PORTRAIT – Khaled Kharroubi, la renaissance d’un footballeur en Thaïlande

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 27/06/2012 à 00:00 | Mis à jour le 20/11/2012 à 11:16

Le footballeur international franco-algérien Khaled Kharroubi, passé par la Ligue 1 et le Brésil, a connu il y a cinq ans une pause brutale dans sa carrière en raison d'une blessure non détectée par le staff médical du club de Valenciennes. Après s'être relancé à Singapour, il joue depuis deux saisons dans le championnat thaïlandais, dont il est l'un des joueurs de premier plan


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Khaled Kharroubi lors d'un exercice physique effectué avec Cleiton Silva, meilleur buteur du championnat thaïlandais (photo Pascal Della Zuana)

Chaque fois qu'il foule la pelouse d'un terrain de foot thaïlandais, Khaled Kharroubi ne boude pas son plaisir. Âgé de 28 ans, cet international algérien (1 sélection) natif de Lyon a eu un parcours atypique, parsemé d'embûches qui auraient pu provoquer l'arrêt prématuré de sa carrière. Milieu de terrain récupérateur formé à l'Olympique Lyonnais puis à Grenoble, il quitte la France à 18 ans pour le Brésil où il reste deux ans et côtoie notamment à Vitoria un ancien du PSG, Vampeta. "C'était vraiment une belle expérience, explique-t-il. Le Brésil est bien le pays du foot, où tout le monde pense chaque minute au ballon rond". Il fait ensuite un essai à Valenciennes. Le club, qui joue en National (3e division française), le retient. Khaled s'impose comme un titulaire indiscutable, et le club du nord connaît deux montées successives. Le milieu de terrain goûte trois fois à la Ligue 1, des bouts de matchs. Son rêve d'appartenir à l'élite française du ballon rond est avorté en raison d'une succession de problèmes physiques, dont une pubalgie et un souci au tendon d'une cheville qui n'avait pas été détecté par le staff médical de Valenciennes.

L'Asie du Sud-Est pour se relancer
Après plusieurs coupures, il fait quelques matchs dans le championnat belge. Mais son corps ne répond plus et il met le foot entre parenthèses pendant plusieurs mois pour se consacrer aux soins. Guéri, Khaled Kharroubi décide en 2010 de faire un essai à l'Etoile de Singapour où le jeune président, une vieille connaissance originaire de la région lyonnaise, le fait signer sans hésiter. Le club, composé uniquement de joueurs français, est champion, un beau souvenir pour le Franco-Algérien. "Le championnat singapourien, où le jeu est assez tranquille, et le fait d'évoluer aux côtés de compatriotes m'a permis de retrouver des sensations, analyse-t-il. Et puis c'est là que j'ai découvert l'Asie du Sud-Est !". Conquis par la région mais aspirant à jouer à un niveau au-dessus, il signe à l'Osotspa M-150 Saraburi, club de milieu de tableau de la Thai Premier League (la Ligue 1 thaïlandaise) avec qui il décroche une belle 6e place, derrière les ténors habituels. "Le niveau en Thaïlande m'a tout de suite paru intéressant, explique-t-il. On y joue un bon football, très technique. Mais le jeu manque d'intensité, et beaucoup de footballeurs thaïlandais n'ont pas une grosse volonté de gagner"

Khaled Kharroubi avait effectué une tournée de pré-saison en Birmanie avec BEC Tero (photo Pascal Della Zuana)

Conquérir la Thaïlande
Le manque criant d'infrastructures dans les clubs le rebute un peu, mais Khaled se sent bien dans un royaume qu'il aime découvrir durant son temps libre avec sa femme et ses deux enfants. Lors de la dernière intersaison, Robert Procureur, directeur sportif belge respecté dans le monde du foot thaïlandais, lui propose de participer à son nouveau challenge : refaire de BEC Tero Sasana, club phare de Bangkok au début des années 2000, l'une des meilleures équipes de Thaïlande. "L'objectif est de finir dans les trois premiers cette saison et de gagner le championnat d'ici trois ans avec Khaled, qui sera l'un des patrons de l'équipe et qui jouera positionné devant la défense", expliquait en début de saison Robert Procureur. A quelques journées de la trêve, BEC Tero est 4e et les bonnes performances régulières de Kharroubi sont l'une des satisfactions des dirigeants.   
Même s'il a conscience qu'il jouerait aujourd'hui dans un bon club européen s'il n'avait pas eu tous ces problèmes physiques, ce joueur réfléchi et posé sait que la Thaïlande et son "climat propice aux articulations", est peut être son nouvel Eden. "La Thaïlande est un pays assez ouvert où chacun peut faire ce qu'il veut et où le peuple est chaleureux, apprécie-t-il. A l'inverse de la France où dans tous les domaines, on s'arrête sur de petits détails qui n'en valent pas la peine."  A 28 ans, la santé retrouvée, il n'a pas fixé une date limite pour prendre sa retraite, et il ne sait pas encore de quoi le futur de sa carrière sera fait. "Les choses ont changé si vite pour moi dans le passé, que, désormais, je profite du football jour après jour", conclut-il.
Yann FERNANDEZ (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 27 juin 2012

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