Du 3 au 11 octobre, Berlin célèbre ses clubs pour la septième fois. Plus de 110 lieux, collectifs et initiatives, quelque 130 événements et 410 000 euros de dotations : sous le mot d'ordre STAY CORE, la scène club entend montrer qu'elle est toujours là.


Né en 2020 à l'initiative de la Clubcommission Berlin e. V., le Tag der Clubkultur est devenu à la fois un prix, un festival et un rendez-vous de la scène berlinoise. Cette année, 32 clubs et collectifs se partageront des dotations de 5 000 à 20 000 euros selon leur statut, dans trois catégories : Espace & Esthétique, Programmation et Communauté. Le projet est soutenu par la Senatsverwaltung für Kultur und Gesellschaftlichen Zusammenhalt et mis en œuvre avec le Musicboard Berlin. Les lauréats seront annoncés le 3 octobre lors de l'ouverture.
Pendant toute la semaine, des événements auront lieu aux quatre coins de la capitale : clubbing, raves, concerts, performances, expositions, projections, ateliers, tables rondes, visites guidées et émissions de radio. Parmi les participants annoncés figurent notamment le SCHWUZ, Crack Bellmer, Gretchen, Recycle, Sunday School et ACUD. Le tout avec un vaste champ des possibles : les acteurs de tous genres et disciplines peuvent proposer le format de leur choix.
Sous la fête, les tensions
Cette septième édition est placée sous le signe de STAY CORE. Le message est plutôt engagé : alors que les coûts augmentent, que des espaces disparaissent et que la pression sur la scène s'accroît, la Clubcommission revendique une culture club selbstgemacht, eigensinnig, widersprüchlich (faite maison, têtue et contradictoire).
La scène club souffre, ça n'est pas nouveau. Le Watergate a fermé fin 2024, Renate n'est pas passée loin l'an dernier, et l'ensemble des acteurs est confronté à de sérieuses difficultés économiques : selon une étude de la Clubcommission publiée en août, 39 % des clubs et organisateurs interrogés ont bouclé 2025 dans le rouge, contre 21 % en 2017. Dans ce contexte, les prix du Tag der Clubkultur sont-ils un simple pansement ? C'est en tout cas la critique formulée l'an dernier par le magazine berlinois Siegessäule.
D'autres controverses viennent ajouter des remous. Dimitri Hegemann, fondateur du Tresor, et Marcel Weber, à la tête de la Clubcommission, ont récemment critiqué les open-airs gratuits Berlin Beats du Hamburger Bahnhof, estimant que le musée bénéficie d'une culture construite par la scène club sans lui apporter de contrepartie suffisante. Hegemann et Weber ne demandent pas l'arrêt de ces événements, mais qu'un don volontaire du public soit reversé à la scène club.
Et la Clubcommission a notifié cet été son exclusion à la Musikbrauerei, à Prenzlauer Berg, après une décision prise à l'unanimité par son comité directeur. L'association reproche notamment au lieu d'avoir accueilli des événements liés aux milieux Querdenker (complotistes) et à l'extrême droite. L'exploitant du lieu conteste les accusations et dénonce une tentative de censure.
🗓️ Tag der Clubkultur, du 3 au 11 octobre 2026, dans toute la ville.
➔ Programme complet : tagderclubkultur.berlin
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