Berlin, la capitale du véganisme ?

Par Emma Voglimacci Stephanopoli | Publié le 15/02/2022 à 14:00 | Mis à jour le 16/02/2022 à 12:45
Photo : © Julia Joppien - Unsplash
Plat vegan

Fausse viande, tofu, steak de pois chiches, lait d’amande, lait de soja ou lait d’avoine, les supermarchés allemands proposent une multitude d’alternatives aux produits d'origine animale. A Berlin, être végan est de moins en moins difficile, la ville est considérée comme l'une des capitales du véganisme.

 

Être végan, c’est quoi ?

Plus poussé que le végétarisme, le véganisme est un mode de vie qui refuse l’exploitation animale. Les végans ne consomment pas de produits d’origine animale, c’est à dire la viande, le lait, les œufs ou même le miel. Cette philosophie n’est pas seulement alimentaire, les végans surveillent l’entièreté de leur consommation, évitant le cuir, les fourrures, les produits cosmétiques avec graisse animale ou encore la laine. Il ne faut toutefois pas faire de généralités, être végan est une initiative personnelle, et chacun a sa manière de l’appliquer de façon plus ou moins radicale.

 

Pour Sophia, jeune allemande de 21 ans, être végane était une évidence. Végétarienne depuis ses 16 ans, elle a décidé il y a un an et demi d’arrêter les produits issus des animaux. « Je suis devenue végane pour les mêmes raisons que j’étais végétarienne. Ces raisons sont écologiques et opposées à la souffrance animale. » Originaire d’un petit village de l’Allgaü près des montagnes, être végétarienne n’a pas toujours été facile. Dans les petites villes et villages, trouver des produits de substitution peut être compliqué, mais pour Sophia, tout s’est simplifié à Berlin...

 

L’Allemagne, leader du véganisme

En Allemagne, être végan ou végétarien est beaucoup plus populaire qu’en France. Statistiquement, la consommation de viande des Allemands est moins importante qu’en France, ils n’en mangent que deux fois par semaine. En moyenne, un Allemand mange 57 kilos de viande par an contre 84,5 pour un Français. Le nombre de végétariens et de végans a doublé en seulement un an, au point qu’ils représentent maintenant 12 % de la population allemande, ce qui est 6 fois plus élevé qu’en France.

Il est plus facile d’être végan à Berlin. Même les plus petits restaurants de rue ont au moins une option végétarienne et la plupart, une option végane.

La ville de Berlin est représentative de ce changement. En tant que capitale, elle concentre les tendances du moment. Selon Sophia, « Il est plus facile d’être végan à Berlin. Même les plus petits restaurants de rue ont au moins une option végétarienne et la plupart, une option végane. » En effet, les restaurants végans ont la côte. On en décompte une cinquantaine installés un peu partout dans les rues de Berlin. « C’est une mode, mais je m’en fiche, tant que je peux trouver ma nourriture végane cela me va » explique Sophia en souriant.

 

Image d'une épicerie végane
© FitNish Media - Unsplash

 

Selon l’institut de sondages Allensbach, 30% des 14-29 ans ne mangent plus de viande. Les végétariens ont des profils à peu près similaires à celui de Sophia, ce sont majoritairement des jeunes femmes, venant de milieux aisés et que l’on retrouve dans les grandes villes.

 

Aujourd’hui, cette philosophie gagne du terrain notamment en politique. Le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’écologiste Cem Özdemir est lui-même végétarien et souhaiterait mettre en place dans les cantines scolaires, la règle d’un seul repas carné par semaine. Une initiative encore impensable il y a une dizaine d’années...

 

 

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Emma Voglimacci Stephanopoli

Étudiante à Sciences Po Lille, elle rejoint l'équipe du Petit Journal de Berlin en février 2022, prête à découvrir la ville, ses habitants et sa communauté d'expatriés francophones !
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Emma Granier

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