MARÉE NOIRE À KOH SAMET – Entre craintes, polémique et… collecte de cheveux

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 30/07/2013 à 22:00 | Mis à jour le 30/01/2022 à 06:04
Photo : Eugenia & Christophe GALIAN - Une polémique a éclaté entre l'entreprise pétrolière et Greenpeace au sujet du nettoyage de Koh Samet
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Le pétrole qui souille l'île touristique de Koh Samet n'avait toujours pas été nettoyé en totalité au soir (heures locales) du 30 juillet. Sur le sujet, une polémique a éclaté entre l'entreprise pétrolière et Greenpeace. Pendant ce temps, via Facebook et Tweeter, il est demandé sérieusement aux Thaïlandais d'envoyer leurs cheveux pour absorber la nappe restante.

Le site du Nation (30 juillet) rapporte que les appels se multiplient via Facebook et Tweeter pour que les Thaïlandais donnent leur cheveux coupés afin d'éradiquer une bonne fois pour toute la marée noire. Le procédé peut prêter à sourire et pourtant, il a fait ses preuves ailleurs dans le monde. Il a été utilisé en pareilles circonstances en Louisiane en 2010 et San Francisco en 2007. Le pétrole étant gras, il est facilement capté par les cheveux réunis généralement dans des bas à nylon ou des chaussettes de sorte à ce qu'ils forment des sortes d'éponges.

En attendant de savoir si cette initiative va connaître un certain succès auprès de la population thaïlandaise, des centaines de personnes en combinaison blanche et masque de protection, dont des militaires de la Marine, étaient toujours à pied d'?uvre mardi sur l'île de Samet, a constaté l'AFP.

Armés de tuyaux et de pelles, ils tentaient de nettoyer Ao Phrao, remplissant des sacs en plastique de sable noir et de pétrole. L'opérateur PTT Global Chemical, filiale du géant public PTT, s'est montré optimiste concernant les opérations de nettoyage de l'île, qui fait partie du parc national de Khao Laem Ya, dans la province de Rayong, au sud de Bangkok.

"Les opérations de nettoyage sont terminées à 80%", a déclaré à l'AFP son vice-président Porntep Butniphant. "Nous nous attendons à ce que demain (mercredi), tout soit revenu à la normale à Ao Phrao". Mais Greenpeace a contesté cette version des événements. "Ce n'est pas vrai que 80% du travail a été fait. Il reste beaucoup de pétrole dans la baie", a assuré Ply Pirom, militant de l'organisation.

"Il est décevant que cette entreprise mondiale n'ait aucun plan d'urgence pour faire face à la crise", a-t-il ajouté. L'ONG avait appelé lundi à la fin de l'exploitation pétrolière dans le Golfe.

Les touristes désertent, plainte contre PTT

Certains visiteurs ont déjà écourté leurs vacances sur l'île, populaire notamment auprès des résidents de Bangkok qui viennent y passer leurs week-end. Un responsable de l'Autorité du tourisme en Thaïlande a indiqué au Nation, que 95% des attractions touristiques sur l'île étaient préservées de toute trace d'hydrocarbures. Il a ajouté qu'aux yeux des touristes, ce n'était pas suffisant, et qu'ils continuaient à annuler leurs séjours, "n'ayant pas confiance dans les opérations de nettoyage".

Selon PTT Global Chemical, quelque 50.000 litres de pétrole brut ont été relâchés en mer samedi, à environ 20 kilomètres au large des côtes, lors du transfert de brut depuis un tanker vers l'oléoduc qui alimente une raffinerie de PTT.

Mais des ONG craignent que la fuite n'ait été plus importante, de même qu'un député de l'opposition, qui a fait état lundi de ses doutes sur la version de l'entreprise. Un responsable de la Marine a de son côté souligné la menace pesant sur le continent.

"Une fine pellicule de pétrole pourrait atteindre le continent. Elle commence à aller dans cette direction", a noté le vice-amiral Roongsak Sereeswad. "Il faudrait sans doute une semaine pour prendre le contrôle de la situation". Le Département de la Marine a porté plainte contre l'entreprise pétrolière pour les dégâts environnementaux et sur ceux le secteur du tourisme portés par la marée noire. Son directeur général Sorasak Saensombath a déclaré, dans le Bangkok Post, que cette action légale obligeait de fait PTT à prendre ses responsabilités en matière de nettoyage et de versement d'indemnités envers les professionnels de la pêche et du tourisme de la région.

Les défenseurs de l'environnement s'inquiètent de l'impact du pétrole mais aussi des produits chimiques utilisés pour le disperser dans une zone très fréquentée par les pêcheurs. D'ailleurs, le Bangkok Post a rapporté le 30 juillet, qu'une nappe de pétrole de 600 mètres avait atteint les rivages du village de pêcheurs de Ao Praho, obligeant ceux-ci à cesser toute activité, alors qu'ils sont dans une période de pêche importante.

LB avec AFP  mercredi 31 juillet 2013

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