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Le Camp Taksin, site historique des relations franco-thaïlandaises

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 24/08/2018 à 00:00 | Mis à jour le 24/08/2018 à 04:53
Camp Taksin Chantaburi Thailande

Le Camp Taksin à Chantaburi abrite le 2eme bataillon du 1er Régiment d'Infanterie de la Division des Marines de l'armée thaïlandaise. Le village de Ban Lum, situé sur la rive occidentale de la rivière Chantaburi, a été d'une importance capitale dans l'histoire thaïlandaise.

En 1767, après s'être emparé de Chantaburi par vive force, le roi Taksin y établit un camp afin d'y préparer la libération du Siam de l'invasion birmane.

En 1893, la France tente d'étendre son influence au Laos et au Cambodge, contraignant le Siam à lui concéder une partie de son territoire sur la rive droite du Mékong ainsi que les marches extérieures du Cambodge. Pendant la période d'approbation des accords, jusqu'en 1905, la France occupe Chantaburi pour assurer sa sûreté, conformément à l'article 6 de la Convention franco-siamoise signée le 3 octobre 1893.

L'Etat-major en 2015
après restauration

 

L'Etat-major en 2008
avant restauration

La poudrerie en 2015
après restauration

 

La poudrerie en 2008
avant restauration

La volonté française d'occuper Chantaburi s'expliquait par sa position stratégique permettant  le contrôle du Golfe du Siam et facilitant la surveillance des états malaisiens sous occupation britannique. Cette région était, par ailleurs, la porte des trois provinces siamoises de Battambang, Siem Riep et Srisophon, riches en ressources naturelles, au rang desquelles des mines de saphirs et de pierres précieuses.

En outre, au port situé à l'embouchure de sa rivière, Chantaburi disposait d'une importante capacité de construction navale, jusqu'à des bâtiments de 3 à 400 tonnes chantiers. Ainsi, l'occupation de Chantaburi offrait à la France le contrôle du port et des chantiers de construction navale en lui permettant de contenir les forces siamoises.

Les forces françaises établirent un camp au village de Ban Lum, aujourd'hui Camp Taksin, ainsi qu'à l'estuaire de Leam Sing. Parmi les bâtiments qu'elles construisirent alors au Camp Taksin, seuls restent aujourd'hui debout l'état-major, le dépôt d'artillerie, la section logistique, un entrepôt de matériel, l'arsenal no. 5, autrefois la poudrerie, et l'arsenal no. 6 qui, lui, est bâti sur le même plan que le Bâtiment Rouge de Laem Sing.

Après le retrait français de Chantaburi, le 8 janvier 1905, le camp a connu de multiples destinations, abritant ainsi une école, les résidences de fonctionnaires du gouvernement local ainsi que divers régiments.

 
 

Le colonel Sutee Themkum, officier thaïlandais diplômé de l'Ecole militaire interarmes (promotion 1999) montre la plaque de marbre en souvenir des morts français à Chantaboun portant leurs noms mais sans date. L'inscription des noms fera très prochainement l'objet de travaux de restauration pris en charge par le Souvenir Français.

Les noms sont les suivants : Capitaine DUMESTRE, VASEL Maxime, LAUPRERE Philippe, MARCAULT Abraham, GRATADOUR Jean, GUERIN Pierre, CHAUVINAU, BERNARD Celestin, BLEE Elie, MANSENO Joseph, CAVILLAC Edmond, CASANOVA Antoine, BRINSARD Pierre, JOURDEN Etienne, ECOIFFIER Claude, MONNERET Jean, JACQUET Benjamin, BUAILLON Theodore, et 83 SOLDATS Annamites

C'est le 1er avril 1989 qu'il prend son appellation actuelle de 2eme Bataillon du 1er Régiment d'Infanterie de la Division de Marines.Les bâtiments historiques construits par les français ont été rénovés au cours de chacune de ces périodes d'utilisation. Mais les restaurations limitées, tant du fait de contraintes budgétaires que par manque de savoir-faire, ont résulté en une dégradation très sérieuse de ces bâtiments (voir photos ci-contre).

Heureusement, en 2008, la Fondation thaïlandaise Phra Racha Wang Derm, la Marine thaïlandaise et le Département des Beaux-Arts ont conjointement initié un projet de restauration de ce site historique avec le soutien de l'Ambassade de France en Thaïlande. Le projet, d'un budget d'environ 50 millions de bahts (1 million d'euros à cette époque) a été inauguré le 20 juin 2008 par la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, Conseiller de la Fondation.

Répondant à l'appel de l'Ambassadeur Laurent Bili, le Comité de Solidarité Franco-Thaï ainsi que des représentants du secteur privé, tels que les sociétés Bouyghes Thai et Thalès sont devenus partenaires de la Fondation, tant dans le domaine de l'expertise technique que par des contributions financières."Le camp Taksin à Chantaburi est un témoignage de notre longue histoire commune. Une histoire d'amitié profonde, malgré les tensions liées à l'expansion coloniale des puissances européennes", avait déclaré L'ambassadeur Laurent Bili, dans une allocution prononcée lors de la signature du protocole de coopération entre l'Association Comité de Solidarité franco-thaï et la Fondation Phra Racha Wang Derm à Bangkok, le 29 avril 2009.

 

DIAPORAMA

Le 6 juin 2015, la mission de Défense de l'ambassade de France et le Club réserve de Thaïlande, composé d'anciens militaires français et d'ex Saint-Cyriens thaïlandais se sont rendus à Chanthaburi afin de rendre hommage aux soldats français morts à la fin du XIXe siècle dans cette province du royaume jouxtant la frontière avec le Cambodge.

La mission de Défense et le Club réserve ont à cette occasion déposé une gerbe au pied de la plaque qui commémore le souvenir des dix-sept militaires français, ainsi que de quatre-vingt-trois tirailleurs annamites décédés à Chantaburi, puis ont rendu hommage au Roi Taksin au sein du camp éponyme.

  

"Aujourd'hui le camp Taksin fait partie du patrimoine thaï. Un patrimoine qui mérite d'être préservé pour son importance architecturale, son histoire, mais aussi en tant que témoignage de l'habilité du grand roi Chulalongkorn à préserver la souveraineté du Siam", avait-il ajouté.

Les Français morts à Chantaburi pendant cette période avaient été enterrés dans le cimetière à proximité de la Cathédrale de l'Immaculée Conception de Chantaburi.

C'est en 1712 que la première église catholique fut construite à Chantaburi - le cinquième édifice qui célébrait son centenaire fin 2009 - fut élevée au rang de cathédrale au milieu du XXème siècle.

Ce cimetière fut déplacé dans les années 1960 en dehors de la ville. Sur son emplacement fut érigé une grotte mariale ou a été placé l'ossuaire en souvenir de nos morts ainsi qu'une plaque de marbre avec leurs noms sans date.

Article tiré d'un texte rédigé par Claude R. Jaeck, Délégué Général du Souvenir Français de Chine, et visible sur le site http://www.souvenir-francais-asie.comMerci également à François Doré, Délégué général du Souvenir Français de Thaïlande. Pour le contacter par e-mail: souvenirfrancaisthailande@cgsiam.com ou par téléphone 02-251-0225

Voir aussi le site Internet www.souvenir-francais.com

P.Q. () jeudi 12 novembre 2015

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