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Le cirque à l’école pour enfants de réfugiés syriens

Par Raphaëlle TALBOT | Publié le 17/05/2018 à 09:50 | Mis à jour le 20/05/2018 à 17:40
Photo : Raphaëlle TALBOT
cirqueEnCiel, ArcEnCiel, Liban, Beyrouth

Dans une école de Bourj Hammoud, au nord-est de Beyrouth, le cirque est inscrit dans l’emploi du temps. L’ONG Arcenciel s’y déplace deux fois par semaine pour donner des cours à ces élèves défavorisés.
 

Cirque ciel 1

Le lundi, c’est acrobatie dans cette école de Bourj Hammoud grâce à Circenciel. Photo Raphaëlle Talbot

 

Une kermesse a eu lieu ce week-end dans la cour de récréation. Tout n’est pas démonté en ce lundi matin. A 9 heures, la première classe arrive. Les 20 élèves en uniforme se placent sous le petit préau pour pouvoir faire la séance de sport.

« C’est compliqué ici parce que tout est petit et il y a un manque d’infrastructures, il n’y a pas de tapis pour le sport », déplore Catherine, l’animatrice de Cirquenciel. Elle donne un coup de sifflet et le cours peut commencer. Echauffement, étirements, les enfants se placent en cercle et passent par petit groupe au milieu pour montrer leurs figures acrobatiques. Les plus doués font tourner une assiette en plastique sur un bâton en même temps.
 

La thérapie par le cirque

Cirquenciel est une branche de l’ONG Arcenciel qui se développe autour de trois programmes : une école de cirque, une troupe professionnelle et une équipe de soutien psycho-social.

Bourj Hammoud est un quartier défavorisé de la banlieue de Beyrouth. Les loyers sont moins chers que dans le reste de la capitale. C’est pour cette raison que beaucoup de familles réfugiées s’y sont installées. 90% des élèves de l’école sont syriens, comme la plupart des professeurs. Avec la crise syrienne, la population de l’école a augmenté, les classes des 3 à 8 ans comptent jusqu’à 40 élèves.

Cirquenciel se déplace dans six écoles de Beyrouth. Les cours de cirque regroupent filles et garçons. Ils sont un moyen pour les enfants de se défouler et d’exister. « Ils trouvent tous leur place pendant ces cours, on ne veut pas en laisser un de côté », soulignent les animatrices. Ce cours est dispensé deux fois par semaine. Il s’agit de la seule activité extra-scolaire pour ces enfants. Catherine et Sarah sont les deux animatrices déployées sur cette école.

Cette école est privée mais n’est pas chère. L’année coûte près d’un million de livres libanaises, soit 550€ par élève. Le bâtiment accueille 600 élèves de 3 à 14 ans. L’ONG Caritas aide 150 enfants les plus défavorisés, à hauteur de 500€ chacun.

Au fil des mois, Sarah s’est attachée à ses élèves. « Au début de l’année, ils ne voulaient même pas se tenir la main. Maintenant, ils prennent du plaisir ». Si les classes sont mixtes, les garçons et les filles ne se mélangent pas. Pourtant, tous partagent un large sourire. Les doigts se lèvent sans arrêt, ils veulent passer les premiers pour montrer ce qu’ils ont appris au cirque.

 

Cirque en ciel

La classe de grade 3, l’équivalent du CE2, sont les plus jeunes qui participent au cirque à l’école. Photo Raphaëlle Talbot

 

Sarah les note, cela sera leur moyenne de sport de l’année. « La note est divisée en deux : cinq points sur la technique, cinq points sur le comportement », explique la professeure. Elle veut les encourager et auront tous plus de la moyenne.

 

Cirque en ciel

Catherine montre aux jeunes filles comment se tenir pour une portée. Photo Raphaëlle Talbot

 

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Raphaëlle Talbot

Raphaëlle TALBOT

Etudiante en journalisme, originaire du Sud-Ouest et adoptée par Marseille, qui ne manque pas une occasion de découvrir de nouvelles cultures. La rencontre avec le Liban est aujourd'hui son nouveau challenge.
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