Samedi 11 juillet 2020
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Pedro Sanchez et Quim Torra ouvrent le dialogue

Par Francis Mateo | Publié le 06/02/2020 à 16:16 | Mis à jour le 06/02/2020 à 16:21
Photo : (Copie d'écran Twitter Govern.cat)
sanchez torra

Après plus d'une heure et quart de "tête à tête" entre les présidents de gouvernements espagnol et catalan au Palau de la Generalitat, les bases du dialogue sont posées entre Madrid et Barcelone.


La visite d'un président de gouvernement espagnol en Catalogne est devenue compliquée depuis le référendum illégal d'autodétermination catalan du 1er octobre 2017. La "normalité", en tous cas dans les formes, de la rencontre entre Pedro Sanchez et Quim Torra au Palau de la Generalitat, ce 6 février 2020, est donc déjà une information en soi. Une rencontre de "président à président", comme ont voulu le présenter les forces indépendantes catalanes en jouant sur la sémantique. 

Si égalité il y a, c'est au niveau de ce que chacun peut redouter de l'autre. D'un côté, un chef de gouvernement espagnol à la tête d'une coalition, qui a parfaitement conscience de "jouer" son mandat sur les relations avec la Catalogne. D'autre part, un président en sursis de Communauté Autonome qui occupe son fauteuil pour quelques semaines encore, soucieux de laisser une trace de son passage au Palau de la Generalitat. Dans ce contexte, il ne fallait pas attendre grand chose de la rencontre entre les deux "présidents", si ce n'est un échange poli sur des positions connue d’avance. 

Une nouveauté tout de même, ou plutôt une confirmation, à savoir l'échéance pour le lancement du processus de rapprochement annoncé : "Le gouvernement d'Espagne et celui de la Generalitat entameront le dialogue politique dans le courant du mois de février avec la réunion constitutive de la 'table de dialogue' ; une négociation et un accord qui ont comme objectif de chercher des solutions politiques conformes aux intérêts d'une large majorité de Catalans". 

 

 


Le bilan de cette dernière décennie est lamentable

La Moncloa n'a d'ailleurs même pas attendu la fin de la réunion au Palau de la Generalitat pour émettre ce communiqué sans doute "pacté" d'avance entre les parties. À l'issue de la rencontre, Pedro Sanchez a cependant été plus explicite sur sa volonté de dialogue : "Le bilan de cette dernière décennie est lamentable, personne n'a gagné, nous avons tous perdu... Il est temps que cela change, il est temps d'aller de l'avant, même s'il est vrai que cela ne changera pas soudainement". 

Les déclarations très attendues -pour ne pas dire convenues- de Quim Torra sur la nécessité d'inclure à la table des négociations les indépendantistes emprisonnés ou à en exil n'ont pas entamé l'impression d'avoir franchi un premier pas vers la résolution du conflit catalan. D'autant que "l'agenda de dialogue" émis par la Moncloa reprend l'une des grandes revendications des indépendantistes, à savoir la nécessaire "dé-judiciarisation" de la politique ; tout en réaffirmant la "recherche de solutions dans le cadre de la loi et le respect de la sécurité juridique". 

 

 

 

Pedro Sanchez a également promis une "régénération institutionnelle" pour actualiser les modes de financement des Régions Autonomes, conformément aux attentes des indépendantistes catalans, afin de leur donner notamment davantage de moyens de gestion des services et prestations sociales. À ces promesse s'ajoutent un engagement de soutien au financement d'infrastructures et l'appui renforcé de l’État en cas de catastrophe naturelle. 

Évidemment, de nombreux points d’achoppement persistent, comme le "référendum d'autodétermination" à nouveau réclamé par le président de la Generalitat. Mais en tout cas, la table et les chaises semblent prêtent pour entamer le dialogue. Enfin.

 

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francis mateo

Francis Mateo

Journaliste spécialisé en économie et tourisme, correspondant pour lepetitjournal.com en Catalogne, Francis Mateo est également directeur des éditions Barnanews.com (Barcelone).
3 Commentaire (s)Réagir
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Sandra ven 07/02/2020 - 19:04

Mais surtout, le dialogue devrait s'effectuer au sein du Parlement, qui est le lieu prévu pour la vie démocratique.

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Sandra ven 07/02/2020 - 17:27

Cette réunion est une honte. En effet, une mise en scène de "président à président", ce qui est scandaleux, mais aussi une sorte de blanchiment des graves délits commis par les dirigeants indépendantistes en 2017, qui ont annoncé froidement qu'ils voulaient recommencer. Joaquim Torra est inhabilité comme député, donc en principe comme président de Catalogne. Durant les deux ans où il a occupé ce poste, il ne s'est jamais comporté comme le président de tous les Catalans, bien au contraire. Il n'a défendu le point de vue que de la moitié de la population (un peu moins en nombres de voix, aux alentours de 48,5%), ceux qui sont pour la sécession. Et aujourd'hui, Torra est en sursis. Ce n'est pas le bon interlocuteur. Vouloir le dialogue, c'est très bien. Mais il est inadmissible que Pedro Sánchez n'ait pas rencontré les représentants de l'opposition, en particulier la cheffe de file du parti centriste Ciudadanos, vainqueur des dernières élections régionales en Catalogne, ou le président de SCC, l'association société civile catalane (composée de personnes d'opinions diverses socialiste, centrise et droite modérée, anti-indépendantiste et constitutionnaliste, organisatrice de la grande manifestation du 8 octobre 2017) qui prône le vivre-ensemble, le respect des lois, le bilinguisme et la neutralité des espaces publics. On découvre petit à petit le contenu de la réunion et des propositions de Sánchez. Pedro Sánchez est venu faire des nouvelles cessions à ses alliés indépendantistes, comme par exemple : pardonner 125 millions d'euros de dette à l'État de la télévision publique régionale TV3 (qui insulte la moitié de la population); octroyer davantage de pouvoir au département de l'enseignement catalan pour approfondir la fameuse "immersion lingüistique" (enseignement tout en catalan, exclusion du castillan qui est pourtant la langue maternelle de beaucoup d'enfants), laisser libre court à l'action négative (et horriblement coûteuse!) des "ambassades" de la Catalogne à l'étranger, etc. Jour très triste et préoccupant pour les Catalans qui se sentent catalans, espagnols et européens.

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Giel358 ven 07/02/2020 - 08:09

Pedro Sanchez le fantoche a eu quelques difficultés de marcher jusqu'au Palau de la Generalidad. Il est vrai que le pantalon sur les pieds rend la marche difficile. De même, il ne savait comment serrer la main du clown de service puisqu'il tenait le tube de vaseline dans la main droite. Cette rencontre est une insulte aux autres communautés. De plus, la composition de cette "Mesa" est une insulte aux catalans anti-indépendantistes - la majorité - mais qui subissent pression et violence de la part des "golpistas". Le problème, ce n'est pas le PSOE. Le problème, c'est Sanchez l'incompétent.

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