Née sur les terrains volcaniques et fondée par la volcanologue Anne Fornier, la Volcano Active Foundation change d’échelle et devient un institut scientifique international. Une transformation qui reflète un basculement plus large : celui d’un monde où les crises s’entremêlent et imposent de repenser en profondeur les liens entre écosystèmes et sociétés humaines.


Il y a des structures qui évoluent. Et puis il y a celles qui changent de dimension.
Quatre ans après sa création, la Volcano Active Foundation franchit un cap décisif et devient aujourd’hui l’Institute of Ecosystem-Related Impacts Research. Derrière ce changement de nom, une transformation bien plus profonde : celle d’une organisation de terrain qui s’affirme désormais comme un acteur scientifique international, à la croisée de la recherche, de l’action et de la formation. À l’origine du projet, une intuition née au contact des volcans.
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Du volcan à la “polycrise” : la Volcano Active Foundation change d’échelle
Fondée en 2018 par Anne Fornier, géographe, volcanologue et spécialiste des risques environnementaux installée à Barcelone, la Volcano Active Foundation s’était donné une mission singulière : améliorer la résilience des populations vivant en zones volcaniques, souvent parmi les plus vulnérables au monde. Une approche pionnière, scientifique et humaniste, qui faisait de cette fondation une structure unique en son genre.
Mais au fil des années et des terrains, le constat s’est élargi. Année après année, les lignes ont bougé. Les crises ne se succèdent plus, elles se superposent. Climat, santé, ressources, tensions sociales… Un enchevêtrement de fragilités qui compose ce que certains nomment désormais une « polycrise ». Impossible, dès lors, de continuer à penser les risques en silos.
C’est précisément pour répondre à cette complexité que naît aujourd’hui l’Institute of Ecosystem-Related Impacts Research.
Pourquoi l’Institute of Ecosystem-Related Impacts Research mise sur une approche systémique
Co-fondé avec Carole Conforti, spécialiste des relations internationales rompue aux enjeux de santé environnementale, l’institut revendique une lecture systémique du monde. Les écosystèmes n’y sont plus envisagés comme de simples décors naturels, mais comme des ensembles vivants, imbriqués, dont l’altération rejaillit directement sur la sécurité des sociétés humaines.
L’ambition est claire : comprendre pour mieux agir.
L’institut s’appuie sur trois piliers qui structurent son action. D’abord, une recherche multidisciplinaire qui explore les interactions entre santé environnementale, stabilité sociale et risques globaux. Ensuite, une ingénierie de la résilience, tournée vers des solutions concrètes — maintien de l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’assainissement en contexte dégradé. Enfin, un volet de transmission, avec la formation de nouveaux profils capables de faire le lien entre sciences et gestion de crise.
Ce passage au statut d’institut n’est pas une simple évolution administrative. Il entérine un changement de stature, celui d’un modèle patiemment construit sur le terrain, nourri par quatre années d’expérimentation, d’observation et d’engagement.
Ce qui s’effondre dans la nature se fissure dans nos sociétés
Aujourd’hui, l’organisation s’inscrit dans des réseaux internationaux de premier plan. Elle est notamment membre fondateur de la Société Espagnole de Santé Environnementale et de Changement Climatique, et engagée dans le mouvement mondial One Health, qui défend une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale.
Autre signe de cette montée en puissance : le développement de programmes académiques, avec la création en cours de plusieurs masters dédiés à la résilience écosystémique, ainsi que la rédaction d’un manuel de référence destiné à structurer cette discipline encore émergente.
Derrière cette trajectoire, une conviction demeure intacte : celle que la préservation des écosystèmes est indissociable de l’avenir des sociétés humaines.
Car un écosystème — forêt, océan ou zone volcanique — n’est jamais un décor. C’est un système d’équilibres, fragile, où chaque rupture se répercute en chaîne. Et quand cet équilibre cesse, les effets débordent vite du cadre écologique : ils deviennent sociaux, économiques, sanitaires.
Dans ce contexte, l’Institute of Ecosystem-Related Impacts Research entend jouer un rôle de passerelle. Entre science et action. Entre terrain et institutions. Entre compréhension des risques et capacité à y répondre. Une évolution logique, au fond, pour une structure née du terrain et tournée vers l’échelle globale.
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