LAOS – Le barrage controversé de Xayaburi a bien été suspendu

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 11/05/2012 à 00:00 | Mis à jour le 28/07/2019 à 07:40

Le Laos a bien suspendu la construction d'un barrage controversé sur le Mékong, a indiqué hier un responsable à l'AFP, démentant les rumeurs selon lesquelles le projet était poursuivi malgré les doutes sur son impact sociétal et environnemental.

"Il n'a pas de construction sur le fleuve Mekong", a indiqué Viraphonh Viravong, directeur du département de l'électricité et vice-ministre de l'Energie et des Mines. En avril, le groupe thaïlandais CH Karnchang avait annoncé avoir signé un contrat de 2,4 milliards de dollars avec la Xayaburi Power Co. pour bâtir la centrale. La construction doit durer huit ans et a commencé le 15 mars, avait-il ajouté, suscitant une polémique. Mais Viraphonh a seulement reconnu que des travaux préliminaires (avaient) débuté il y a un moment, tels que les routes, le logement et la préparation de l'usine électrique pour quand le gouvernement approuvera le projet.

Des ministres du Vietnam, Cambodge, Thaïlande et Laos, membres de la Commission régionale du Mékong (MRC), s'étaient réunis au Cambodge en décembre pour discuter de ce projet de 3,8 milliards de dollars, premier d'une série de onze sur la partie inférieure du fleuve. Ils en avaient recommandé la suspension. Le gouvernement lao attendra l'approbation par les autres pays, a promis Viraphonh, évoquant un nouveau rapport qui sera censé débloquer la situation.Le projet, situé dans le nord-ouest du Laos, est devenu un symbole des risques pesant sur le fleuve. Les écologistes affirment que le barrage, d'une capacité de 1.260 mégawatts, serait désastreux pour les 60 millions d'habitants qui dépendent du fleuve pour le transport, l'alimentation et l'économie. Le Vietnam et le Cambodge s'y opposent, craignant en particulier pour leur stock de poissons et de sédiments. Mais Bangkok, acheteur majeur de l'électricité du barrage, le soutient. Le Laos, dépourvu d'accès à la mer et de tissu industriel, mise sur l'énergie pour appuyer son développement et rêve de devenir la pile de l'Asie du Sud-Est, notamment pour des voisins dont la croissance économique alimente des besoins en forte hausse.

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