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La Thaïlande s’apprête à accueillir son premier Grand Prix moto

Par Régis LEVY | Publié le 28/09/2018 à 00:00 | Mis à jour le 28/09/2018 à 06:06
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Les 6 et 7 octobre prochains, les meilleurs pilotes moto de la planète vont s’affronter dans trois catégories, Moto 3 (250 cc), Moto 2 (600 cc) et Moto GP (1000 cc) sur le circuit de Buriram. 

La nouvelle avait été officialisée en août 2017 par l’Autorité des Sports de Thaïlande (SAT), Dorna Sports, la société qui gère la promotion et les droits TV du Moto GP et la Fédération internationale de motocyclisme (FIM). La Thaïlande est désormais inscrite pour au moins trois ans au calendrier du Moto GP, le championnat du monde de vitesse à moto, équivalent de la Formule 1.

C’est sur le fameux circuit Chang de Buriram, également certifié Formule 1 par la Fédération internationale automobile (FIA), que se déroulera la semaine prochaine la manche thaïlandaise. Sa construction, qui a coûté près de 43 millions d’euros, fut lancée en mars 2013 par Newin Chidchob, dit le "Baron de Buriram". Cet homme d’affaires fut un temps député, avant qu’une interdiction de politique ne l’amène à se recentrer sur son fief. 

Souhaitant contribuer au développement économique de sa ville, chef-lieu d’une des provinces les plus pauvres de Thaïlande, Newin y avait déjà fait installer un stade de foot, le 3e plus grand du royaume, devenu le théâtre des exploits de l’équipe locale.

Plus de 100.000 spectateurs

Si le circuit, inauguré le 4 octobre 2014, avait déjà accueilli dès mars 2015 une épreuve du championnat du monde de Superbike, l’arrivée du Moto GP constitue une véritable consécration. "C’est un bond en avant monumental pour la Thaïlande qui démontre notre capacité à accueillir un événement sportif de classe mondiale, regardé par plus de 800 millions de téléspectateurs dans le monde", de déclarait Weerasak Kowsurat, ministre du Tourisme et des Sports, le 24 septembre lors d’une conférence de presse. 

Plus de 100.000 passionnés de moto sont attendus à Buriram pour cet événement qui commence le 5 octobre avec les essais libres. Un succès qui pose néanmoins le problème de l’hébergement dans une ville d’environ 30.000 habitants encore peu préparée pour l’accueil touristique de masse. De nombreux spectateurs n’ont d’autre choix que de choisir des hôtels situés à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville.

Concernant les infrastructures, Tanaisiri Chanvitayarom, directeur général du circuit, a ajouté, lors de la conférence de presse du 24 septembre, que la piste et ses installations avaient été améliorées pour assurer le succès de l’organisation. "Nous avons étendu nos tribunes afin que les spectateurs puissent capter l’action de tous les points de vue. Des aires de stationnement ont été agrandies pour optimiser la commodité des visiteurs et le centre des médias a été modifié pour faciliter le travail des journalistes du monde entier".

Circuit très chaud

Du côté des pilotes qui ont pu découvrir le circuit lors d’essais hivernaux effectués du 16 au 18 février, les avis sont partagés. Marc Marquez, sextuple champion du monde dans trois catégories différentes à qui l’on a fait remarquer qu’il pourrait s’apparenter à celui de Sepang en Malaisie balaye simplement l’argument "c’est un circuit très différent. Il fait chaud, mais l’humidité est complètement différente. Je lui vois plutôt quelques portions similaires à celui de Misano, en Italie".

La chaleur est également au cœur des préoccupations de Dani Pedrosa, son coéquipier au sein de l’écurie officielle Honda Repsol. "La première impression c’est qu’il fait très, très chaud. La piste est assez étroite. Il est donc particulièrement important de choisir la bonne trajectoire et le bon rapport".

Le principal détracteur du circuit n’est autre que le célèbre Valentino Rossi, auto-surnommé "Il dottore" pour avoir gagné neuf titres de champion du monde, dont sept en catégorie reine. "Le tracé n’est pas intéressant. C’est très ennuyeux, il n’y a pas beaucoup de virages, juste de longues lignes droites" a déclaré le pilote de chez Yamaha, avant de se plaindre de son emplacement, en ajoutant que Buriram est "loin de tout". "Pour ces raisons, je ne suis pas très content d’aller en Thaïlande, essentiellement, sur cette piste. Mais si nous devons y aller, nous irons".

Le Français Johann Zarco, double champion du monde en Moto 2 est d’un tout autre avis. "J’aime bien Buriram. Je pense que ce sera un circuit facile à apprendre, mais cela signifie que tous les pilotes seront très proches. L’écart entre la première et la 10e ou 15e place sera très réduit, ce qui peut compliquer la donne". 

Nul doute que toutes ces préoccupations disparaitront le dimanche 7 octobre à 14h précises lorsque sera donné le feu vert du Grand Prix, autorisant les pilotes à libérer les 270 chevaux pour 160 kilos de leurs monstres rugissants pouvant atteindre 340 km/h.

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