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JAPONAIS DISPARU – L’affaire Shimato fait ressurgir d’autres crimes impunis de la veuve noire

Par Peyoun CASTILLO | Publié le 26/10/2014 à 23:00 | Mis à jour le 26/09/2018 à 04:53
Crimes de veuve noire en Thailande

Le meurtre de Yoshinori Shimato fut un crime de trop pour Pornchanok Chaiyapa et son ancien mari. Après avoir été confondus dans la disparition du professeur de langues japonais, les deux comparses ont été amenés à avouer le meurtre d'un autre Japonais en 2003, marié à Porchanok, après que la fille de ce dernier a demandé la réouverture du dossier. Les plaintes de deux autres amants déçus par cette veuve noire ont également refait surface

Au lendemain de leur inculpation pour le meurtre du professeur de langues de 79 ans, Yoshinori Shimato, disparu le 21 septembre et retrouvé en morceaux dans des sacs au fond d'un canal de Samut Prakarn, Pornchanok Chaiyapa et son amant Somchai Kaewbangyang ont été inculpés pour meurtre avec préméditation d'un précédent mari de cette dernière il y a 11 ans, lui aussi japonais.

Somchai a en effet avoué aux policiers, jeudi, avoir fait tomber, en 2003, Katsutoshi Tanaka, alors âgé de 57 ans et marié avec Pornchanok, dans les escaliers de la maison du Japonais avant de l'asphyxier avec son pied, selon The Nation.

Pornchanok avait déclaré à l'époque que son époux était saoul et qu'il avait succombé à une attaque cardiaque après avoir chuté dans les escaliers.

Le décès avait alors été classé comme accidentel par la police malgré les doutes émis par la famille du défunt.
C'est d'ailleurs l'une des filles de Katsutoshi Tanaka-, Keiko Matta ? issue d'un précédent mariage et qui vit depuis son enfance en Thaïlande -, qui a déposé plainte la semaine dernière aussitôt après avoir eu vent de l'implication de Pornchanok dans l'affaire Shimato, pour demander la réouverture du dossier de la mort de son père.

Avant ces deux affaires, Somchai avait été marié à Pornchanok. Ils ont deux filles.

Dans ses révélations sur les circonstances du crime en 2003 (voir le Bangkok Post) , Somchai dit avoir prémédité le meurtre par jalousie et pour s'emparer du commerce d'outils de jardinage qu'avait développé le Japonais. Le témoignage du frère du meurtrier, présent ce jour là mais pas directement impliqué, confirme la complicité de Pornchanok. La veuve noire a d'ailleurs bénéficié d'une prime d'assurance de 3 millions de bahts (environ 60.000 euros à l'époque) qu'elle aurait poussé son mari à contracter quelques semaine avant son décès, selon le Chiang Rai Times, ce qui a renforcé les soupçons de la famille de la victime.

Dans l'affaire Shimato, Pornchanok a retiré 700.000 bahts (environ 17.000 euros) en 14 retraits durant les jours après la disparition du vieil homme. Somchai aurait d'ailleurs avoué s'être alors rendu à l'appartement de la victime, précise The Nation, après que Pornchanok l'a appelé, le jour du meurtre, pour se plaindre que Yoshinori Shimato ne voulait pas lui donner de l'argent.

Toujours selon The Nation, le chauffeur de taxi aurait dit avoir étouffé le Japonais avec un coussin avant de découper son corps dans la salle de bain à l'aide d'un grand couteau qu'il avait pris avec lui en venant. Il a ensuite jeté les morceaux, répartis dans quatre sacs, dans un canal de Samut Prakarn.

Pornchanok est connue des services de police sous trois différents noms et avait déjà un mandat d'arrêt contre elle pour fraude.

Selon le Bangkok Post, qui cite une source policière, la veuve noire, qui semble maitriser le japonais parlé et écrit, a déçu deux autres amants japonais, plus chanceux semble-t-il que Yoshinori Shimato et Katsutoshi Tanaka puisque la police n'a pas fait état jusqu'ici de leur disparition. L'un se plaint dans un courrier récupéré par la voisine de Pornchanok que cette dernière a fui avec  trois millions de bahts lui appartenant. L'autre, un homme d'affaires, a porté plainte contre elle au commissariat de Thong Lor, à Bangkok, pour détournement d'argent.

La Thaïlande est un pays particulièrement prisé, à juste titre, par les hommes d'un certain âge, veufs ou divorcés, qui veulent refaire leur vie. Mais derrière l'apparence du havre pour retraités se cache parfois selon les milieux une jungle de prédateurs prêts à tout.

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