Mis à jour le 09/08/2021 à 22:00
Une vue de face d'une succursale de la Nay Pyi Taw Development Bank, en Birmanie

L'ancien président de la Nay Pyi Taw Development Bank et ancien vice-président du Comité de développement de Nay Pyi Taw (l’équivalent du conseil municipal français) a été inculpé de corruption le 5 août 2021. Selon la Commission de lutte contre la corruption (ACC) Ye Min Oo aurait utilisait sa double position de banquier et de « Premier adjoint » de Nay Pyi Taw pour favoriser des sociétés de ses proches dans des travaux sans passer par des appels d’offres encadrés par la loi, il aurait en tant que représentant municipal accepté de payer des services de communication fournis par une entreprise proche de lui pour un prix nettement au-dessus de leur valeur normale et en tout cas « nettement supérieur aux propositions d’autres sociétés qui postulaient », selon la commission.

Il aurait aussi utilisé sa position à la tête d’une banque d’état pour octroyer plusieurs prêts douteux, toujours à des proches. Par exemple, deux personnes liées à lui selon la commission ont pu emprunter 170 millions de kyats (environ 90 000 euros) le 16 mars 2020 sans fournir aucun des documents de garantie obligatoires et donc en dehors de toutes les procédures normales de la banque. Ye Min Oo est également accusé d’être passé en force le 28 septembre 2020 en approuvant un prêt de 4,5 milliards de kyats (de l’ordre de 2,3 millions d’euros) contre l’avis du comité d’évaluation des risques qui conseillait de limiter le montant à 4,25 milliards de kyats. Le bénéficiaire de ce premier prêt en a ensuite reçu un second de 450 millions de kyats, toujours contre l’avis du comité. Selon la commission, tout cet argent est allé à « un de ses proches ». Laquelle commission accuse aussi Ye Min Oo d’avoir donné des contrats de construction à des sociétés qu’il détenait, avec des financements favorisés en provenance de la banque qu’il présidait.

Au final, la liste des accusations est longue et détaillée sur les montants et les procédures… mais très peu sur les bénéficiaires. Une lacune qui affaiblit l’ensemble du réquisitoire. En revanche, les rumeurs, accusations et dénonciations de malversations ou d’abus de pouvoir circulant contre les dirigeants de Nay Pyi Taw sont nombreuses depuis plusieurs années.

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