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BREF/BERLIN - Une série humoristique et sans prétention made in French in Berlin

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 juin 2014

Après avoir diffusé en avant première une parodie de la série Bref consacrée aux Français de Berlin au travers de sept personnages volontairement stéréotypés, du Hipster à l'étudiante bobo en passant par la féministe énervée à la Theater Haus Mitte en mai dernier, l'équipe de jeunes français, composée de Guillaume Nomadologic (scénario, musique et personnage de Nomadologic), Mohamed (caméra, montage et personnage de Big Joe, le Kairon de Bref), Margaux (styliste et personnage de l'étudiante), Alex (caméra, photo et personnage de Krasnal), Mélanie (personnage de Boucle d'or), et Cyprien (personnage du Hipster) ont mis en ligne sur Youtube leur réalisation. La vidéo a atteint 3400 vues au bout de trois semaines. Afin d'en savoir un peu plus sur ce projet, Guillaume et Mélanie ont accepté de répondre aux questions du Petit Journal de Berlin.

Comment vous est venue l'idée de créer une série consacrée aux Français de Berlin ?
Guillaume - J'ai eu l'idée de créer cette série en m'inspirant de deux émissions que j'aime bien ; Bref et Karambolage, et comme mon colocataire, Mohamed est photographe et monteur, je lui ai proposé de faire le projet avec moi. Au début, je ne savais pas qu'on irait aussi loin dans le travail et que l'on ferait autant de brefs.

Comment l'équipe s'est-elle constituée ?
Guillaume - Je me suis rendu à l'apéro Blog organisé par Annaïs Bon cheap Bon genre et j'ai proposé le projet aux personnes présentes, que je ne connaissais pas, et c'est la que les filles, Krasnal, Mélanie Boucle d'or et Margaux, ont accepté de participer, elles-aussi, au projet. C'était une bonne période pour réaliser ces Brefs puisque nous étions tous plus ou moins libres et avions donc du temps pour se consacrer au tournage.

Mélanie - Au départ, Guillaume nous a vendu le projet comme un bon délire mais en réalité, il nous a fait une surprise en écrivant plusieurs séries, une pour chaque personnage et en voulant le projeter et le mettre sur Youtube. 

Guillaume - Oui mais au départ, je ne le savais pas non plus que ça allait représenter autant de travail et que ça allait prendre ces proportions. Je ne suis pas du métier, c'était la première fois que je me lançais dans la réalisation d'un film et au final, nous avons tourné 900 séquences vidéo pour 18 minutes de séries. Un travail de titan tant dans l'organisation du tournage que du montage !

Nomadologic et Margaux lors du tournage

Et pourquoi avoir choisi de copier le format de la série Bref, déjà maintes fois reprises ?
Guillaume - Je sais que c'est pas très original mais c'était le format qui s'adaptait le plus à ce que je souhaitais réaliser. Je voulais aborder un certain nombre de thématiques et c'était impossible de les traiter en une seule série. 

Comment la conception des personnages s'est-elle faite? Les scenarii étaient-ils déjà écrits?
Guillaume - Je savais déjà que je voulais me baser sur le format bref mais c'est après avoir « recruté » l'équipe que j'ai écrit tous les épisodes, en une seule fois. Chacun joue en réalité son propre personnage. C'est-à-dire que l'écriture a été inspirée des personnes que j'ai rencontrées. Je savais que je voulais un hipster, intégrer un personnage à la «Kairon » parce que je le trouvais drôle dans le vrai Bref et pour le coup, il n'y avait que Mohamed qui pouvait le jouer (rires). Boucle d'or, c'est Mélanie qui m'a soufflé l'idée de ce personnage. Krasnal, c'est venu après. J'avoue que quand j'ai présenté les personnages aux « acteurs » amateurs, j'avais peur de les vexer mais cela a été très bien pris.

Mélanie - Beaucoup de scènes ont été réalisées à partir de la réalité. Comme, par exemple, la scène du dernier bref où Mohamed vient voir Nomadologic pour lui demander « Alors, tu as écrit Bref ? », « Oui, en fait, j'en ai écrit 6 ! »

Pourquoi avoir choisir de parodier les Français de Berlin et ces clichés en particulier, c'est du vécu ?
Guillaume - Je vis à Berlin depuis 2006 et oui, je pense que ça correspond à une réalité.

Big Joe et Nomadologic

Quels ont été les retours depuis la diffusion ?

Guillaume - On a eu des critiques sévères sur le groupe Facebook les Français de Berlin que l'on a essayé de modérer mais je m'y attendais un peu. C'était le seul groupe qui nous a valu autant de réflexions négatives et sans prendre en compte le fait que nous soyons pour la plupart amateurs et indépendants. Nous avons eu aussi quelques remarques sur le côté « clichés » de Bref, les Français de Berlin mais nous l'assumons clairement. On ne peut pas, dans tous les cas, critiquer et regarder de la même façon un film d'amateurs mise en ligne gratuitement qu'un film réalisé par des professionnels. D'autres m'ont dit qu'ils ne se reconnaissaient pas dans les personnages mais c'est peut être une question de générations ou de sens de l'auto-dérision.

Où se situe la limite entre la réalité et la parodie dans vos séries ?
Guillaume - Il faudrait demander à Nomadologic, c'est lui le philosophe ! (rires)

Mélanie - Il est évident que ce sont nos personnalités qui ont inspiré les personnages, du coup, il y a du vrai et l'idée n'était pas forcément que les spectateurs se reconnaissent dans la série. Guillaume est parti de nos traits de caractère que Guillaume qu'il a exagéré, voire modifié quelque peu pour rendre les personnages comiques.

Guillaume - Il faut voir cette réalisation comme de l'auto-dérision car si les personnages avaient été trop réalistes, cela n'aurait pas été aussi marrant à réaliser et à regarder. Car c'était le but, que ce soit comique. Je pense aussi que le sens de l'auto-dérision n'est pas le même pour tous et que certaines personnes ont pu se sentir viser au travers du personnage de l'artiste Nomadologic ou du Hipster. Et puis, il faut l'avouer, j'aime bien provoquer aussi...

Votre réalisation s'ancre tout de même dans une certaine réalité plus général, êtes vous d'accord ?
Guillaume - Nous avons choisi de le diffuser le week-end des élections européennes parce que oui, au delà des Français, Berlin est devenu un phénomène européen ces dix dernières années notamment au travers de programme comme Erasmus. Et cela conduit de nombreux jeunes à venir s'installer ici et à certains stéréotypes que l'on peut observer tous les jours.

Mélanie - La ville de Berlin a été présentée comme un eldorado pour les jeunes et du coup, elle attire de plus en plus de Français et d'européens, notamment des artistes qui sont finalement noyés dans une masse et qui ne vivent pas réellement de leur art ici. C'est plus facile de travailler et d'exposer à Berlin mais pour vendre, c'est autre chose. Et cela vaut pour bien d'autres domaines.

Vous avez atteint un peu plus de 3000 vues sur Youtube en 3 semaines, êtes vous satisfaits ?
Guillaume - Oui c'est bien mais l'objectif serait d'atteindre les 8.000 vues, par rapport au nombre de Français sur Berlin qui sont estimés à 30.000 personnes. Je pensais que ce serait un peu plus partagé et diffusé mais plus de 3000 vues au bout de trois semaines, c'est pas si mal.

Une suite de prévue ?

Guillaume - Peut-être un dernier Bref, Bref/Berlin reloaded et il y aura peut être une seconde diffusion au Theater Haus Mitte avec des sous-titres en allemand. Après j'aimerais peut être introduire d'autres personnages à partir d'une enquête réalisée auprè de Français de Berlin . A côté des "Brefs", il y a aussi d'autres projets de vidéos, comme le Kino Kabarett, un concours de court-métrage qui se déroule à Friedrichshain et une idée de scénario basée sur le détournement. On verra en fonction du financement et des personnes motivées.

Propos recueillis par Anaïs Gontier (lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 26 juin 2014

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Publié le 25 juin 2014, mis à jour le 26 juin 2014
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