Édition internationale

À la Sagrada Família, près de 2000 fidèles réunis pour une messe en français

Près de 2.000 fidèles ont assisté, samedi 3 octobre, à une messe francophone dans la Sagrada Família de Barcelone. Présidée par le cardinal Joan Josep Omella, la célébration a réuni des représentants de 17 communautés catholiques francophones du monde entier, avec une volonté affichée : affirmer leur ancrage dans la ville autant que leur langue commune.

Les Journées pastorales des Communautés catholiques francophones ont réuni à Barcelone 17 communautés venues de différents pays autour du thème « Bâtir une communauté ».Les Journées pastorales des Communautés catholiques francophones ont réuni à Barcelone 17 communautés venues de différents pays autour du thème « Bâtir une communauté ».
@Nicolas Marty, DR. / Les Journées pastorales des Communautés catholiques francophones ont réuni à Barcelone 17 communautés venues de différents pays autour du thème « Bâtir une communauté ».
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 5 octobre 2026, mis à jour le 6 octobre 2026

Ils en espéraient 1.500. Près de 2.000 personnes ont finalement pris place, samedi après-midi, sous les voûtes de la Sagrada Família. Français de Barcelone, familles, étudiants, jeunes actifs, mais aussi représentants de communautés catholiques francophones venues de différents pays : organisée à l’occasion du centenaire de la mort d’Antoni Gaudí, la messe a dépassé l’objectif fixé par la communauté catholique francophone de Barcelone.

« En voyant cette foule, j’ai ressenti une grande joie », nous confie le père Patrick Portier, aumônier de la communauté. Sans stress particulier, assure-t-il : « Nous avions une équipe qui s’était réparti le travail. »

 

fideles francophones dans la sagrada familia
@Nicolas Marty, DR.

 

Une messe en français, mais profondément barcelonaise

Derrière le caractère spectaculaire du lieu, les organisateurs avaient une idée précise. Pour le centenaire de la mort de Gaudí, il s’agissait de « marquer [leur] attachement à ce diocèse qui [les] accueille », explique père Patrick Portier.

 

scouts français
@Nicolas Marty, DR.

 

La présence du cardinal Joan Josep Omella, archevêque de Barcelone, venu présider la messe, prenait dès lors une importance particulière. « Elle nous rappelait qu’il est notre évêque. Notre communauté dépend directement de lui. Nous avons un statut qui nous enracine en Catalogne », souligne le prêtre.

Un détail l’a illustré pendant la célébration : une intention de prière a été prononcée en catalan par un Français. Un geste relevé par le cardinal lui-même, rapporte Aurélien Noisette, jeune professionnel engagé dans l’organisation. L’usage du français ne signifie donc pas vivre à l’écart de la société locale. « Tous les paroissiens parlent castillan et la plupart des enfants le catalan », insiste Patrick Portier.

Une façon de prolonger le message qu’il défendait déjà avant l’événement : la communauté francophone ne doit pas fonctionner en vase clos, mais trouver sa place dans la ville où elle vit.

 

voutes de la sagrada familia
@Nicolas Marty, DR.

 

Dix-sept communautés francophones réunies à Barcelone

La messe était aussi l’un des temps forts des Journées pastorales des Communautés catholiques francophones dans le monde, organisées cette année à Barcelone autour d’un thème : « Bâtir une communauté ». 17 communautés étaient représentées, celle de Barcelone comprise. Français, Belges, Suisses et francophones installés dans différents pays se sont retrouvés pendant plusieurs jours pour échanger sur leurs expériences.

 

patrick roger
@Patrick Portier, DR.

 

Après La Haye l’an dernier, Lisbonne accueillera le rendez-vous l’année prochaine. Pour père Patrick Portier, ces communautés jouent un rôle particulier auprès des Français installés loin de leur pays. « Ce sont des oasis lorsque l’on habite loin. C’est une famille », résume-t-il. Elles permettent de pratiquer dans sa langue maternelle, mais aussi de suivre en français le catéchisme, l’aumônerie ou la préparation aux sacrements.

La francophonie représente ainsi, selon lui, « une chance, un espace de liberté ». Aurélien Noisette insiste lui aussi sur ces liens entre communautés dispersées. Malgré des réalités locales différentes, explique-t-il, les participants ont pu échanger sur la manière de « faire communauté », de s’engager dans leur pays d’accueil sans perdre le lien avec leur culture d’origine.

 

fideles de la paroisse
@Patrick Portier, DR.

 

Trente adultes se préparent à recevoir un sacrement

Un moment de la célébration a particulièrement marqué les organisateurs : l’appel des catéchumènes et des adultes préparant leur première communion ou leur confirmation.

À Barcelone, 30 adultes demandent actuellement à recevoir le baptême, la première communion ou la confirmation, selon Patrick Portier. Aurélien Noisette y voit le signe d’une communauté qui continue de grandir. Il rapproche cette évolution d’un regain d’intérêt pour la foi qu’il dit observer parmi les Français installés à l’étranger.

 

sagrada familia
@Nicolas Marty, DR.

 

La messe à la Sagrada Família a aussi donné à la communauté une visibilité inhabituelle, au-delà de ses fidèles réguliers. « De nombreux jeunes qui s’installent à Barcelone pour le travail ou les études nous trouvent sur Internet parce qu’ils cherchent une messe en français le dimanche », constate Aurélien. Reste à toucher ceux qui ignorent encore l’existence de la communauté, notamment ceux qui hésitent à assister à une messe en espagnol ou en catalan par crainte de ne pas comprendre.

 

Bâtir des ponts et tisser des liens.

La communauté entend désormais inscrire cette journée dans la durée. Elle entre dans la deuxième année de son projet pastoral, « Bâtir des ponts et tisser des liens ». Plusieurs axes sont déjà engagés : réflexion autour de l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV consacrée à l’intelligence artificielle, apprentissage du débat et du dialogue chez les jeunes, encouragement à la lecture pour les enfants et engagement associatif des adultes.

Une même question traverse ces initiatives : comment faire vivre une communauté de langue et de culture communes sans la refermer sur elle-même ? Samedi, sous les voûtes de Gaudí, la réponse avait quelque chose de très concret : près de 2.000 fidèles réunis en français, sous la présidence de l’archevêque de Barcelone, et quelques mots prononcés en catalan.

 

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