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Rejet du recours contre l'extradition de Rahaf Mohammed Al-Qunun 

Par AFP | Publié le 07/01/2019 à 10:35 | Mis à jour le 08/01/2019 à 00:38
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Une avocate thaïlandaise a annoncé lundi le rejet d'un recours qu'elle avait déposé pour tenter d'empêcher l'extradition d'une Saoudienne de 18 ans se disant menacée dans son pays et en instance d'expulsion après avoir été arrêtée dimanche à l'aéroport de Bangkok.

L'avocate spécialisée dans les droits de l'homme Nadthasiri Bergman avait déposé son recours devant le tribunal pénal de Bangkok. «Ils ont rejeté le recours», a-t-elle déclaré à l'AFP, s'apprêtant à aller rencontrer la jeune Saoudienne à l'aéroport.

"En cas de suspicion de détention illégale, on peut demander à un tribunal de se prononcer", a-t-elle relevé.

Rahaf Mohammed Al-Qunun, une jeune Saoudienne qui affirme avoir subi des violences physiques et psychologiques de la part de sa famille, craint pour sa vie si elle rentre dans son pays.

Elle devait être renvoyée lundi en Arabie saoudite via le Koweït dans un avion qui a décollé de Bangkok à 11H15 heures locales (04H15 GMT).

Mais "le vol est finalement parti sans elle car elle s'est barricadée dans une chambre d'hôtel de l'aéroport", a indiqué à l'AFP Phil Robertson, représentant de l'ONG Human Rights Watch (HRW) en Asie.

Cet événement prend une dimension particulière après le meurtre récent au consulat saoudien en Turquie du journaliste Jamal Khashoggi et une pétition a été lancée sur Change.org pour plaider la cause de la jeune femme.

"J'appelle toutes les personnes se trouvant en zone de transit à Bangkok à manifester contre mon expulsion", a-t-elle lancé lundi matin dans une vidéo postée sur Twitter.

"Je ne quitterai pas ma chambre tant que je n'aurai pas rencontré le HCR" (Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU), a-t-elle mis en garde.

La représentation du HCR à Bangkok a indiqué "tenter d'avoir accès" à elle "pour évaluer son besoin de protection internationale".

Mais les autorités thaïlandaises ne l'ont pas autorisé à le faire pour le moment.

- Cheveux coupés ou mariage arrangé -

Rahaf Mohammed Al-Qunun a assuré avoir été arrêtée par des responsables saoudiens et koweïtiens à son arrivée à l'aéroport de Bangkok, ajoutant que son passeport lui avait été confisqué de force.

Mais l'ambassade saoudienne a nié que ses représentants aient été présents à l'intérieur du terminal, ajoutant sur twitter "être en contact constant avec la famille de la jeune femme".

Rahaf Mohammed Al-Qunun accuse sa famille de l'avoir enfermée dans une pièce durant six mois simplement pour s'être coupé les cheveux.

L'immigration thaïlandaise assure de son côté qu'elle tentait d'échapper à un mariage arrangé.

Elle craint d'être emprisonnée si elle retourne en Arabie saoudite. "Je suis sûre à 100% qu'ils (ma famille, NDLR) me tueront dès ma sortie d'une prison saoudienne", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"Elle a aussi indiqué qu'elle voulait renoncer à l'islam. Si elle est forcée à rentrer dans son pays, les conséquences pourraient être dramatiques", a souligné Phil Robertson, estimant qu'elle était en train de devenir "un symbole de résistance".

La jeune femme a indiqué qu'elle envisageait de demander l'asile en Australie où elle assure disposer d'un visa. L'ambassade d'Australie n'a pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

En avril 2017, le sort d'une autre Saoudienne, Dina Ali Lasloum, âgée de 24 ans et arrêtée alors qu'elle transitait par les Philippines pour se rendre à Sydney, avait suscité l'inquiétude de Human Rights Watch. La jeune femme voulait échapper à un mariage forcé.

L'ambassade saoudienne à Manille avait présenté l'incident comme une affaire de famille, assurant que la jeune femme était "rentrée avec sa famille au pays".

L'Arabie saoudite est connue pour ses nombreuses restrictions envers les femmes. Elles sont notamment soumises à la tutelle d'un homme (père, mari ou autre suivant le cas) qui exerce sur elles une autorité arbitraire et prend à sa place les décisions importantes.

Une femme qui est jugée avoir commis un crime "moral" peut être punie violemment par sa famille, y compris être tuée dans ce qu'on appelle un "crime d'honneur".
 

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