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Ces régions d’Espagne où près de 4 foyers sur 10 ne compteraient qu’une personne en 2041

En 2041, près de quatre foyers sur dix pourraient ne compter qu'une seule personne dans certaines régions d'Espagne. Ailleurs, la proportion serait bien plus faible. Les dernières projections de l'INE dessinent un pays plus peuplé, plus âgé, mais aussi profondément transformé dans sa manière d'habiter le territoire.

Une femme vue de dos sur un balcon, face au panorama urbain de Barcelone, en Espagne.Une femme vue de dos sur un balcon, face au panorama urbain de Barcelone, en Espagne.
@Lisha Riabinina / Unsplash.
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 22 octobre 2026

En Castille-et-León, 39,2 % des ménages pourraient être composés d'une seule personne en 2041. Dans les Asturies, cette proportion atteindrait 37,7 %, contre 25,9 % aux Baléares. Plus de treize points d'écart entre ces deux régions.

Publiées le 17 juin 2026, ces projections de l'Institut national de la statistique espagnol (INE) révèlent une tendance de fond : les ménages deviendraient plus petits, mais cette évolution serait loin d'être uniforme sur le territoire.

D'ici quinze ans, l'Espagne pourrait gagner plus de quatre millions d'habitants, tandis que quatre communautés autonomes verraient leur population diminuer. Pourtant, le nombre de ménages augmenterait partout, y compris dans les régions en recul démographique.

Ce paradoxe pourrait modifier les besoins en logements, en services publics et en accompagnement des personnes âgées.

 

En 2041, les ménages d'une personne deviendraient les plus nombreux en Espagne

Selon l'INE, l'Espagne compterait 21,94 millions de ménages en 2041, contre 19,76 millions en 2026, soit près de 2,2 millions de foyers supplémentaires en quinze ans.

La progression serait particulièrement forte pour les ménages d'une personne : leur nombre passerait de 5,62 à 6,72 millions, une hausse de 19,6 %.

Ils représenteraient alors 30,6 % des ménages espagnols, contre 28,4 % en 2026. Ils deviendraient ainsi, de justesse, la catégorie la plus fréquente, devant les foyers de deux personnes (30,5 %). Les ménages de trois personnes représenteraient 18,5 % du total, ceux de quatre personnes ou plus, 20,4 %.

Dans le même temps, la taille moyenne des ménages diminuerait légèrement, passant de 2,49 personnes en 2026 à 2,43 en 2041. Une distinction importante : 30,6 % de ménages d'une personne ne signifie pas que 30,6 % des habitants vivraient seuls. En réalité, les personnes vivant seules représenteraient 12,5 % de la population espagnole en 2041, contre 11,3 % en 2026.

 

Voici à quoi ressemblera l’Espagne en 2041

 

Castille-et-León, Asturies, Pays basque : le classement des régions où l'on vivrait le plus souvent seul en Espagne

C'est à l'échelle des communautés autonomes que les écarts deviennent les plus frappants. La Castille-et-León conserverait la première place, avec près de quatre ménages sur dix composés d'une seule personne. Les Asturies et le Pays basque suivraient de près. À l'inverse, les Baléares, Madrid et la Catalogne afficheraient les proportions les plus faibles.

Voici le classement des 17 communautés autonomes, établi à partir des projections officielles de l'INE.

Région2026Projection 2041
Castille-et-León35,5 %39,2 %
Asturies34,3 %37,7 %
Pays basque31,7 %36,7 %
Estrémadure31,7 %36,1 %
La Rioja32,3 %35,5 %
Aragon31,1 %35,1 %
Cantabrie31,1 %34,5 %
Galice31,1 %34,5 %
Navarre29,2 %32,3 %
Castille-La Manche28,9 %31,4 %
Andalousie27,3 %30,7 %
Communauté valencienne28,5 %29,7 %
Canaries27,5 %28,9 %
Murcie24,3 %27,6 %
Catalogne26,6 %27,5 %
Madrid26,0 %26,8 %
Baléares25,8 %25,9 %
Espagne28,4 %30,6 %

Source : INE, Proyección de hogares 2026-2041, publiée le 17 juin 2026. Part des ménages d'une personne dans l'ensemble des ménages de chaque territoire. Les villes autonomes de Ceuta et Melilla ne figurent pas dans ce classement des communautés autonomes.

Le Pays basque se distingue par l'ampleur de la progression : la part des ménages d'une personne y augmenterait de cinq points entre 2026 et 2041, davantage que dans toute autre communauté autonome.

À l'inverse, elle resterait presque stable aux Baléares (+0,1 point) et progresserait beaucoup plus lentement en Catalogne (+0,9 point) ou dans la Communauté valencienne (+1,2 point).

Ces différences sont importantes. Mais elles ne signifient pas que les régions comptant le plus de personnes seules seraient automatiquement celles dont la population vieillirait le plus rapidement.

 

Vieillissement en Espagne : en Galice, plus d’un habitant sur trois aurait 65 ans ou plus en 2041

Cette transformation des ménages accompagne un autre mouvement de fond : le vieillissement de la population espagnole. Selon l'INE, les personnes âgées de 65 ans ou plus représentent 21,1 % de la population en 2026. Leur poids démographique continuerait d'augmenter dans les décennies à venir.

Les contrastes régionaux sont déjà marqués. Les Asturies, la Castille-et-León et la Galice figurent parmi les territoires où la proportion de personnes âgées est la plus élevée.

En Galice, par exemple, la part des 65 ans ou plus passerait de 27,2 % en 2026 à 34,2 % en 2041, selon les projections de l'INE reprises par le quotidien régional Galiciae.

Mais les ménages d'une personne ne se résument pas aux retraités. On y trouve également des jeunes actifs, des étudiants, des personnes séparées ou divorcées, ou simplement des habitants qui choisissent de vivre seuls.

Et vivre seul n'est pas nécessairement synonyme de solitude ou d'isolement social. La situation d'une personne disposant d'un entourage proche n'est pas comparable à celle d'un habitant âgé, dépendant et éloigné des services essentiels. Le vieillissement contribue donc à transformer la composition des foyers, sans expliquer à lui seul l'ensemble de cette évolution.

 

Valence, Madrid, Baléares : les régions qui gagneraient le plus d'habitants

Une deuxième étude de l'INE, également publiée le 17 juin, permet d'élargir la perspective. Selon ses projections, l'Espagne gagnerait 4,25 millions d'habitants entre 2026 et 2041, pour atteindre 53,84 millions de résidents.

Mais cette croissance serait très inégalement répartie. La Communauté valencienne enregistrerait la plus forte hausse relative, avec 16,4 % d'habitants supplémentaires. Les Baléares suivraient (+16,2 %), devant Madrid (+14,4 %) et la Catalogne (+12,2 %).

À l'inverse, quatre communautés autonomes perdraient des habitants : l'Estrémadure (-4,5 %), les Asturies (-1,6 %), la Castille-et-León (-1,0 %) et la Galice (-0,5 %).

Le contraste est saisissant entre certaines régions méditerranéennes en forte croissance et une partie du nord-ouest espagnol confrontée au recul démographique.

Mais une région qui gagne des habitants ne rajeunit pas nécessairement. L'arrivée de nouveaux résidents, les naissances, les décès et le vieillissement des générations déjà présentes agissent simultanément sur sa population.

Il faut donc distinguer deux questions : où l'Espagne gagnerait-elle des habitants ? Et comment la structure de sa population et de ses ménages évoluerait-elle ? Les réponses ne se superposent pas toujours.

 

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Moins d'habitants, mais davantage de foyers : le paradoxe de 2041

C'est sans doute l'un des résultats les plus surprenants des projections. Le nombre de ménages augmenterait dans toutes les communautés autonomes, y compris celles où la population diminuerait.

En Castille-et-León, la population reculerait de 1,0 % entre 2026 et 2041. Pourtant, le nombre de ménages passerait de 1,07 à 1,11 million, soit une hausse de 3,9 %.

En Estrémadure, le contraste serait encore plus net : 4,5 % d'habitants en moins, mais 3,2 % de ménages supplémentaires.

Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement parce qu'une population peut se répartir dans davantage de logements occupés lorsque la taille moyenne des ménages diminue.

L'augmentation du nombre de personnes vivant seules, tout comme celle des petits foyers, modifie ainsi le rapport entre population et besoins résidentiels. À l'échelle nationale, les quelque 2,2 millions de ménages supplémentaires projetés par l'INE posent une question majeure pour le logement.

Cela ne signifie pas qu'il faudra construire exactement 2,2 millions d'habitations neuves. Les besoins dépendront aussi du parc existant, des logements vacants, de leur localisation et des possibilités de réutilisation ou de transformation.

Mais le nombre d'habitants ne suffit plus, à lui seul, à mesurer les besoins en logements d'un territoire. Une région peut perdre de la population et avoir malgré tout besoin d'adapter ou de renouveler son parc résidentiel.

 

Logement, santé, services publics : à quoi devra s'adapter l'Espagne ?

Ces changements pourraient peser sur des domaines très concrets. Dans les territoires où les ménages d'une personne deviendraient particulièrement nombreux, la question des logements adaptés et accessibles pourrait gagner en importance.

Là où le vieillissement serait plus marqué, d'autres enjeux se poseraient : maintien à domicile, accès aux soins, transports, services de proximité ou accompagnement des personnes dépendantes.

Les défis ne seraient pas identiques dans une commune rurale de Castille-et-León, où la population pourrait diminuer, et dans une métropole méditerranéenne qui continuerait d'accueillir de nouveaux habitants.

La croissance démographique de Valence, Madrid ou Barcelone pourrait renforcer les besoins en logements et en équipements collectifs. Dans certains territoires moins peuplés, l'enjeu pourrait être de préserver des services accessibles malgré la dispersion des habitants.

Il s'agit toutefois de conséquences possibles, non de résultats directement mesurés par l'INE. Les projections décrivent des évolutions démographiques. Elles ne déterminent ni les politiques publiques qui seront adoptées ni les choix de vie des générations futures.

 

En 2041, l’immigration serait le seul moteur de la croissance démographique

L'évolution démographique de l'Espagne dépendra aussi largement des migrations. Dans son scénario central, l'INE prévoit davantage de décès que de naissances pendant toute la période étudiée. La croissance de la population espagnole serait donc entièrement portée, à l'échelle nationale, par un solde migratoire international positif.

Ces mouvements pourraient modifier le poids démographique des régions et leur structure par âge, sans faire disparaître automatiquement le vieillissement.

Surtout, les chiffres présentés pour 2041 ne sont pas des certitudes. L'INE rappelle que ses projections reposent sur des hypothèses concernant la natalité, la mortalité et les migrations. Leur objectif n'est pas de prédire exactement l'avenir, mais de montrer ce qui pourrait se produire si certaines tendances se prolongeaient.

Les résultats peuvent donc évoluer avec les comportements démographiques et les politiques publiques. Une chose ressort néanmoins de ces simulations : l'Espagne de 2041 pourrait être à la fois plus peuplée, plus âgée et composée de ménages plus petits.

Avec des situations très différentes selon les régions. Près de quatre ménages sur dix pourraient ne compter qu'une personne en Castille-et-León, contre environ un sur quatre aux Baléares.

Derrière ces pourcentages se dessine une transformation profonde : celle d'un pays dont les besoins pourraient évoluer autant sous l'effet de la composition des foyers que de la croissance de sa population.

 

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