Samedi 22 septembre 2018
Beyrouth
Beyrouth
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Ayman Mhanna, une voix pour la liberté de la presse au Liban

Par Aline Lafoy | Publié le 03/08/2018 à 03:22 | Mis à jour le 03/08/2018 à 23:03
ayman skeyes

Le directeur du Centre SKeyes, fondé à l'initiative de la Fondation Samir Kassir, un journaliste et historien libanais assassiné en 2005, dresse pour LPJ Beyrouth un bilan de la liberté de la presse au Liban en 2018.

Ces derniers mois, le Liban a connu une recrudescence des arrestations et des actions en justice contre les citoyens et les journalistes. Dernier d'une longue liste, le journaliste Fida’ Itani a été condamné par coutumace, en l'absence de l'accusé, à quatre mois de prison et une amende pour diffamation à l'encontre du ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil. D'autres poursuites judiciaires ont été menées contre Marcel Ghanem, présentateur télé vedette, pour avoir reçu deux journalistes saoudiens critiques envers les autorités libanaises.

Pour M. Mhanna, ces peines de prisons constituent des outils de pression. Les instruments de pression pour les journalistes sont légion : harcèlement, diffamation, interpellation et condamnation. Les journalistes sont poussés à une forme d'autocensure sur certains thèmes sensibles. "Il existe une ligne à ne pas dépasser […] au sujet du degré d'information" selon le directeur du Centre SKeyes. 

De nombreux médias libanais sont liés aux partis politiques. « La presse libanaise est possédée par des partis et des hommes politiques qui veulent établir une situation sous contrôle. Cela constitue un premier frein à la liberté d'expression des journalistes », selon Ayman Mhanna.

Il pointe également la législation en la matière. Le code pénal libanais considère la diffamation, la calomnie ou encore la diffusion de fausses informations comme des infractions graves. « Les juges sont sensibles au climat politique et statuent de façon à ne pas déplaire aux responsables politiques », explique le directeur de SKeyes. 

Au Liban, les journalistes peuvent être poursuivis devant le tribunal des imprimés, qui les condamne le plus souvent à payer des amendes. Pour M. Mhanna, ce tribunal est « une protection » car « il ne prononce pas de peines de prisons contre les journalistes, contrairement à d’autres instances juridiques ».

Ayman Mhanna refuse de se satisfaire d'une comparaison flatteuse par rapport aux pays voisins. « Ce n'est pas parce que les gens ne sont pas jetés en prison comme en Turquie ou en Egypte, voire assassinés comme en Syrie, que l'on doit accepter les pressions qui existent au Liban".

 

 

Nous vous recommandons

Aline Lafoy

Aline Lafoy

Passionnée de photographie, je souhaite rencontrer toutes les cultures, les langues et les Hommes du monde. Je veux comprendre l'univers qui nous entoure.
0 Commentaire (s)Réagir

Rubriques partenaires

Logo partnaire Logo partnaire

Actualités

RÉTROSPECTIVE

Hezbollah, TSL, Rue Badreddine…l’actu de la semaine au Liban

L’actualité de ces sept derniers jours a été marquée par les menaces de Nasrallah contre Israël, les dernières audiences du procès de l’assassinat de Hariri et les tensions entre le PSP et le CPL.

Vivre à Beyrouth

RÉTROSPECTIVE

Du 16 au 18 septembre 1982, les massacres de Sabra et Chatila

Le 6 juin 1982, Israël envahit le Liban, c’est l'opération "Paix en Galilée" déclenchée officiellement en représailles de la tentative d'assassinat visant l’Ambassadeur israélien à