Édition internationale

5 universités espagnoles dans le top 100 européen : l’attractivité… sans la recherche

Malgré un fort rayonnement international et une bonne réputation auprès des employeurs, les universités espagnoles peinent encore à rivaliser sur le terrain de la recherche, selon le classement QS Europe 2026.

intérieur de l'université de Barceloneintérieur de l'université de Barcelone
@Universitat de Barcelona
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 28 janvier 2026

Belle vitrine, fondations fragiles. L’enseignement supérieur espagnol continue de bien figurer à l’échelle européenne : selon le classement QS World University Rankings: Europe 2026, publié par le cabinet britannique Quacquarelli Symonds, cinq universités espagnoles se classent parmi les 100 meilleures d’Europe, confirmant l’attractivité du pays auprès des étudiants internationaux. Reste un angle mort tenace : la recherche, entravée par un sous-financement chronique.

 

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Catalogne et Madrid, toujours en tête du paysage universitaire espagnol

 

 

Sans éclat, mais sans surprise, la Catalogne et Madrid tiennent le haut du tableau. En tête côté espagnol, la Universitat de Barcelona s’installe à la 60ᵉ place européenne. Dans son sillage, la Universitat Autònoma de Barcelona (68ᵉ), puis la Universidad Autónoma de Madrid (71ᵉ) et la Universidad Complutense de Madrid (78ᵉ). La Universitat Pompeu Fabra referme de justesse la porte du top 100, à la 99ᵉ place. À l’inverse, la Universidad de Navarra, longtemps seule représentante du privé dans ce cercle restreint, glisse hors du top 100 et recule au 101ᵉ rang.

 

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Une présence massive, une dynamique fragile

Au total, 62 universités espagnoles figurent dans ce classement européen, qui passe au crible 958 établissements répartis dans 42 pays. Une présence qui place l’Espagne au cinquième rang des pays les plus représentés, derrière le Royaume-Uni, la Turquie, l’Allemagne et la France. Dix-sept universités se hissent même dans le top 200, dont la Universidad de Granada, en nette progression, ou la Universitat Politècnica de València.

Reste que cette visibilité ne dit pas tout. Près de 41 % des universités espagnoles reculent dans le classement, un taux de repli parmi les plus élevés d’Europe, qui égratigne l’image d’un système en pleine ascension. Voyons cela de plus près. 


 

À l’international, l’Espagne marque des points

Là où l’Espagne excelle, c’est sur le terrain de l’internationalisation. Dix universités figurent parmi les 50 meilleures d’Europe pour les échanges étudiants, un record sur le continent. Certaines, comme IE University, montent même sur le podium européen pour la part d’étudiants internationaux.

 

 

Autre point fort : la réputation auprès des employeurs. Six universités espagnoles se classent parmi les 50 premières sur ce critère, signe d’une formation perçue comme pragmatique et bien alignée sur les attentes du marché du travail, un capital symbolique que peu de pays parviennent à convertir aussi efficacement.

 

Le talon d’Achille : la recherche

En revanche, la recherche reste le grand point faible du système universitaire espagnol. Aucune université espagnole n’apparaît dans le top 50 européen, ni pour l’impact scientifique — mesuré par les citations par article — ni pour le volume de publications par professeur. Seule la Universitat Ramon Llull parvient à se maintenir dans le top 100 sur ces indicateurs.

Pour Ben Sowter, vice-président senior de QS, le constat est sans détour : « L’Espagne bénéficie d’une excellente réputation académique et d’un fort profil international, mais cela ne s’accompagne pas encore d’une performance équivalente en recherche. »

En cause, principalement, le manque de moyens. Malgré l’adoption, en 2023, de la Loi organique du système universitaire (LOSU), qui fixe l’objectif de porter l’effort public à 1 % du PIB d’ici 2030, l’Espagne reste aujourd’hui cantonnée à environ 0,7 %, bien en deçà de la moyenne européenne, établie autour de 1,2 %. Conséquence directe : des projets de recherche bridés, une relève académique en tension et un renouvellement des équipes qui a du mal à suivre.

 

Séduire ne suffit pas

Pour les étudiants internationaux, et notamment les Français installés en Espagne, le signal reste favorable : campus ouverts, forte employabilité, qualité de vie enviable. Mais pour espérer jouer durablement dans la cour des grandes universités mondiales, l’attractivité ne suffira pas. Sans un investissement massif et durable dans la recherche, l’Espagne risque de rester une destination prisée… sans jamais devenir une puissance académique de premier plan.


 

Top 10 des universités européennes selon le QS World University Rankings: Europe 2026

- University of Oxford (Royaume-Uni) — n° 1 en Europe
 

- ETH Zurich (Suisse) — n° 2


=3. Imperial College London (Royaume-Uni) — ex-æquo n° 3
=3. University College London (Royaume-Uni) — ex-æquo n° 3

 

- University of Cambridge (Royaume-Uni) — n° 5
 

- University of Edinburgh (Royaume-Uni) — n° 6
 

- King’s College London (Royaume-Uni) — n° 7
 

- Paris Sciences et Lettres – PSL (France) — n° 8
 

- Technical University of Munich (Allemagne) — n° 9
 

- École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) — n° 10

 

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