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Nuit des Idées 2024 à Berlin : "Biotopies. Manières d'être vivant"

Le mardi 11 juin 2024, c’est la Nuit des Idées à l’Institut français de Berlin ! Pour en savoir sur cette soirée à ne pas rater nous avons rencontré Myriam Louviot, organisatrice et cheffe du Bureau du livre, ainsi que deux personnes qui participeront à l’événement : Vipulan Puvaneswaran et Joséphine Auffray.

photo joséphine auffray et fougèrephoto joséphine auffray et fougère
© Joséphine Auffray et collectif reVerb
Écrit par Agnès Blanc-Dubreuil
Publié le 6 juin 2024, mis à jour le 12 juin 2024

Le 11 juin est une soirée ouverte à tous et toutes qui vise avant tout à susciter l’échange et la découverte. Vous pourrez rencontrer de nombreux invités français et allemands, dans les deux langues, durant un événement intense en collaborations entre l'Institut français, le Museum für Naturkunde et le Centre Marc Bloch. Sur le thème “Biotopies. Manières d’être vivant”, les intervenants comme le public sont invités à réfléchir sur nos relations avec le monde du vivant et nos façons de concevoir les autres espèces avec qui nous coexistons. 

 

La question du vivant dans la pensée française

La Nuit des Idées est un projet partagé au sein de tous les Instituts français du monde, mais le choix de la date et du thème est cette année spécifique à Berlin. Myriam Louviot, directrice du projet, explique que le sujet “Biotopies. Manières d’être vivant” a été retenu en raison de la traduction de plusieurs ouvrages importants d’auteurs français, qui sortent en ce moment en allemand. L’occasion donc d’en parler et de chercher à élargir la réflexion lors d’une soirée spéciale qui réunira scientifiques, artistes, penseurs et passionnés. La pensée française sur les thèmes du rapport à la nature, de la conception de notre place en tant qu’humains et que société sera ainsi mise en avant. 

Camille de Toledo est l’invité d’honneur de cette Nuit des Idées. Écrivain et artiste, il a notamment milité pour la personnalisation juridique des écosystèmes, comme avec le Parlement de Loire. Son ouvrage Le fleuve qui voulait écrire (2021, éditions Les liens qui libèrent) transcrit ce combat pour un “soulèvement légal terrestre”. 

 

logo Nuit des Idées
© Institut français d'Allemagne

 

Une soirée pour imaginer un monde différent à partir d’idées et d’expériences concrètes

Alors que l’écologie est souvent associée à l’idée d’une crise, d’un danger, le programme de la Nuit des Idées propose d’aborder ces questions sous un angle beaucoup plus positif. Toutes les interventions vont tenter de parler de solutions plus que de problèmes, pour élargir les horizons de notre réflexion. On peut penser à des utopies, certes, mais aussi à des utopies bien réelles, celles d’un changement en profondeur auquel nous avons tous le pouvoir de contribuer. 

Le programme comprend plusieurs discussions avec des militants écologistes, des conférences de scientifiques, des concerts, des projections de films, des performances artistiques… La diversité des invités permet d’aborder une même question sous plusieurs angles différents - en combinant le théorique et le pratique, l’utopie et le réel, le factuel et l’artistique, on s’autorise à penser plus loin. 

La soirée sera aussi une occasion d’échanger entre participants et de discuter avec les invités grâce à une “bibliothèque vivante” où vous pourrez “emprunter” une personne ayant une expertise dans un domaine. Ce format de discussion original permet de rencontrer quelqu’un en tête à tête et de lui poser toutes vos questions.

 

“L’idée était d’avoir des approches intellectuelles, scientifiques très concrètes dans le quotidien et de mettre tous ces gens ensemble autour de ces questions pour voir ce qu’on peut faire pour changer notre rapport à la nature”. Myriam Louviot, directrice du projet

Rencontre avec deux participants : Joséphine Auffray et Vipulan Puvaneswaran

Joséphine Auffray est danseuse-performeuse et chorégraphe installée à Berlin depuis 2018. En collaboration avec le collectif d’artistes reVerb, composé de Susanne Vincenz, Isabel Robson et Mareike Trillhaas, elle présentera durant la soirée une performance artistique en cours d’élaboration. Mélange de réalité augmentée, musique et danse, Choreographic plant room est une expérience immersive auquelle les spectateurs pourront assister en portant des lunettes de réalité augmentée. Dans ce monde rendu visible par la technologie, apparaissent des fougères qui ont été replantées ici, après avoir été scannées à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande. L’interaction entre ces plantes sous forme de modèles 3D et la performance de danse, dans un local technique au décor futuriste, engage le public et suscite des questionnements. Quels récits évoquent ces
instantanés botaniques 3D importés ? Les mouvements de la danseuse s’entrecroisent avec ceux des plantes, se confondant les uns avec les autres. Quel lien se crée alors entre les corps réels et numériques ?

Avec cette performance, l’art devient un espace de réflexion. Joséphine et le collectif cherchent à aborder des thématiques actuelles (l’environnement, notre rapport à celui-ci, le rôle de la technologie, les espaces qui nous entourent) en créant en même temps une expérience à vivre. On pourra porter les lunettes et se déplacer dans la salle durant la pièce, et même ne pas en porter : des façons différentes de se confronter à la performance. L’immersion dans cette atmosphère unique sera complétée par à la fois de la musique live composée par Mareike Trillhaas généreant des sons organiques et techniques, ainsi que des sons pré-enregistrés provenant d’écouteurs.

"Si je devais poser un mot sur le travail de chorégraphie et performance dans Choregraphic plant room, ça serait : la liminalité, un entre monde.” Joséphine Auffray

Choreographic plant room sera à voir lors de quatre représentations (de 20 minutes) au cours de la soirée dans la galerie Alice Guy. 

 

joséphine auffray
© Joséphine Auffray  et collectif reVerb 

 

Vipulan Puvaneswaran est militant écologiste. Il a notamment participé au film “Animal” de Cyril Dion (2021) et vient tout juste de co-écrire un ouvrage intitulé Autonomies animales. Ouvrir des fronts de lutte interespèces. Il se rend à Berlin pour participer à une discussion avec deux autres jeunes activistes, Kira Geadah et Pit Terjung, sur le sujet : “Partir des enjeux environnementaux pour repenser la démocratie”.

Dans son récent livre, Vipulan interroge les liens entre la question animale et d’autres combats plus sociaux, liés à notre économie capitaliste, l’antiracisme, le féminisme. Ce croisement des thèmes permet de réaliser l’histoire et les enjeux communs entre des luttes souvent plus cloisonnées. Nous savons aujourd’hui que notre rapport aux animaux est marqué par l’exploitation, l’industrialisation de l’élevage, et leur considération comme des produits de consommation. Le mouvement autour du véganisme a participé à remettre en question ces systèmes. Plus largement, c’est tout un imaginaire qu’il faut reconstruire, et se servir de ce combat dans d’autres luttes qui y sont justement liées. Vipulan détaille :  “on s’est intéressé à comment on peut avoir des pratiques de cohabitation avec les animaux qui intègrent les considérations environnementales. (...) Il y a une réflexion sur la question de pratiques agricoles où il y a une cohabitation avec les animaux, ce que nous appelons le compagnonnage”. 

 

 

La table-ronde autour des questions de renouvellement de la démocratie, durant la Nuit des Idées, réunira trois jeunes activistes du mouvement pour l’écologie. Cette place importante accordée à la parole de la jeunesse paraît fondamentale à Myriam Louviot : ce sont des enjeux qui concernent beaucoup les jeunes et qui sont en grande partie portés par eux, bien que la pensée écologique en soi ne date pas d’hier. Vipulan souhaite, lui, pousser plus loin la réflexion autour de ses questions. Il souligne que parler d’un essoufflement global de la démocratie n’a pas vraiment de sens : “pour moi, il faut dire précisément de quel système politique on parle. Est-ce qu’on parle des démocraties libérales à élections représentatives, ou de systèmes politiques qui vont plus loin que ça. (...) Par exemple, moi je suis très intéressé par le municipalisme libertaire, théorisé par Murray Bookchin, qui propose d’organiser à l’échelle locale tout ce qu’on peut”. La discussion promet d’être particulièrement intéressante ; elle aura lieu mardi 11 juin à 19h30 dans la salle Boris Vian de l'Institut français de Berlin. 

Vous trouverez sur ce lien tout le programme de la Nuit des Idées 2024 à l’Institut français de Berlin (Kurfürstendamm 211), le mardi 11 juin 2024. L’entrée est gratuite et une offre de restauration végétarienne et végane sera proposée. 

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