Surenchère vidéo entre la police et le père d’une victime de viol

Par Eric DESEUT | Publié le 13/11/2012 à 00:00 | Mis à jour le 17/08/2020 à 04:01

La police de Krabi a répliqué ces jours-ci à un clip vidéo mis en ligne par le père d'une jeune néerlandaise déçu du système judiciaire thaïlandais qui accuse un guide local d'avoir battu et violé sa fille. Intitulé "La vérité de Krabi", le plaidoyer des policiers n'a pour l'heure attiré que quelques centaines de visites au cours du week-end.

Il répond au clip musical posté par un chanteur néerlandais dont la fille de 19 ans avait été victime d'un viol pendant ses vacances dans la province de Krabi en juillet dernier à Ao Nang. Son agresseur présumé, qui avait avoué les faits au moment de son arrestation, avait été relâché sous caution puis il est ensuite revenu sur sa déposition. Le clip intitulé "Evil Man From Krabi" a été vu plus de 400.000 fois selon Phuket Wan au point d'avoir déclenché une vague d'annulation dans les hôtels de la région. A tel point que le ministre du Tourisme Chumpon Silpa-archa envisage même de bloquer l'accès à ce court-métrage dans lequel le père demande justice après la libération sous caution du présumé violeur. Au passage Chumpon n'aura pas manqué de donner sa définition archaïque d'un viol qu'il ne considère pas comme tel au motif que la jeune fille avait accepté d'être raccompagnée par celui qui devait l'agresser. Malheureusement, si le père en colère a pris la peine de réaliser son film en deux langues (anglais/thaïlandais), la police de Krabi ne démontre pas les mêmes facultés de communication alors qu'elle prétend souligner les spécificités du processus légal du royaume. Leur défense délivrée en thaïlandais sans sous-titres anglais, s'avère au demeurant plus censée que les théories fumeuses du ministre du Tourisme. Ils expliquent que la police est en charge de l'investigation et que les décisions ultérieures, notamment d'accorder une libération sous caution, sont l'apanage du système judiciaire.

E.D. mardi 13 novembre 2012

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