Lundi 29 novembre 2021
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PARC D'EXARCHIA - Un succès citoyen

Par Lepetitjournal Athènes | Publié le 24/10/2017 à 00:00 | Mis à jour le 24/10/2017 à 00:00
Photo : Parc d'Exarchia - géré par les citoyens
Entrée du parc

Au cœur du quartier libertaire Exarchia, le parc autogéré Navarinou attire résidents du quartier, Athéniens ou encore touristes. Et pour cause, il ne ressemble à aucun autre parc de la capitale

Des écriteaux colorés fabriqués à la main, des arbres décorés… Au premier abord déjà, le parc Navarinou, au centre du quartier libertaire Exarchia, se démarque des autres parcs de la ville. Sur un banc, trois étudiantes discutent au soleil : "Il est près de l’université, on peut s’asseoir à l’ombre sans être obligé de consommer, puis c’est un lieu privilégié pour rencontrer des gens. Beaucoup de visiteurs partagent des convictions politiques ancrées à gauche, mais pas tous ". Le parc attire en effet de nombreux militants des partis politiques de gauche, mais aussi de simples citoyens. Et pas seulement des résidents d’Exarchia : Athéniens d’autres quartiers ou touristes le fréquentent aussi ; particulièrement lorsque des concerts, des projections de films ou des débats y sont organisés.

Un lieu apprécié pour son histoire et sa valeur symbolique
Mais au-delà de ces considérations, les visiteurs semblent surtout attachés à la symbolique du parc. Personne là-bas n’ignore son histoire : il est crée en 2009 sur une friche abandonnée, à l’initiative des habitants du quartier qui s’opposent à la construction d’un parking. Si tous les visiteurs ne parviennent pas à une entente parfaite sur le terrain politique, ils partagent une volonté commune : la conservation du parc. Bien que le projet de parking soit depuis très longtemps en suspens, les habitués du lieu gardent un œil sur les actions du conseil municipal et se tiennent prêt à réagir au cas où le projet de parking serait remis à l’ordre du jour.

 Dans les années 80, le lieu où se trouve actuellement le parc appartenait à une administration publique. Inutilisé, le bâtiment a été détruit. La mise en vente du terrain s’est retrouvée pendant des années bloquée par des lenteurs administratives. A partir des années 90, le terrain demeure donc vacant, en attente d’un projet qui ne vient pas. Pendant ce temps, l’espace rectangulaire situé au coin des rues Zoodochou Pigis et Navarinou est utilisé comme parking sauvage, comme bien des coins de rues à Athènes.

Les citoyens réussissent leur pari au niveau de la fréquentation. Objectif accompli, le jardin est ouvert à tous. On y voit aussi bien des grands-mères et leurs petits-enfants en journée que des habitants du quartier qui viennent boire une bière achetée au kiosque (periptero), promener leurs chiens. Parfois, des personnes sans abri y dorment. Seul bémol, le faible nombre de participants, et l’investissement des résidents qui décroit. Aujourd’hui, seules dix personnes s’occupent du parc en continu. La participation enthousiaste des débuts  rencontre ainsi ses limites. Il faut aussi dire que l’atmosphère ici a bien changé : « Les protestations sociales se sont éteintes… Avant, les gens pensaient que nous pouvions changer les choses, mais nous avons perdu cet espoir. Les gens ont été déçus trop de fois ».

Le geste restera en tout cas dans les mémoires. On cite volontiers à Exarchia et ailleurs dans Athènes le parc Navarinou comme exemple des possibilités qu’offre la ville en termes d’espaces de liberté. Casser le béton, libérer la terre fertile, saisir les outils qui se présentent pour faire émerger une autre vision de la place des citoyens dans la ville… Le parc Navarinou symbolise ici le jardin public comme agora, lieu de débat politique par excellence.

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