Hubert Colaris: “La Thaïlande fera forcément mieux en 2022, les opportunités sont là” premium

Par Catherine Vanesse | Publié le 24/12/2021 à 02:27 | Mis à jour le 01/01/2022 à 11:17
Photo : Ambassade de France en Thaïlande - Pour le conseiller économique de l’ambassade de France en Thaïlande, Hubert Colaris, l’année 2022 ne pourra être que meilleure que 2021 avec de nombreuses opportunités d'investissement
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L’année 2022 devrait signer le redressement économique de la Thaïlande, même si le retour des touristes reste la grande inconnue. Le conseiller économique de l’ambassade de France partage son analyse

L’année 2021 en Thaïlande aura été marquée par une longue période de mesures sanitaires strictes très dures pour l’économie et la vie sociale, imposées en réponse à une troisième épidémie de coronavirus démarrée en avril qui a produit à elle seule plus de 99,5% des victimes du Covid-19 dans le royaume.

Mais sur la fin d’année, la Thaïlande observe un réchauffement économique prometteur à la faveur d’une baisse quasi-constante des décès Covid depuis la fin du mois d’août ayant amené les autorités à lever un certain nombre de restrictions - même si ces dernières ont rétabli mardi pour au moins quinze jours la quarantaine obligatoire pour les voyageurs étrangers par crainte du nouveau variant du coronavirus, Omicron.

A quelques jours du réveillon qui conclura une année extrêmement éprouvante pour beaucoup d’entreprises et de professionnels en Thaïlande, Lepetitjournal.com a souhaité recueillir l’avis du conseiller économique de l’ambassade de France en Thaïlande, Hubert Colaris sur les perspectives économiques en Thaïlande en 2022 et les opportunités pour les entreprises françaises.

Selon vous, à quoi doit-on s'attendre en termes de reprise économique en 2022 ?

L’année 2022 ne peut être que meilleure que celle de 2021 où l’économie était pour ainsi dire atone avec seulement 1% de croissance. Selon les prévisions, la Thaïlande devrait connaître un rebond de 3 à 4% tiré par le tourisme, l’industrie, les exportations et les projets de construction. 

La Thaïlande dépend fortement du tourisme puisqu’il représente 20% de son PIB, dont 12% viennent du tourisme international, c’est ce dernier qui a été réduit à 0%! Pour rebondir, il y a un calcul assez simple, une augmentation du nombre de touristes de 3 millions équivaut à une croissance de 1%. Si nous avions 21 millions de touristes en 2022, nous pourrions tabler sur une croissance de 7%, mais personne n’anticipe sur autant de touristes. Les projections sont de l’ordre de 6 millions de touristes. Donc le tourisme sera un facteur fort du redressement de la Thaïlande puisqu’on estime qu’il représente 2% sur les 3 ou 4% de croissance du pays. 

Le secteur industriel représente 33% du PIB de la Thaïlande. Les agro-industries marchent très bien, elles contribuent au dynamisme des exportations, par contre ce secteur est pénalisé par une pénurie de main-d'œuvre. L’industrie automobile s’est déjà bien redressée en 2021 par rapport à 2020 où elle avait connu une chute de 50%. En 2021, ce secteur s’est remis à exporter et devrait continuer à contribuer au redressement des exportations. 

Quels sont les défis pour la communauté d’affaires et les entrepreneurs pour l'année à venir ?

Il faut pouvoir saisir les opportunités parce qu’elles sont là. Il y a des opportunités de développement dans l’économie circulaire et durable, dans les infrastructures, mais aussi dans les biens de consommation même s’il y a des contraintes dues au fort endettement des ménages. 

La France et la Thaïlande ont récemment signé une déclaration de coopération dans le domaine des transports, qui soutiendra les opportunités de partenariat et d’affaires dans l’aérospatial, le ferroviaire, l’automobile, la logistique, le transport maritime, etc. 

A quel degré le tissu entrepreneurial français a-t-il été affecté par ces deux années de crise ?

Le secteur du tourisme et de l’hospitalité a été, bien évidemment, le plus touché. Les petites entreprises françaises du secteur, hôtels et restaurants, activités de loisirs, ont beaucoup souffert, ces deux dernières années. 

Voir ici les résultats de l'enquête Français du Monde Thaïlande sur la situation des entrepreneurs en Thaïlande

Mais dans l’ensemble, le tissu entrepreneurial est resté stable, voire il s’est développé avec de nouveaux investissements français très importants qui ont été mis en œuvre dans la production de bioplastique, le recyclage, le traitement des déchets industriels, la maintenance des trains d’atterrissage d’avion, etc. 

La chambre de commerce Franco-Thaï (FTCC) compte moins de membres mais cela ne veut pas dire qu’il y a moins d’entreprises, mais que certaines ont juste souhaité réduire leurs frais généraux en cette période. 

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui souhaiterait se lancer en Thaïlande ? 

C’est une période de rebond donc il y a des opportunités d’investissements. De plus, la Thaïlande vient de prendre la présidence de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) qu’elle décline autour de trois axes : 

Open : la Thaïlande prend conscience qu’il est important d’ouvrir et de libéraliser les économies de la région de l’Asie Pacifique, mais également la sienne. 

Connect : que ce soit au niveau du tourisme et de la circulation des voyageurs dans la région, mais aussi au niveau des infrastructures. 

Sustainable : tout ce qui concerne l’économie circulaire et verte. 

Donc, dans tous ces secteurs, il y a des opportunités ainsi que dans tout ce qui touche au vieillissement de la population. Pour la Thaïlande c’est un réel défi et, dans ce domaine également, les entreprises françaises peuvent apporter leur expertise.

Propos recueillis par Catherine VANESSE

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Catherine Vanesse

Après avoir travaillé pendant 8 ans pour RTL Belgique, Catherine s’est expatriée en Thaïlande de 2013 à 2022, collaborant avec des médias locaux ainsi que Lepetitjournal.com pour qui elle a notamment co-dirigé la rédaction de Chiang Mai de 2020 à 2022
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