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CHAIYAPHUM PASAE – La police assure qu'un soldat sera inculpé pour le meurtre du jeune militant

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 22/03/2017 à 23:00 | Mis à jour le 09/07/2018 à 03:59

La police thaïlandaise a déclaré mardi que le soldat qui a tué Chaiyaphum Pasae, un jeune militant pour les communautés apatrides dans la province de Chiang Mai sera inculpé.

Le soldat thaïlandais qui a abattu le jeune militant sera inculpé, a déclaré mardi la police, après que le chef de la junte du royaume a ordonné une enquête.

Le 17 mars, Chaiyaphum Pasae, un militant pour les communautés apatrides dans les régions frontalières de la Thaïlande, a été abattu dans la province de Chiang Mai, dans le nord du pays après que sa voiture a été arrêtée à un poste de contrôle militaire.

L'armée affirme que les soldats auraient trouvé de la drogue à l'intérieur de la voiture de Chaiyaphum et que ce dernier se serait alors enfermé dans le véhicule menaçant de leur jeter une grenade, ce qui les aurait amenés à ouvrir le feu.

Pour ses amis qui se sont immédiatement emparés des réseaux sociaux, ce scénario ne ressemble pas au comportement de ce militant réputé pour ses campagnes communautaires contre la drogue, qui a travaillé sur des documentaires, jouait de la musique et participait à des discussions sur les droits des groupes tribaux minoritaires.

Chaiyaphum était l'un des nombreux citoyens apatrides de la Thaïlande - les groupes ethniques qui ont été autorisés à rester après la Guerre froide mais se voient toujours refuser la citoyenneté, y compris pour leurs enfants. Selon l'armée, le jeune militant était âgé de 21 ans, mais ses amis ont dit aux médias thaïlandais qu'il avait 17 ans.

Le chef de la police adjoint dans région du nord de la Thaïlande Panudej Boonreung a déclaré à l'AFP que le soldat anonyme serait accusé de "meurtre alors qu'il agissait en légitime défense". Il a ajouté que les procureurs décideront "d'enquêter ou non" une fois que les faits seront établis.

Les groupes de défense des droits de l'homme sont préoccupés par le fait que les militaires, qui dirigent actuellement la Thaïlande, n'ont aucune légitimité à participer à l'enquête. Le groupe de pression Cross Cultural Foundation (CCrF) a demandé qu'une enquête soit menée par une "commission d'enquête" non militaire.

Elle a également exhorté à une protection pour un témoin clé qui se trouvait également dans la voiture, un jeune de 19 ans qui est détenu depuis le jour de l'accident.

Des dizaines des militants sont morts au cours de ces dix dernières années en Thaïlande, où les puissants s'appuient souvent sur les réseaux locaux pour dissimuler les fautes des autorités.

Mardi, le chef de la junte, Prayut Chan-O-Cha, un ancien général de l'armée qui a pris le pouvoir en 2014, semblait reconnaître la colère du public. "J'ai ordonné une enquête sur la cause de cet incident", a-t-il déclaré aux journalistes, tout en faisant cependant taire toute critique envers l'armée.

L'organisation de l'ONU Human Rights Watch a déclaré que le meurtre de Chaiyaphum était une sonnette d'alarme et a exhorté les autorités thaïlandaises à "mener une enquête approfondie et impartiale sur cette affaire et rendre publiques leurs conclusions".

Le meurtre a eu lieu dans la région du nord de la Thaïlande, près de la Birmanie, une route connue pour le trafic de drogue utilisée par des groupes de trafics bien armés.

Selon la CCrF, l'unité militaire qui a abattu Chaiyaphum est également impliquée dans un autre meurtre ayant eu lieu le mois dernier à un poste de contrôle. Les soldats y ont donnée une justification similaire, faisant état d'une tentative de jet de grenade de la part du suspect.

Le porte-parole de la junte, Winthai Suvaree, a déclaré à l'AFP qu'il n'était pas au courant de ces allégations, mais a déclaré que les trafiquants de drogue "résistent souvent à l'arrestation" dans cette région.

Avec AFP () jeudi 23 mars 2017
 

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