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RACHANA - Le Liban, pionnier du « land art » au Moyen-Orient

Par Elodie Boitier | Publié le 13/07/2017 à 17:46 | Mis à jour le 15/07/2017 à 21:51
Photo : Rachana historique crédit photo  D.R.
Rachana 5

On connaissait Beyrouth, capitale de l'art contemporain du monde arabe avec la Beirut Art Fair. Il faudra désormais compter avec le Festival de land art[1] de Rachana, le « St-Paul-de-Vence » du Liban.

Village d'artistes et haut-lieu de la sculpture en plein air depuis les années 60 sous la férule des frères Basbous - Michel, Alfred et Youssef - sculpteurs libanais de renommée internationale et pionniers de l'art moderne au Liban, Rachana, situé face à la mer dans un écrin de verdure sur les collines de Batroun, a décidé d'ouvrir une nouvelle page de son histoire en lançant le premier festival de « land art » du Moyen-Orient. L'événement, organisé par la Fondation Rachana, s'est tenu du 1er au 8 juillet dernier sous la supervision de l'artiste britannique Richard Schilling, en partenariat avec l'Institut Français.

 

Des installations éphémères pour certaines, plus pérennes pour d'autres, s'ajoutent désormais aux monumentales sculptures de pierres, de métal et de béton déjà existantes aux abords des espaces publics du village et dans les jardins des résidences de la famille Basbous ouverts aux visiteurs tout au long de l'année. Composées d'assemblage de feuilles, de pierres, de bambous et de branchages, les ?uvres ont été conçues et réalisées par les étudiants en architecture et en arts plastiques des cinq plus grandes universités du Liban.

 

Le festival de « land art » de Rachana, premier du genre au Levant et au Moyen-Orient, présente le mérite de reconnecter la jeunesse libanaise à l'environnement méditerranéen, lui donnant à « voir et à comprendre le lieu à travers la matière », comme l'explique Anachar Basbous, sculpteur de renom et responsable du projet au sein de la fondation. Une initiative à saluer et à poursuivre instamment dans un pays qui subit une crise des déchets sans précédent depuis deux ans avec un impact sanitaire et environnemental catastrophique et où l'écologie reste le parent pauvre des préoccupations publiques.

 

A travers ce festival, Rachana poursuit sa vocation originelle d'allier les arts à la nature. Une initiative qui tombe à point nommé et renoue avec l'âme pionnière des frères Basbous qui, en leur temps, avait érigé leur village natal en musée à ciel ouvert et conviaient des artistes du monde entier, idée avant-gardiste à l'époque pour la « Suisse du Moyen-Orient » qui s'est maintenue jusqu'à la fin des années 90 grâce au symposium annuel de sculpture.

 

Cette fois, en misant sur le « land art, » le « St-Paul-de-Vence libanais » ambitionne de devenir rapidement incontournable sur le plan de la création artistique, tant au niveau régional qu'international, en rassemblant dès l'an prochain des universités méditerranéennes et du monde arabe et en organisant des rencontres artistiques Orient-Occident par le biais de master classes avec de grands maîtres du « land art ».


[1] Le « land art » est une tendance de l'art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.).


 

Elodie Boitier

Elodie Boitier

"Je n'ai pas choisi le Liban c'est le Liban qui m'a choisie et j'en ai pris la flamme... non les cendres"
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