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Les Nations unies ont commencé l'évacuation de leur personnel international de certaines zones touchées par les violences religieuses dans l'ouest de la Birmanie, sur la base du volontariat, a indiqué hier à l'AFP un responsable de l'ONU dans le pays. Une quarantaine d'employés onusiens et leur famille, soit "la majeure partie du personnel international", sont en train de quitter Maungdaw, où des violences entre bouddhistes et musulmans ont fait au moins sept morts, a précisé Ashok Nigam, représentant des Nations unies.
L'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, était hier sous état d'urgence, a constaté une équipe de l'AFP après des violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans qui ont poussé le pouvoir à faire appel à l'armée pour restaurer la sécurité. Aux alentours de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine qui borde le Bangladesh, un journaliste de l'AFP a vu des résidents incendier des bâtiments. Dans un village d'ethnie rakhine majoritairement bouddhiste, de nombreux habitants patrouillaient armés de longs couteaux et de bâtons. Et dans les rues du centre-ville, où les restes calcinés d'habitations témoignaient des violences des jours précédents, presque aucun homme ne se déplaçait sans arme blanche. Des camions militaires étaient déployés à l'aéroport et des forces de l'ordre étaient visibles autour des mosquées et des pagodes. Selon les médias officiels, les violences ont fait sept morts et 17 blessés depuis vendredi.
Quelque 500 maisons ont été détruites dans ces violences confessionnelles qui font suite au lynchage de dix musulmans, il y a une semaine, par une foule de bouddhistes en colère dans le sud de l'Etat Rakhine (autrefois appelé Arakan) qui voulait venger le viol d'une femme. Devant cet enchaînement de revanches sanglantes, le gouvernement a décrété dimanche un couvre-feu entre 18h00 et 06h00 du matin, avant d'imposer l'état d'urgence qui donne à l'armée des pouvoirs étendus.
"Des actes d'anarchie se sont propagés largement (...) en Etat Rakhine", a regretté dans un discours à la Nation dimanche soir le président Thein Sein, arrivé au pouvoir en mars 2011 et crédité depuis de nombreuses réformes politiques. "Si les deux camps se tuent les uns les autres dans une haine et une revanche sans fin (...), cela pourrait se propager au delà de l'Etat Rakhine". Huit bateaux remplis par plus de 300 Rohingyas venant de Sittwe qui tentaient de rejoindre le Bangladesh ont été repoussés vers la Birmanie hier par les garde-frontières bangladais. L'Etat Rakhine tient son nom de sa population, une minorité ethnique bouddhiste. Mais il abrite aussi une importante communauté musulmane, d'origine indienne ou bangladeshi, ainsi que les Rohingyas, une minorité apatride considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde. Tous ces musulmans sont fréquemment assimilés, dans le discours dominant, dans un même groupe stigmatisé comme étranger et dangereux. Les Rohingyas ne font pas partie des minorités ethniques reconnues par le régime de Naypyidaw. Ils sont près de 800.000 en Birmanie, confinés dans le nord de l'Etat Rakhine, et plus de 200.000 au Bangladesh, dont plusieurs dizaines de milliers dans des camps.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html - AFP) mardi 12 juin 2012
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