Courses, logement, énergie, carburants, transports, télécoms… En 2026, plusieurs dépenses du quotidien évoluent en Espagne. Hausse des prix, aides prolongées, ajustements fiscaux : le point clair et pratique sur ce qui va changer pour votre budget.


Après le pic inflationniste, l’Espagne entre en 2026 avec des indicateurs macroéconomiques plus sages. Sur le papier, la pression se relâche. Dans la vraie vie, beaucoup moins. Pour les ménages, le sentiment d’un coût de la vie élevé reste bien présent. Certes, les prix augmentent moins vite, mais ils continuent de grimper, portés par des dépenses contraintes — logement, alimentation, énergie — tandis que certaines aides publiques sont prolongées sans toujours compenser. Passage en revue de ce qui, en 2026, alourdira encore votre budget… et de ce qui viendra, à la marge, l’alléger.
Économie espagnole en 2026 : à quoi s’attendre vraiment ?
Panier de courses en Espagne : l’inflation baisse, la note reste salée
L’inflation alimentaire a certes perdu en intensité par rapport à 2023, mais le panier de courses reste sous pression. La fin des coups de pouce fiscaux sur les produits de base continue de peser, tandis que des facteurs plus profonds maintiennent les prix à flot.
Les œufs concentrent l’attention, avec une hausse d’environ 30 % sur un an, mais ils sont loin d’être un cas isolé. La viande bovine, le café, le chocolat, les fruits frais ou encore certains produits laitiers ont, eux aussi, nettement augmenté. À l’origine de ces hausses : des crises sanitaires à répétition, des aléas climatiques et des tensions durables sur les marchés agricoles.
En 2026, aucune décrue franche ne se profile : remplir son panier restera un exercice coûteux, avec des prix installés à des niveaux élevés.
Carburants : des prix stables… pour l’instant
Les cours du pétrole restent contenus, avec un baril oscillant autour de 60–70 dollars. Un calme trompeur, toutefois. Car à la pompe, la facture pourrait bien s’alourdir pour une partie des automobilistes.
En cause : l’alignement annoncé de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence, exigé par Bruxelles. Une réforme attendue en 2026, qui pourrait ajouter entre 7 et 10 centimes par litre. Un ajustement fiscal dont les effets seront très concrets pour les millions de conducteurs encore dépendants du gazole.
Électricité et gaz : moins cher sur le papier, pas toujours sur la note
Côté électricité, le tableau reste contrasté. Les marchés de gros misent sur une baisse du prix de l’énergie, avec un coût moyen attendu autour de 56 à 57 euros par mégawattheure en 2026, contre plus de 64 euros à la fin de 2025.
Une détente relative, car en partie absorbée par des ajustements réglementaires : les péages d’accès au réseau augmenteront de 0,5 %, tandis que les charges du système électrique seront également revues à la hausse. Résultat, selon les contrats et les fournisseurs, la facture pourrait légèrement reculer… ou simplement se stabiliser, notamment sur le marché libre.
Pour le gaz, les prix de marché restent orientés à la baisse, grâce à une offre abondante. Mais là encore, les composantes fixes pèsent : les péages d’accès au réseau progresseront d’environ 11 %, ce qui se traduira par une quinzaine d’euros supplémentaires par an pour certains foyers.
À noter toutefois que les réductions du bono social énergétique sont maintenues tout au long de l’année pour les ménages vulnérables et sévèrement vulnérables.
Téléphonie et internet : nouvelles hausses chez les grands opérateurs
En 2026, les principales entreprises de télécommunications poursuivent leur politique d’ajustement tarifaire. Les hausses annoncées se situent en moyenne entre 3 % et 4 %, soit un à cinq euros de plus par mois, selon les offres. Les opérateurs à bas coût, eux, continuent de miser sur des tarifs stables, renforçant la segmentation du marché entre offres premium et alternatives économiques.
Logement : la facture lourde et durable
Le logement demeure le principal point noir du pouvoir d’achat. Les prix poursuivent leur ascension, tirés par un déséquilibre structurel entre une offre insuffisante et une demande toujours soutenue.
À l’achat, les professionnels du secteur tablent sur des hausses comprises entre 5 % et 10 %, selon les territoires. Côté location, la tendance est tout aussi orientée à la hausse, avec des loyers qui pourraient progresser d’environ 7 % en moyenne.
À cette dynamique déjà tendue s’ajoute un élément clé en 2026 : la révision des contrats signés en 2020, à l’issue de la période exceptionnelle liée à la pandémie. Plus de 600.000 baux sont concernés, avec des réajustements potentiellement importants vers les niveaux actuels du marché — et, pour certains ménages, un choc budgétaire difficile à absorber…
Flambée des loyers en Espagne : +10,3 % en un an
Sur la route comme dans les airs, les prix grimpent
Les tarifs aéroportuaires augmenteront de plus de 6 % à partir du 1er mars, un surcoût que les compagnies aériennes devraient répercuter sur le prix des billets.
Les autoroutes à péage verront aussi leurs tarifs progresser, avec des hausses qui resteront supérieures à l’inflation, comme les années précédentes.
Transport public : des aides prolongées
À rebours de cette tendance générale, le transport public bénéficie d’un maintien des aides de l’État.
Un abonnement unique à 60 euros par mois — 30 euros pour les moins de 26 ans — permet de voyager de façon illimitée sur les bus interurbains relevant de l’État, ainsi que sur les trains de Cercanías et de media distancia.
Les métros et réseaux urbains, en revanche, restent à la main des communautés autonomes et des municipalités, libres de prolonger — ou non — les réductions actuellement en vigueur.
Transport en Espagne : un abonnement unique à 60 € par mois dès janvier 2026
Timbres, assurances : l’inflation à bas bruit
Les hausses se nichent aussi dans les dépenses plus discrètes du quotidien. Le timbre pour une lettre nationale grimpe désormais à 0,96 euro, soit une augmentation proche de 8 %.
Du côté des assurances santé privées, la tendance est aussi à la hausse : selon les profils et les contrats, les augmentations attendues oscillent entre 6 % et 10 %, prolongeant un mouvement engagé depuis plusieurs années.
Revenus : l’ajustement sans euphorie
Quelques revalorisations viennent néanmoins amortir, à la marge, l’effet de ces hausses.
Les pensions contributives progresseront de 2,7 %, avec des augmentations plus marquées pour les pensions minimales et les prestations non contributives.
Les salaires publics bénéficieront d’une revalorisation de 1,5 % en 2026, à laquelle pourrait s’ajouter un mécanisme complémentaire indexé sur l’évolution de l’inflation.
Quant au SMIC, une hausse d’environ 3 % est envisagée, sans qu’aucune décision définitive n’ait encore été arrêtée à ce stade.
Emploi et chômage en Espagne : ce que disent les (bons) chiffres de 2025
En 2026, l’Espagne respire un peu… sans desserrer l’étau
L’inflation ralentit, la croissance tient bon, et l’économie espagnole poursuit sa route. Sur le papier, les voyants sont au vert. Dans les foyers, beaucoup moins. Le coût de la vie reste solidement installé à des niveaux élevés, fruit de hausses successives accumulées depuis la crise sanitaire.
En 2026, les prix augmenteront moins vite, certes. Mais ils continuent d’augmenter. Et pour nombre de ménages, les aides et revalorisations, ciblées et partielles, peinent encore à desserrer l’étau.
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