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2007 : une année à risques pour la Thaïlande

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 16/01/2007 à 01:01 | Mis à jour le 04/09/2019 à 08:07
Photo : Jean-Louis DUZERT
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Malgré une actualité politique agitée, 2006 aura été une année fructueuse pour l'économie thaïlandaise. Mais le cumul des turbulences récentes ajouté à un essoufflement du potentiel de croissance font de 2007 l'année de tous les dangers

En 2006, la santé économique de la Thaïlande avait de quoi susciter l'optimisme. L'objectif de croissance (+ 5%) a été atteint grâce à de très dynamiques exportations (+17%), l'inflation a reculé, les comptes courants de la nation ont atteint des sommets inégalés depuis 6 ans, et la confiance des consommateurs a rebondi suite à un coup d'état chargé de promesses. Autant de facteurs positifs ont d'ailleurs contribué à rendre le marché thaïlandais particulièrement attractif, un peu trop peut-être, favorisant de fait une forte appréciation du baht, la plus importante hausse monétaire de la région (+16%).

Optimisme déçu

Le coup d'état a certes mis fin à plusieurs mois de crise politique et vu l'avènement d'une approche économique raisonnée (l'économie de suffisance) en opposition au libéralisme ambiant, gage de stabilité ayant peu ou prou rassuré consommateurs et marchés - dans un premier temps.

Mais les maladresses du nouveau gouvernement n'ont pas tardé à endommager la confiance générale, minant des prévisions 2007 basées sur une reprise de la confiance des investisseurs et des consommateurs compensant le ralentissement de la croissance globale.

Une compétitivité moins évidente

Et le moins que l'on puisse dire est que ce gouvernement, considérant sans doute l'attractivité de la Thaïlande comme définitivement acquise, ne prend pas de gants avec les investisseurs étrangers et ce, malgré l'essoufflement du potentiel de croissance thaï face à la montée en puissance de ses voisins (Chine, Inde, Singapour, Vietnam, etc.). En 2006, la compétitivité thaïlandaise se retrouvait au 10eme rang régional, dépassée par la Chine et la Malaisie. Avec un taux de chômage de 1.7%, le marché du travail reste très tendu malgré de faibles niveaux de qualification (60% de la population active n'a pas dépassé le cycle primaire), niveaux dont l'adaptation aux réalités économiques se heurte au conservatisme académique.

Un nombre croissant d'entrepreneurs regardent donc aujourd'hui avec des yeux de Chimène un Vietnam au socialisme très libéral et une main d'oeuvre nombreuse, qualifiée et ignorant tout des délices "sabai sabai" de notre petit Capoue Siamois.

Yann Lucas (www.lepetitjournal.com Bangkok) 16 janvier 2007

La bourse 3 fois assommée en 3 semaines

En 3 semaines seulement, trois événements ont miné la confiance des consommateurs et surtout celle des investisseurs étrangers. 

Le 18 décembre, la Banque centrale, soutenue par le Ministère des Finances met en place des mesures drastiques de contrôle des capitaux étrangers afin de freiner la hausse du baht (voir notre article du 20 décembre), entraînant le 19 une chute historique de la bourse de près de 15 %. 

Le soir du 31 décembre, 8 bombes explosent faisant trois morts et une quarantaine de blessés. Le lendemain, la bourse accuse une chute de 3% pendant que les analystes estiment le coût minimum de ces attentats à 1 milliard d'euros et ½ point de croissance. Les centres commerciaux affichent depuis un déclin de leur chiffre d'affaire de 10 à 15%. 

Le 9 janvier, le conseil des ministres approuve un projet d'amendement au Foreign Business Act, clarifiant la définition ainsi que les droits et devoirs des entreprises étrangères. Si les analystes considèrent que ce texte correspond aux « meilleures pratiques internationales », son minutage et sa communication ? on ne sait toujours pas si et quand cet amendement entrera en vigueur - semblent pour le moins maladroit. En tout état de cause, il devrait impliquer des restructurations dans l'actionnariat de plusieurs milliers d'entreprises qui conduiront nombre de fondateurs à perdre le contrôle de leur entreprise. Encore une fois, la bourse n'a pas aimé : baisse de 2,7 % le lendemain.

Ces mauvaises nouvelles pour les marchés financiers, s'ajoutent au gel des privatisations et aux craintes de renationalisation d'entreprises déjà cotées : accroître l'attractivité de la place de Bangkok par le doublement en 5 ans de la capitalisation boursière grâce aux privatisations devient un objectif de plus en plus illusoire.

 

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