Concurrence du rail : Finis les trains Intercités entre la France et l'Espagne

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 10/07/2022 à 09:50 | Mis à jour le 11/07/2022 à 10:57
Photo : SNCF-Renfe en ccoperation
Un TGV entre la france et l'espagne

Depuis le 1er juillet dernier, SNCF cesse d'exploiter ses services entre Cerbère et Portbou. Encore un exemple des difficultés de la libre concurrence ferroviaire en Europe.

 

 

L'arrêt frontalier de Cerbère est un nouvel exemple des problèmes de la libre circulation des concurrents ferroviaires en Europe. Renfe veut fournir des services longue distance en France, mais rencontre des difficultés. La SNCF le fait en Espagne à travers Ouigo, mais, selon la presse espagnole et les syndicats en France, SNCF ne veut pas de concurrence sur son marché naturel.

 

"La direction de la SNCF annonce la fin des relations ferroviaires Intercités à la frontière espagnole (Port Bou) à compter du 1er juillet 2022. Ces trains s’arrêteront donc en gare de Cerbère, laissant au passage 30 usagers sur le carreau !", dénoncent les syndicalistes cheminots dans un communiqué ce 30 juin.

 

Selon le CGT, "Cette décision est motivée par l’impossibilité de trouver un accord dérogatoire aux règles de sécurité ferroviaire européenne entre le gestionnaire d’infrastructure espagnol (ADIF) et les opérateurs SA Voyages SNCF et son entité Intercités".

Une guerre économique que subissent les usagers

La raison de cet arrêt de service est claire pour les syndicats français : "Il s’agit avant tout d’une guerre économique entre la SNCF et la RENFE liée à l’ouverture à la concurrence voulue et exigée par les gouvernements. Une fois de plus, ce sont les usagers qui subissent ces choix politiques".

Renfe a du mal à rentrer en France

Alors que Ouigo poursuit son expansion en Espagne, les sources de Renfe reconnaissent les difficultés qu'elles rencontrent depuis des années dans leur volonté de pénétrer le marché ferroviaire français. L'exemple le plus évident s'est produit en février dernier avec l'annonce par la SNCF de l'arrêt des projets d'exploitation conjointe des lignes à grande vitesse transfrontalières. L'opérateur français a informé son homologue espagnol qu'il cessera de collaborer aux lignes reliant Madrid et Barcelone à Lyon, Paris et Marseille d'ici la fin de l'année, mais qu'il souhaite conserver la liaison Paris-Barcelone car c'est la seule qu'il considère rentable.

 

Il n'existe actuellement aucun calendrier pour le lancement des nouveaux services de Renfe en France. Le retard dans la livraison des trains à grande vitesse de Talgo, pour lequel Renfe étudie actuellement la compensation à exiger, est un problème de plus pour atteindre les objectifs d'amélioration et de renforcement des services à grande vitesse.

 

Les permis d'homologation pour le Talgo S106 ont été demandés aux autorités françaises, mais la saison d'été est déjà considérée comme perdue et l'augmentation des lignes n'est toujours pas à l'ordre du jour. La SNCF dispose actuellement de trains Alstom entre Paris et Barcelone.

Renfe veut recruter du personnel parlant français

Renfe assure six services dans chaque sens sur la ligne R11 Rodalies de Catalunya entre Cerbère et Portbou et entend maintenir ces trains en recrutant du personnel ayant des compétences linguistiques en français. Au moins un assistant de conduite maîtrisant le français accompagne le voyage entre Portbou et Cerbère. La solution consistant à fournir un bus pour couvrir le transfert transfrontalier ne plairait semble-t-il pas aux Français.

 

Renfe a également réaffirmé son objectif de renforcer le service entre Madrid, Marseille et Lyon, en proposant notamment une offre d'emploi à 13 conducteurs de train pour travailler sur les lignes françaises.

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