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En Thaïlande, Kouchner manie la carotte et le bâton pour la Birmanie

Par Pierre QUEFFELEC | Publié le 31/10/2007 à 02:00 | Mis à jour le 25/11/2018 à 08:34
Photo : Pierre QueffélecLe Ministre français des affaire étrangères Bernard Kouchner et son homologue Nitya Pibulsongkram hier lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères
Kouchner en Thailande

En visite officielle à Bangkok, Bernard Kouchner a réaffirmé hier l'idée de coupler sanctions et mesures incitatives avec la junte birmane. Le ministre a notamment avancé un projet de micro-crédit en faveur de l'Etat birman, qui semble encore loin du compte, malgré l'écoute du gouvernement thailandais

Au sujet de la Birmanie, le chef de la diplomatie française a réaffirmé hier à Bangkok la nécessité d'accompagner les sanctions de mesures incitatives positives, évoquant notamment l'idée d'un fonds sous l'égide de la Banque mondiale et des Nations unies qui pourrait fournir un "micro-crédit au niveau de l'Etat"(voir notre édition du 30 octobre).

Dans un article à paraître ce matin, The Bangkok Post fait néanmoins remarquer que la Banque Mondiale avait proposé aux généraux birmans, il y a quelques années, plusieurs millions de dollars d'aide à condition qu'ils acceptent la fameuse feuille de route pour les réformes politiques et économiques. Mais la junte a toujours refusé.

Bernard Kouchner a reconnu devant les journalistes que l'idée n'était pas nouvelle, à l'issue de son entrevue avec son homologue, le ministre des Affaires étrangères Nitya Pibulsongkram. Mais il a néanmoins insisté sur l'importance d'impulser un "nouvel esprit", "un nouveau mouvement", et d'adopter une "attitude plus positive". "Nous devons penser à offrir de l'aide, de l'espoir à ces gens qui vivent dans la misère", a-t-il ajouté.

Sur ce point, le ministre Pibulsongkram a exprimé sa profonde entente avec la France.

Micro-crédit, gros doutes

Un responsable d'une ONG française oeuvrant dans la région nous confiera cependant son scepticisme quant à l'idée de financer des programmes de micro-crédit: "Faire du micro-crédit avec un état signifie une confiance quasi-aveugle, dit-il, et cela nécessite en plus un déploiement important pour quadriller le terrain. Je ne vois pas comment, ni qui pourra mettre en ?uvre avec succès un projet de ce type en Birmanie, poursuit le professionnel du développement, quand bien même les généraux accepteraient ".

Par ailleurs, bien qu'il ait clairement émis des doutes sur l'efficacité des sanctions seules, Bernard Kouchner a appelé l'ASEAN à accentuer les mesures punitives sur la Birmanie.

Comme son homologue singapourien l'avait fait la veille, le ministre thaïlandais Nitya Pibulsongkram a souligné des différences de point de vue par rapport aux européens. "Nous, en Thaïlande, avons un problème de proximité [avec la Birmanie],"a-t-il dit, en ajoutant qu'il n'y a de toute façon pas de consensus dans la communauté internationale à ce sujet.

Après Singapour et la Thaïlande, Bernard Kouchner se rend aujourd'hui en Chine, l'allié principal des militaires birmans.

Par Pierre QUEFFELEC mercredi 31 octobre 2007

Rencontre avec les représentants de la communauté française

En fin de journée, Bernard Kouchner s'est rendu à l'Ambassade de France pour y saluer les représentants de la communauté française de Thaïlande. Il a tout d'abord rappelé que la Thaïlande lui était familière pour y avoir débuté sa carrière d'humanitaire avec Médecins Sans Frontières il y a un peu plus de 30 ans. Le "French Doctor? n'a d'ailleurs pas manqué de saluer le travail des ONG françaises dans les camps de réfugiés à la frontière birmane. Il a par ailleurs indiqué qu'il s'entretiendrait avec la Direction Générale de la Coopération Internationale (DGCI) pour obtenir du soutien notamment pour la formation dans les camps. Le ministre a également évoqué la reconstruction post-tsunami et remercié au passage l'engagement de la communauté française. Il n'a pas oublié non plus de saluer "les efforts de l'équipe consulaire pour soulager la douleur des familles de victimes du crash aérien de Phuket en septembre".

Sur l'éducation, le ministre des Affaires étrangères a félicité tous ceux qui avaient participé à la création du nouveau Lycée français de Bangkok. A propos de la gratuité de l'école, il a indiqué que selon lui, "il ne faut pas interdire aux locaux de s'inscrire gratuitement au Lycée français"ce que ne prévoit pas la nouvelle mesure destinée aux élèves français de terminale.
Sur la Thaïlande, Bernard Kouchner a félicité la tenue comme prévu des prochaines élections et dit espérer que le processus démocratique arriverait bien à terme au début de l'année prochaine.

P.Q. (www.lepetitjournal.com Bangkok) 31 oct 2007 

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Pierre QUEFFELEC

Originaire du sud de la France, il fait ses premières armes dans le journalisme avec la Nouvelle République des Pyrénées en 1996. Arrivé en Thaïlande en 2004, il est en charge des opérations du bureau de Bangkok depuis janvier 2006.
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