

Un film d'horreur thaïlandais mettant en scène des moines bouddhistes, l'un s'adonnant à un baiser, l'autre prenant de la drogue, a été interdit lundi, les autorités estimant que cela pourrait "détruire" la religion majoritaire, mais néanmoins troublée, du royaume.
Le ministère thaïlandais de la Culture s'est opposé lundi à la projection du film d'horreur intitulé "Arbat", une production locale qui devait sortir dans les salles du royaume jeudi, en raison de deux scènes impliquant des moines.
"Le film comporte des scènes qui peuvent détruire le bouddhisme. S'il est projeté, la foi dans le bouddhisme reculera", a expliqué Somchai Surachatri, porte-parole du Bureau national du bouddhisme, qui fait partie du comité de censure du ministère de la Culture.
Dans ce pays friand de films d'horreur, le film "Arbat" ("Violations commises par les moines" en thaï) inclut une scène de baiser entre un moine et une femme et une autre montrant un moine prenant de la drogue.
La société de production Sahamongkol Film International a dit se "préparer à ajuster certaines parties du film", avant de le soumettre à nouveau à l'approbation du ministère.
"Nous allons tacher de préserver l'essence et l'intrigue de l'histoire autant que possible," a-t-elle communiqué sur sa page Facebook.
L'interdiction a déclenché l'indignation de centaines de fans qui ont exprimé leur frustration sur les réseaux sociaux.
"Nous avons perdu notre droit de voir le film car une poignée de gens ont décidé au nom du pays tout entier," lisait l'un des commentaires posté sur la page Facebook de la production sous le nom de Back Man.
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Le puissant clergé bouddhiste thaïlandais, qui siège au comité de censure du ministère de la Culture, est sous le feu des critiques depuis des années en raison de nombreuses affaires de m?urs, détournement de fonds et de corruption qui éclaboussent régulièrement les temples.
L'Office National du Bouddhisme thaïlandais a d'ailleurs déploré le mois dernier que la plupart des quelque 40.000 temples du royaume avaient du mal à couvrir leurs dépenses, alors que les Thaïlandais figurent au 3e rang du classement des peuples les plus généreux envers les organisations caritatives ou religieuses, selon le World Giving Index 2014.
Les moines thaïlandais sont également critiqués pour leur approche de plus en plus mercantile du bouddhisme.
Le dernier scandale concerne le temple Dhammakaya, réputé le plus riche du pays, qui a dû rendre en mars près de 20 millions d'euros indûment versés par un dirigeant d'entreprise.
Le plus célèbre des moines corrompus du pays reste Wiraphol Sukphol, qui voyageait en jet privé et est aujourd'hui en fuite.
D'autres affaires embarrassantes pour le clergé ces derniers mois comprennent celle d'un moine arrêté pour une série d'abus sexuels, des religieux en tenue civile et en état d'ébriété impliqués dans un accident de la route, ou encore ayant, malgré leurs v?ux de chasteté, des relations suivies avec des femmes.
Néanmoins, tous ces scandales n'entament pas ou peu pour l'heure l'emprise du bouddhisme sur la société thaïlandaise qui continue de faire des dons aux temples dans l'espoir d'améliorer son karma.
P.C. avec AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi 13 octobre 2015
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